07/07/2016

J'aimerais...

 

Comment avouer ses désirs

à celle qu'on aime

quand le délire n'est plus permis?

 

J'aimerais...

J'aimerais que tu saches

que je suis un homme.

 

Même plus très jeune,

même plus très séduisant,

même plus très reluisant,

pour une jeune femme,

encore toute fraîche et superbe,

j'aimerais que tu saches

que je suis resté ton type d'homme

avec son charme et son sourire,

sa délicatesse et sa virilité.

 

J'aimerais que tu oublies l'argent

pour réussir nos petits arrangements fleuris,

nos moments de plaisirs partagés.

J'aimerais que tu te fies aux vrais sentiments

et tant pis si demain

ce ne serait pas de notre sécurité financière

que nous prendrions nos instants de bonheur.

 

J'ai l'esprit révolutionnaire

et je sais que cela te fait peur.

Tu aimerais dénicher un homme posé,

riche et ambitieux,

même un peu vieux,

tu t'en fous.

Je le sais.

 

J'ai l'esprit révolutionnaire

et cela t'amuse un peu.

Des types comme ça,

ils n'en courent pas tout plein les rues

de nos jours,

m'as-tu dit.

 

Je t'aimerais bien comme ma muse préférée

et cela m'amuseraii aussi

de décrépir la bourgeoisie,

ses conventions, ses interdits moraux,

sur ses façades d'hypocrisies qui se lézarderaient

alors en direct sur les plateaux télé.

Une jeune muse au bordel et un vieux beau,

poète révolutionnaire,

ça présenterait toujours bien trash

à l'affiche d'un JT ou dans Closer.

 

Cela m'amuserait de t'aimer

tout cru et de te faire un bel enfant

plus jeune que mes quatre petits-enfants.

 

Mais je sais.

Je suis dans la dèche

et je n'en sortirai pas vivant de mes dettes.

Alors nos enfants...

 

Mais je sais.

Tu cherches un homme

aux coutures solides et de qualité

qui pourra t'offrir une vie à l'abri de tout,

sans risquer sa vie

avec ses jeux de mots sur un blog

l'entraînant vers sa propre solitude,

sa chute irrémédiable,

et ses potentielles menaces de mort

venues d'ailleurs,

statut de tous les hommes et toutes les femmes

vraiment libres en ce monde

ressemblant plus à des extra-terrestres

qu'à des humains de notre espèce.

 

Tu ne voudrais pas d'un pirate

et de sa tête de mort.

 Cela te ferait trop peur

de mettre ta propre vie en danger.

 

Tu ne voudrais pas non plus être reconnue.

Cela t'effrayerais d'affronter ta propre réalité

sur ondes médiatiques et face à ta famille.

 

Tu es venue gagner ta vie

dans un bordel

pour te sentir en sécurité plus tard.

Tu as besoin de tranquillité et de sérénité,

pas de révolution dangereuse,

de questions gênantes,

et de risques d'être rejetée

de celles et ceux que tu aides

de tout coeur

avec ton argent "facilement" gagné

mais qui est un argent qui te fait mal

en réalité.

 

Tu ne voudrais donc pas en plus

rajouter la folie à tout ça.

Tu ne veux pas courir de manif en manif

avec un vieux fou qui se croit jeune.

Tu détestes la violence

et tu ne la comprends pas.

 

Tu connais bien les hommes.

Et ce serait une incroyable révolution pour toi

de choisir le plus révolutionnaire d'entre eux

plutôt qu'un conservateur bon chic bon genre.

 

J'aimerais que tu saches

que je te comprendrais

même si jamais je n'approuverais

le choix déchirant

d'une telle décision pour nous

qui ne serions alors plus nous deux

en devenir mais restés sans avenir.

 

Nous resterions tous les deux

au j'aimerais plus...des espoirs peut-être.

Mais tu resterais mon amie inoubliable

pour toute la vie. 

 

J'aimerais te dire enfin

que si toutes nos rencontres auront une fin 

alors l'instant le plus délicieux

resterait dans mes souvenir

 ce couple de pigeons

et son nid couvé

en sécurité derrière tes volets tirés

dans ta chambre au boxon.

 

Tu étais si attentive à eux,

si proche de ce monde animalier,

si observatrice des oiseaux,

que ton humanité je l'ai trouvée

plus belle que celle de bien des femmes

au regard d'acier

qui n'auront jamais un regard de tendresse

pour un vieux poète décati comme moi.

 

J'aimerais, dans mon lit, garder ton sourire

et tes yeux d'Océan.

 

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