01/10/2016

Le sexe pour l'argent, est-ce vraiment une sale activité professionnelle?

La France philosophique n'en finit plus de discourir autour de la question de la prostitution. Lire ici un billet fort intéressant à propos du livre de Lilian Mathieu "Prostitution, quel est le problème?" https://blogs.mediapart.fr/edition/petite-encyclopedie-critique/article/300916/la-prostitution-operateur-critique

Pour entrer en matière sur le sujet, j'aimerais juste citer ici ce paragraphe:

"Une connaissance du monde de la prostitution maintenant longue de vingt-cinq ans m’a permis de reconstituer les parcours de personnes rencontrées comme prostituées mais désormais réinsérées. Plusieurs occupent aujourd’hui des emplois d’aide à domicile auprès de personnes dépendantes. Autrefois en contact avec le sperme de leurs clients, elles s’occupent aujourd’hui de nettoyer l’urine et les selles de celles et ceux dont elles prennent soin, tout en gagnant moins d’argent. Considérer que l’essentiel est qu’elles aient ainsi reconquis leur dignité apparaît une sinistre plaisanterie."

Le sujet est délicat parce qu'il recouvre une vaste étendue de services prostitutionnels qui vont de ceux pratiqués par l'escort girl indépendante qui choisit ses "hommes" et prend parfois plaisir à pratiquer son métier à la fille surexploitée et dominées par un réseau criminel dirigé par un maquereau violent voir assassin.

Comment une femme qui offre des services sexuels est perçue par notre société moderne? Cela me semble une bonne question dont la réponse n'est pas du tout évidente. Pour certains, les femmes ont besoin d'être toutes protégées contre la prostitution et il faut criminaliser le client qui recherche une relation tarifée. Pour d'autres, il faut laisser les femmes se déterminer en adulte sur le choix qu'elles font de leur corps, exploitation financière de celui-ci ou alors non-entrée en matière sur cette pratique pour cause morale ou éthique ou simplement dégoût de pratiquer le sexe avec un homme dont elles n'ont aucun attrait physique pour lui.

Dans cette question sur l'interdiction ou non de la prostitution, il faut aussi voir la condition masculine et réfléchir à la politique du moindre risque. Nous savons très bien que certains hommes ont très peu de succès auprès des femmes pour diverses raisons dont la situation économique de l'homme est rarement étrangère. Plus un homme avance en âge et moins il est aisé sur le plan matériel, moins de chance il aura de rencontrer une vraie relation amoureuse qui tienne la route et les divorces sur fond économique étant très nombreux par les temps qui courent, on peut dire que les hommes en situation d'inconfort matériel sont relativement nombreux. Peu de femmes sont enclines à vivre avec un homme qui a des dettes...

Donc il y a aussi violence physique faite à l'homme si nous lui interdisons tout accès à des femmes libres qui sont prêtes à offrir leurs prestations sexuelles contre un peu d'argent (la passe se négocie en Suisse dès fr.100.- aujourd'hui et beaucoup d'hommes pauvres et seuls sont tentés bêtement par ce genre de rapports pour des raisons économiques évidentes). D'autres hommes, et ils sont très nombreux, ont envie d'explorer une sexualité en dehors de leur mariage sans risquer de compromettre leur couple en sortant avec une maîtresse. Ce n'est pas très glorieux et assez égoïste de leur part mais l'envie de sauver leur mariage et leur famille sous des apparences trompeuses et d'un divorce coûteux psychiquement et financièrement prime sur toute autre considération éthique. Il y a enfin la question des pervers dangereux qui vont aux filles pour assouvir des fantasmes de viol mais qui paient pour éviter toute arrestation et mise en prison. Les prostituées ne savent jamais au départ à quel type d'hommes elles ont à faire. Ce n'est que dans leur comportement et leurs mots avant ou pendant l'acte qu'elles savent parfois pourquoi l'homme est venu chez elle.

En voulant réduire à zéro la prostitution il y a donc beaucoup d'autres problèmes qui pourraient surgir dont des viols encore plus nombreux sur des femmes qui là seraient pour sûr 100% non consentantes pour un rapport sexuel.

Pour finir sur ce sujet délicat, il faut donner une réponse à la question que je vous ai proposé. Comme une prostituée est-elle perçue aujourd'hui par la société? Est-elle encore stigmatisée et réduite à sa condition de prostituée? Est-elle toujours aussi mal vue et mal acceptée de la grande majorité des personnes? Il me semble que nous devons hélas répondre oui parce que l'immense majorité des filles ne peuvent pas assumer à découvert, en public, et devant leur famille, le fait qu'elles se prostituent librement, sans mac derrière elle, juste parce qu'elles ont besoin de gagner leur vie et une sécurité financière avant qu'elles ne soient plus âgées. Beaucoup de jeunes femmes se recyclent vers la trentaine une fois qu'elles ont obtenu assez de gains pour se mettre à l'abri du pire...

Le coeur a ses raisons que la raison financière ne connaît pas... 

 

Ne jette pas la pierre a la femme qui offre du plaisir à un homme contre un peu d'argent. Elle en paie déjà bien assez le prix. Ne jette pas la pierre à l'homme qui demande du sexe contre de l'argent. C'est un homme dont la vie sentimentale est chancelante voir inexistante.

 

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