27/06/2016

La popularité de l'UE vue de Suisse

Si le modèle européen actuel devait enfin faire son auto-critique, il pourrait jeter un oeil perspicace sur les citoyens et citoyennes d'un pays qui ont refusé de rentrer dans cette Europe-là.

Pro-européen convaincu, j'ai toujours été contre le populisme d'un certain Christoph Blocher. Sans lui donner raison aujourd'hui, il faut quand même constater que les Suisses se sont peu à peu éloignés de la cause européenne et de son projet continental au cours de ces vingt dernières années. La dégringolade en faveur d'un vote positif est même spectaculaire sur ce laps de temps.

Nous sommes passés d'un non à 50, 3% pour une entrée dans l'EEE en 1992, dont au moins 35% d'Helvètes étaient même convaincus de rentrer dans l'Union Européenne (les Romands étaient encore plus près du 45%), à un refus de ce même espace économique à 68% sur l'ensemble de la Suisse.

Et le chiffre qui tue aujourd'hui l'idée d'une Union Européenne qui serait un bon plan pour l'avenir du peuple suisse. Seulement 12% des Suisses voteraient pour cette Europe actuelle.

© Matthias Rihs dans http://www.hebdo.ch/hebdo/cadrages/detail/sondage-br%C3%BBlons-des-cierges-pour-sauver-les-bilat%C3%A9rales

http://www.tdg.ch/suisse/L-adhesion-a-lUE-au-plus-bas-dans-les-sondages/story/11949704

Le chiffre de 12% en faveur de l'Europe date de 2014, confirmant le sondage de 2012 de 11,5%. Nous n'avons pas de chiffre après le Brexit. Mais assurément, il ne peut être que plus mauvais encore.

Donc voilà. Hollande, Merkel et consort feraient bien de s'intéresser à ce désamour d'un petit pays au centre de l'Europe dont les institutions fonctionnent bien, dont les travailleurs et travailleuses font rarement la grève, dont les révoltés se retrouvent à la marge de la marge (j'en fait partie et je peux bien écrire que les Suisses dorment sur leurs lauriers). Le modèle européen ne fonctionne pas et la corruption domine de plus en plus. Les peuples perdent la main, leurs emplois, leur sécurité sociale, et on leur demande en plus de faire de plus en plus de sacrifices. Les Etats deviennent, à l'image de la France, de plus en plus policiers; les élites se barricadent dans leurs certitudes d'avoir raison. François Hollande envoie ses troupes de CRS sur le peuple mais persiste à croire que sa politique néolibérale est adaptée et positive pour le peuple.

L'Europe ne peut pas continuer à faire souffrir les peuples et à gratifier les élites de tous les avantages du monde. L'Europe doit devenir une force de proposition démocratique en faveur des peuples et non un continent qui s'adapte aux dictatures du monde, à l'exploitation éhontée des peuples par des mafias économiques mondiales.

Si l'Europe ne le fait pas malgré les beaux principes qu'elle agite sans cesse et dont elle ne respecte ni les principes ni les idéaux, elle s'écroulera sur elle-même, offrira le champ libre aux fascismes, finira sa décomposition entre guerres civiles et guerres internationales.

Le tableau est sombre. Il est temps de sortir du néolibéralisme et d'accorder aux peuples leurs droits essentiels qui reflètent bien les idéaux démocratiques jadis élevés de nos prédécesseurs. 

Paris se révolte. Et nos jeunes ne sont pas de la chair à canon pour les CRS.

 

 

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