04/10/2016

L'erreur fatale d'Adeline

«J’ai joué sur le côté affectif d'Adeline pour la faire changer d'itinéraire, déclare Fabrice A. Elle a cédé à mon caprice. Je savais qu’elle ne voudrait pas que je sois déçu pendant la sortie. Elle ne pensait qu’à faire du bien à autrui. J’ai utilisé ce côté de sa personnalité contre elle.»

 

C'est par ces mots que s'est exprimé aujourd'hui son bourreau Fabrice A. jugé cette semaine. Ce sont exactement les mots qui correspondent à un homme en situation de toute-puissance qui aime que les gens cèdent à ses caprices. Et c'est exactement à cause de la gentillesse d'Adeline que celle-ci a fini par en payer le prix maximal. Devant un homme qui a déjà violé des femmes à deux reprises et qui se plaît à contempler des images d'Hannibal Lecter dans sa cellule ainsi qu'à visionner des vidéos de décapitation, la complaisance et la gentillesse sont de grandes faiblesses comportementales. C'est horrible à dire. Mais les chefs d'Adeline sachant son caractère adorable n'aurait jamais du accepter que ce soit elle qui accompagne son futur bourreau. Il y a des personnes parmi le personnel pénitencier qui ont des caractères nettement moins conciliants pour affronter ce genre de psychopathe hyper dangereux pour autrui, en particulier dangereux envers les femmes.

Ce qui ressort vraiment de cette première journée de procès c'est que Fabrice A. paraît incurable pour très longtemps tant que ses pulsions sexuelles sadiques et ses obsessions de crime continueront de le hanter et prendront soudainement le dessus sur un comportement normal d'être humain.

Comment un tel malade pourrait-il retrouver la liberté? A quelles conditions la société des êtres humains pourrait prendre le risque de donner une nouvelle chance à un tel homme? En exigeant de lui une castration sexuelle? En trouvant un moyen médical de chasser ses démons intérieurs? Pour l'heure, il semble impossible d'accepter qu'un jour cet homme ressorte de prison. Fabrice A. voulait tuer son ex petite amie polonaise en lui crevant les yeux et en la faisant souffrir le plus longtemps possible avant la mort. Ce fantasme de vengeance et de jouissance morbide est sans aucun doute encore très ancré chez cet individu qui n'a jamais accepté la façon dont cette femme a disparu de sa vie. 

On ne ressort pas de prison un Hannibal Lecter. Ce genre de personnalité humaine est incompatible avec la liberté et la citoyenneté. Comme avec un fauve, il faut savoir qu'à tout moment le félin prédateur qui sommeille en Fabrice A. peut prendre le dessus sur sa part d'humanité. Fauve il est, fauve il restera sauf bouleversement physique et psychique de sa personnalité. Ce qui ne sera possible que par une transformation comportementale et un abandon total de sa toute-puissance.

 

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