10/07/2016

Dis papa, t'es plus beau quand tu gagnes...

La grande mode actuel, le must de la famille qui win, c'est les fils et les filles de... Vous avez compris. Les enfants à matricule qui sont bien nés des testicules de leur papa de footballeur. 

Les enfants envahissent les pelouses à la fin des matchs. Cela fait plus esprit de famille, plus gens normaux qui jouent normalement au football... On oublie les millions, ne reste que la famille merveilleuse qui communie avec son public, ses fidèles, ses fans. Ah qu'elle est belle la famille quand elle gagne avec papa...

Mais pourquoi diable les enfants des perdants ne rentrent-ils pas sur le terrain, les épouses mannequins ne viennent pas faire de bisous amoureux à leur valeureux footballeur loser sur la durée d'un match de 180 minutes? Est-ce la honte de la défaite qui les habite, eux les éjaculateurs qui n'ont pas mis assez de buts dans la cage pour vaincre le prétendant adverse à la victoire finale? Pourquoi toujours la vitrine médiatique aux vainqueurs et le vestiaire des pleurs aux perdants et cela bien à l'abri des regards.

Il faut sourire. Il faut être triomphant. La victoire appartient au plus carnassier, pas forcément au plus artiste du ballon. Il faut être celui qui gagne. Et malheur au perdant même riche à millions. Nous vivons sous le règne de la compétition à n'importe quel prix. Le vainqueur parade avec femme et enfants. Le vaincu disparaît des écrans et reste seul sur le terrain, sans sa femme et ses enfants. Exclusion des uns, hypermédiatisation des autres. Le star system a ses codes. Ils sont exactement ceux qui s'appliquent à la société de consommation qui aime les gagnants et exclut les perdants.

Quand les enfants et l'épouse du perdant viendront consoler le papa et le mari de sa triste défaite, je trouverai que le football de haut niveau deviendra de nouveau un jeu de loyauté, de solidarité, et d'égalité, et que nous retrouverons alors de nouveau les clefs d'une société plus démocratique et libre d'exprimer des idées naturellement liées à l'empathie, la générosité, le sens du partage, l'amitié...et l'amour authentique non lié au résultat et la performance, qui exige la victoire sinon rien d'autre, mais lié à l'effort fourni...même en perdant sur le terrain du foot comme dans la vie.

En attendant, bonne finale de l'Euro footage de gueule.

 

 

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