21/07/2016

Imagine un village de tentes au coeur de Paris

Ils sont bientôt mille au coeur de Paris. Hommes, femmes, enfants, entassés comme des sardines et dormant les uns sur les autres...

Il viennent d'Afghanistan, de Syrie, d'Erythrée, du Mali, du Soudan avec un seul espoir: rester chez nous, en Europe.

C'est le drame migratoire de notre temps. Deux discours extrêmement opposés circulent sur ces gens: celui des partisans du renvoi de tous ces gens chez "eux" considérant cette invasion incontrôlée et incontrôlable de néfaste pour notre Continent prêt à exploser sous des politiques futuristes d'extrême-droite. Ces personnes seraient des colons d'un nouveau genre entraînant avec eux la décadence, la pauvreté, les maladies, les crimes à caractère religieux ou de droit commun et la déstabilisation de nos pays. C'est un discours de peur, de fermeture des frontières, et de mise en avant de politiques extrêmement sombres pour un nouvel apartheid qui se met doucement en place entre Blancs et gens aux origines diverses. On parle déjà de quartiers blancs, de miradors et de grilles pour protéger les nantis contre les misérables des quartiers pauvres et mixtes. On parle de rafles, d'expulsions en masse vers leurs pays en guerre alors que le droit d'asile serait bafoué sans vergogne. On ne parle jamais, chez ces gens-là, les riches d'extrême-droite de meilleures répartitions des richesses dans le monde et de politiques moins guerrières exercées par nos armées sur les autres continents. On dit juste que le reste du monde ne nous concerne pas mais nous voulons pouvoir toujours nous vêtir et manger vietnamien ou indien, voyager vers les îles sous les cocotiers, amener les matières premières et les pierres précieuses chez nous, tout cela à des prix très abordables pour nous, très bénéficiaires pour les multinationales et à des conditions de travail misérables pour eux qui nous offrent leurs petites mains pour fabriquer notre luxe.

L'autre politique, c'est celle de l'accueil sans discrimination de nationalité ni de distinction entre demandeurs et demandeuses d'asile. Tous auraient droit, selon cette politique, à rester chez nous et à trouver une dignité dans nos pays. Ils n'auraient pas vocation à devoir rester des ombres déambulant dans nos villes, ignorés de tous, et condamnés à disparaître en silence soit par maladie, soit par famine, soit par noyade, soit par suicide, soit par auto-destruction collective puisqu'il n'y aurait pas de place chez nous et pas non plus chez eux, là d'où ils viennent. Un génocide passif voulu de nos sociétés opulentes qui ne dirait alors pas son nom.

Humanité globale des uns qui fait face et fait peur à l'humanité restrictive des autres. Pas égaux devant nos lois pour les tenants d'une ligne dure contre l'immigration, ces êtres vivants de notre espèce ne seraient pas les bienvenus parce qu'ils circulent pratiquement sans argent, souvent sans formation professionnelle, avec des moeurs culturelles qui ne sont pas les nôtres. De même sang et de même humanité selon les activistes qui oeuvrent auprès d'eux, ces êtres vivants auraient droit à toute notre attention et à notre devoir d'accueil même au péril de nos propre conditions d'existence, de la remise en cause de notre confort mais aussi de notre vision du monde et de nos propres comportements. Pour ces derniers ils seraient une richesse, une valeur ajoutée à notre Continent vieillissant. Pour les autres, ils seraient une calamité entraînant l'Europe et la démocratie dans sa chute.

Chacun et chacune agit en son âme et conscience. Mais il faut se rappeler que notre devoir d'humanité est sacré et que l'oublier nous entraînerait alors vers des lendemains funestes. Nous avons voulu supprimer les murs. Nous sommes en train de les reconstruire. Nous avons voulu fêter la fin de la discrimination raciale et la victoire de Nelson Mandela en Afrique du Sud et nous sommes en train d'assassiner la nation arc-en-ciel planétaire. Nous avons voulu mettre en avant les droits humains et nous sommes en train de recréer des dictatures fascistes entraînant toute l'Humanité vers un gouffre global. Nous avons rêvé au moment où Neil Armstrong à poser ses pieds sur la lune en 1969 et nous sommes en train de cauchemarder en ignorant ces gens dans nos rues en 2016. Nous avons voulu croire que la technologie et la robotisation du travail amènerait la liberté et la démocratie pour tous les êtres humains et nous nous enchaînons à des politiques ultra-libérales qui offrent à quelques-uns tous les droits et imposent aux autres la déchéance d'un nouvel esclavage d'ordre économique et social. Nous avons voulu vivre sur une planète Terre débarrassée de nos guerres atroces et nous préparons d'autres guerres qui seront encore plus atroces à cause de notre manque d'humanité.

Nous avons voulu... Nous pouvons encore... Mais le ferons-nous vraiment...ou nous laisserons nous envahir par les sentiments de haine, de peur, de désir criminel entraînant l'Humanité vers son Apocalypse finale?

A lire la situation aujourd'hui à Paris-Jaurès:

http://www.ladepeche.fr/article/2016/07/20/2387363-situation-tendue-camp-800-migrants-nord-paris.html#

 

Commentaires

@Pachakmac si le virtuel a unr raison d'être c'est bien pour démolir toutes notions y compris le ridicule dont le nôtre qui ne transparait pas à nos yeux
Comment voulez vous construire un monde qui aille mieux avec des article reflétant la haine ,des images sordides et des conseils distribués aux 4 vents et qui a force d'être lus ne seront même plus enregistrés par le cerveau
Quand à la mémoire inutile de demander aux gens d'imaginer ceci ou cela ,l'abus des reportages et d'images détruisant la mémoire personnelle celle qui permet de sauver sa propre peau sachant que d'autres hormis parler et conseiller ne bougeront jamais de leur canapé ou transat
Très bonne jpournée pour Vous

Écrit par : lovejoie | 23/07/2016

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