04/07/2016

Midnight in my love (départ en vacances)

 

Cela fait douze ans cette année

que je fais donc l'amour

sous cellophane.

 

Et mes larmes déversées

dans les jolis cloaques

sont des caches-misères

qui me rappellent

le temps où je pleurais

vraiment d'amour

pour une fille qui m'aimait

nature et à fleur de peau

sans ce petit anneau d'infortune

glissé avec ta bouche

sur mon gland.

 

J'invoque le grand dieu Cellophane 1er

roi des Protecteurs du Vagin

et Grand Commandeur

du bordel éternel.

 

Faire l'amour,

dans mon imaginaire d'adolescent,

ce n'était pas remplir un vase,

c'était allumer un feu

dans une cheminée.

Et tant pis si la maison brûlait,

la passion avait toujours raison

de prendre le parti de la déraison.

 

C'était au passé

que je pensais comme ça.

Maintenant, j'ai donné le petit nom

d'Aristophane

à mon petit chose,

à mon petit oiseau

qui rêve toujours plus qu'il ne vit

le grand amour au grand jour.

L'utopie d'un amour plus grand

que la somme de mes petites morts

est plus que jamais d'actualité...

 

Mais faut pas l'écrire.

Les filles du bordel,

c'est une montée au ciel

à la vitesse de la lumière

et une redescente foudroyante

aux enfers juste après.

 

Mon phallus est devenu une sorte

de plante carnivore

qui se développe sous cellophane

de peur de transmettre

je ne sais quelle maladie imaginaire

à une fille superbe se donnant

à ma saucisse de super market

aseptisée sous cellophane.

 

Croyez bien que je préfèrerais

l'artisanat qui respire l'air frais

et le travail bien fait.

Mais il n'existe plus nulle part

en ce monde de filles

qui me voit comme un déjà vieux,

un déjà pépère, un déjà grand-père

sans fortune mais papa gâteau,

pas encore gâteux.

 

Ou alors est-ce moi qui n'ai su voir

la fille artisanale

qui supplanterait la fille vénale

à travers tes yeux de joie

qui se fondent dans mes yeux

au moment de l'orgasme?

 

Je suis comme l'âne de Charles Perrault,

je ne vois venir à moi

que des filles héroïnes qui poudroient

et mon sexe qui verdoie

devenant la proie de leurs ombres 

s'alimentant au super-market de la quiquette

où elles font leur quête quotidienne

avant ou après la communion des anges

obtenue en vingt minutes

et l'obole déversée

dans leur puits de pétrole.

 

Belle du Seigneur

priez pour nous

pauvres pêcheurs.

A men is black sur la croix.

 

Je cherchais donc cette fille solaire

qui me redonnerait le goût

de l'amour sans cellophane

mais à chaque fois que je croyais

mon nouveau soleil venu

elle se couchait dans le midnight

de mes nuits aussi solitaires

que celles d'un mort.

 

Je jouis dans un sanctuaire,

un cimetière marin

où les filles sont des sirènes d'airain

m'attirant au fond de leur filet

et me mangeant le corps

avec le roulis de leurs reins

qui attrapent au vol mes devises

une fois le coup de main

et le kleenex passé sur la peau

après le tir au but

et la victoire finale sur leur gazon.

 

Après tout notre amour,

Corps rompus.

Benedictus qui venit in nomine domini.

 

C'est le départ en vacances.

 

Mais sans jamais partir

avec toi dans ma vie,

qu'il reste triste cet amour là

sur tes terres nomades désertiques.

 

Comme ça,

moi je pourrai bien me moquer

de ma pauvre quiquette

faisant des tours à bicyclette

seul à Paris ou Dunkerque

dans le vide amoureux

entre tes jambes de fille

qui font des heures de vol

bien remplies ailleurs.

 

C'est quoi l'amour

demandait un extra-lucide

à un aveugle?

Un moment d'excitation,

et puis une solitude immense

qui jamais ne trouvera la fusion. 

 

 

 

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