23/09/2016

Des criminels tellement bien traités

Le procès de Fabrice A., le tueur d'Adeline M., va s'ouvrir.

Ce qui frappe en premier plan c'est l'aveuglement des autorités pénitentiaires et des services sociaux qui avaient la garde sur ce criminel violeur récidiviste. Volontaire cet aveuglement? 

Comment se fait-il que dans notre société les victimes de violence sont bien souvent abandonnées à elles-mêmes, non reconnues dans leur souffrance et leur traumatisme, qu'on ne leur accorde guère plus que le droit légitime à se soigner dans les limites autorisées par les caisses maladies alors que leur bourreau est pratiquement mis sous protection et chaperonné par des thérapeutes, conduit personnellement vers des centres de leur choix avec thérapie équestre (ce qu'une victime d'un viol devrait certainement assumée de sa propre poche pour y accéder), droit de se rendre dans un magasin ou des armes dangereuses sont accessibles sans surveillance de l'achat souhaité, sans soupçon porté sur lui et des risques que cela peut comporter de laisser un criminel accédé à des couteaux, de chasse qui plus est, hors de la prison? 

Les criminels ne sont pas des enfants de coeur et ne doivent pas être traités comme de pauvres êtres angéliques qui ont souffert dans leur enfance et dans leur vie d'adulte. Ce sont bien souvent des pervers narcissiques, des manipulateurs, des êtres méprisables sous bien des aspects. Nous pouvons leur donner une chance de s'en sortir à condition de n'être pas complaisant avec eux, en ne leur accordant pas tous leurs caprices ce qui permet d'exercer encore et toujours leur toute-puissance. Les signes qu'un criminel change dans la perception qu'il a du monde, c'est dans son humilité et son absence de geste ou de paroles violentes que nous pouvons le percevoir. Tant que ces signes ne sont pas clairement visibles sur le long terme, un criminel reste dangereux pour tout son entourage, de sa famille la plus proche à la thérapeute qui l'accompagne pour une séance d'équithérapie. 

Hélas, bien souvent, les services sociaux et leur personnel se laissent bien trop abusés par les salauds alors qu'ils enfoncent le clou et ont des paroles scandaleuses envers celles et ceux qui sortent la tête de l'eau après un naufrage passager. Si je me permets d'écrire cela, c'est que ça touche directement une personne de ma famille sortie du cercle maudit de la drogue et qui hier était en larmes au téléphone avec son papa alors que son criminel d'ex-copain, père de son enfant, et lui toujours toxicomane et en prison, écrit des lettres assassines aux Services Sociaux sur elle qui a refait sa vie avec une homme sain d'esprit...

De là à croire que les sociaux-thérapeutes et services sociaux croient plus en la mystification des criminels récidivistes et violents qu'à la parole d'une jeune femme pacifique encore fragile qui vient juste de s'en sortir du cercle infernal de la toxicomanie, c'est un pas que je suis en train de franchir en ayant écoutant ma fille hier au téléphone... Et cela me révolte car j'ai peur désormais pour la vie de ma fille et de son enfant en sachant de telles dérives possibles dans ce milieu qui semble protéger d'abord les gens dangereux pour les autres avant de protéger celles et ceux qui pourraient mettre en danger leur propre vie à cause des conneries qu'ils disent sans aucun tact et des clichés incroyables qui se véhiculent dans leur milieu comme par exemple:

"Toutes les mères toxicomanes replongent un jour ou l'autre dans la drogue. C'est pourquoi on vous soupçonne de vous droguer encore".

Et quand ma fille, désespérée de leur prouver sa bonne foi leur dit:

"Faites-moi faire des prises de sang si vous ne me croyez pas. Si je suis positive, je paierai les frais sinon ce sera vous."

"Mais les prises de sang ça coûte chères. Et de toute façon si vous ne travaillez plus, vous avez tout le temps pour vous droguer."

Avec quel argent? De quelle provenance et de quel nature pour trouver l'argent de la coke? Ma fille n'a pas eu la présence d'esprit de poser la question à cette personne remplie de soupçons à son égard. C'est dommage. Parce que vu le mépris affiché par la personne, celle-ci aurait pu très bien répondre à ma fille, par exemple, qu'elle se prostituait pour obtenir sa dope. 

Tout cela, parce que des lettres assassines d'un gentleman cambrioleur (et violent envers son ex-compagne) parviennent sur leur bureau où l'homme décrit que ma fille est une très mauvaise mère et qu'elle se drogue toujours. Depuis sa cellule, il a l'oeil sur tout et surtout sur ses propres mensonges et sa haine envers ma fille, ce brave et gentil gentleman...

Croire et protéger les criminels. Criminaliser les victimes. Cela semble être un must de nos jours.

Juste pour ma fille et tout le soutien que je peux lui apporter, cette chanson rien que pour nous deux afin de lui donner toute l'énergie nécessaire pour continuer une jolie route d'amour avec son nouveau compagnon. A toi, ma Priscilla.

 

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