13/09/2016

Les journalistes tombent de leur chaire...

... Mais les blogueurs et blogueuses paient au prix fort leur liberté et leur passion folle pour l'indépendance absolue.

Jean-François Mabut nous parle sur son blog "Vu du Salève: Genève" de la perte de vitesse des médias traditionnels que sont les journaux devant les outils informatiques actuels qui permettent à tout un chacun de communiquer avec le monde.

Il compare cela à la chute du curé et du pasteur du haut de sa chaire professorale face aux croyants qui ont décidé de prendre leurs propres libertés et responsabilités face aux dogmes imposés par l'église et sa hiérarchie.

Seulement voilà. Si le curé comme le journaliste est rétribué par sa paroisse pour son travail et sa profession de foi, le croyant comme le blogueur ne l'est jamais...sauf exception à travers de faux blogs qui sont en fait des tribunes accordées à une personnalité sur un journal pour attirer le lecteur ou la lectrice et rémunéré par un contrat liant les deux partis...

Il ne faut jamais oublier que le blogueur est mû par sa propre passion et son désir de partager. Jamais par l'argent puisque rien n'y personne ne lui a offert une rémunération en échange de son travail. Parce que oui, l'activité du blogueur est aussi un travail comme la maman travaille pour sa famille à la maison et ses enfants sans jamais être payée en monnaie sonnante et trébuchante si ce n'est le toit et la nourriture payés par Monsieur qui lui travaille... Enfin, cette conception des choses est tombée en désuétude depuis que Madame travaille aussi et que les enfants sont placés chez les nounous.

Le blogueur ou la blogueuse ne reçoive ni le droit à un toit ni un droit à la nourriture ni à la compagnie d'une charmante épouse ou d'un charmant époux. Il travaille. C'est toute leur récompense. Parce qu'en guise de reconnaissance, ils n'ont bien souvent que le résultat statistique de la fréquentation de leur blog pour s'accrocher à la valeur de leur travail... Et comme même cela la plate-forme 24 heures et Tribune de Genève l'a supprimé il y a quelque deux ans, le blogueur n'a plus rien si ce n'est de regarder s'il existe encore dans la liste des lecteurs et lectrices les plus fréquentés...

Et si les commentaires son inexistants ou nuls suite aux billets mis en ligne, il ne lui reste que le saint-esprit pour s'imaginer que toutes celles et tous ceux qui viennent malgré tout le lire en secret apprécient son job...

Bref, le blogueur est en perpétuelle souffrance pour réaliser ses billets. Cela lui bouffe un temps de préparation considérable pour offrir quelque chose qui a la prétention d'être valable pour la société. Cela exige de lui de la concentration pour quelque chose qui ne lui rapportera rien en terme de capital. Nada. Le Price Money du blogueur c'est le chiffre 000.000.000 sans l'unité avant.

Dernière bonne nouvelle masochiste pour le blogueur (excuse-moi Stanimal d'user de la métaphore tennistique), il a de moins en moins accès gratuitement aux infos. Pratiquement tous les médias électroniques qui faisaient, au début de leur existence, payer le prix de construction de leur site Internet par la publicité demande désormais des abonnements payants aux lecteurs, y compris notre plate-forme. Et le blogueur comme la blogueuse de cette plate-forme n'ont pas obtenu la position Privilège et Wellness (pardon, bien-être) accordée généralement aux stars invitées. Il faut donc croire que nous autres blogueurs et blogueuses n'avons toujours pas acquis assez d'aura médiatique pour avoir droit à ce tout petit privilège. Un seul mec, n'aimant pas être pris pour un cochon de payant alors qu'il accordait gratuitement sa prose au site 24 Heures a décidé de se saborder. Il s'appelait Père Siffleur. Il n'était plus assez maso pour accomplir d'autres exploits satiriques sur cette plate-forme...

En résumé, les prêcheurs journalistes sont en perte de vitesse. Les blogueurs et blogueuses montent en puissance. Mais ils ne jouent toujours pas dans la même catégorie. Les premiers sont tenus par un employeur, un éditeur, et des annonceurs. Ils reçoivent donc à juste titre un salaire. Les seconds sont libres de tout et de comptes à rendre qu'à un éventuel plaignant qui s'insurgerait contre le contenu d'un billet. Ils ne reçoivent donc pas de salaire parce que la liberté ne s'achète pas...

On a tous quelque chose de Stanimal en nous, nous les blogueurs et blogueuses. On n'aime pas se faire souffrir mais on se fait souffrir quand même pour donner du plaisir, du dépit, ou de la rage à nos lectrices et lecteurs. Et on n'aime pas être colporté sous le manteau médiatique comme les petites revues cochonnes et satiriques de nos ancêtres les soeurs et les frères de la génération Lumière qui circulaient sous le manteau du quidam mais on n'aime quand même parce qu'on se dit que c'était la gloire de nos ancêtres et aussi la nôtre.

Le short à carreaux. C'est peut-être cela qui nous manque et qui réussira à faire parler de nos billets et à délier les langues calvinistes...

Mais si c'est pour finir derrière les barreaux avec avocats et frais de justice ou dans une tombe après un attentat terroriste, alors autant s'épargner la peine du short à carreaux. Il y a déjà bien assez de cirque médiatique comme cela.

http://jfmabut.blog.tdg.ch/archive/2016/09/12/les-journalistes-tombent-de-leur-chaire.html

 

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Quelque chose de Tennessee

 

 

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