05/10/2016

Fabrice A. , de l'humain à la jungle ou vice versa

Que ressentaient nos ancêtres pratiquant ou visualisant en direct le crime rituel d'êtres humains ou la condamnation à mort de supposés criminels par pendaison, guillotine ou bûcher?

Jouissaient-ils à la vue de la souffrance extrême subie par les condamnés? Est-ce que s'allumaient dans leurs cerveaux un plaisir intense en voyant mourir un criminel ou un homme, une femme, un enfant tué pour un crime rituel en offrande aux dieux? Les cannibales, eux-mêmes, qui capturaient leurs ennemis, les tuaient, les dépeçaient, et les mangeaient ressentaient-ils une jouissance collective, et fantasmaient-ils sur leurs futures victimes?

Quand on suit le procès de Fabrice A. c'est tout le passé de l'Humanité qui revient à notre Conscience. On pourrait sans doute en faire de même avec les criminels de Daech qui ritualisent les sacrifices fait à Allah en éliminant de façon la plus cruelle et sadique des "impies" au lois coraniques.

Pourquoi des hommes ont un cerveau qui fonctionne de manière très archaïque et primaire malgré parfois une certaine culture qu'il possède comme Fabrice A. par exemple. Pourquoi c'est le prédateur, l'animal, qui l'emporte soudain sur l'humain, l'être de conscience qui a acquis la sagesse de ne point tuer, de ne point torturer, de ne point faire subir des souffrances atroces à des victimes parfois même totalement innocente et hors du jeu de l'intimité du bourreau comme c'est le cas de la malheureuse victme de A., Adeline?

Il faut remonter peut-être à la littérature sadienne pour comprendre notre époque aussi cruelle et barbare au niveau des individus. La pleine liberté individuelle dans une société sans justice impliquerait la libération de toute entrave psychologique qui empêcherait la mise en pratique de fantasmes crapuleux. Sans conscience, l'être soumis à sa propre liberté ne se soumet plus à aucune loi collective et refuse toute culpabilité dans ses actes fussent-ils les plus barbares au monde. Pour cela, il a besoin d'avoir recours à son propre dieu, sa toute-puissance individuelle qui ne fait pas cas de la liberté des autres. Le prédateur se sert de sa victime, sa proie. Il ne la juge pas à niveau égal d'humanité. Il ne la juge que comme instrument de sa propre jouissance jusqu'à la jouissance la plus aboutie et ultime: la mise à mort de la victime après de multiples outrages à la pudeur et à la vertu de sa proie.

C'est en lisant "Justine ou Les Malheurs de la Vertu" du Marquis de Sade que les fantasmes les plus morbides et vicieux peuvent naître dans l'esprit d'un homme qui se sent et se veut en état de toute-puissance:

"Quand des gens de notre sorte donnent, en un mot, ce n'est jamais que pour recevoir; or, comment une petite fille comme vous peut-elle reconnaître ce qu'on fait pour elle, se ce n'est par l'abandon le plus entier de tout ce qu'on exige de son corps."

Jusqu'à rendre l'âme pour la jouissance de leur bourreau.

Fabrice A. pousse le narcissisme dans des abysses impénétrables pour l'homme ou la femme civilisée. Il croit dominer tout son monde. Il est comme un fauve, le roi de de la jungle. Et tant qu'il n'aura pas rencontré la thérapie qui dompte sa volonté de toute-puissance, il restera ce terrible prédateur prêt à faire passer des plans criminels avant son humanité. Il faudrait qu'il puisse revenir de la jungle en petit d'homme pour réintégrer la société des humains.

Peut-on garder encore l'espoir pour ce cas désespéré d'humanité abandonnée au profit de la toute-puissance sexuelle, sadique, et assassine? Sur le temps, ce sera à Fabrice A. de nous affirmer que oui on peut encore changer le pire des criminels en être humain en plein état de rédemption ou au contraire non, certains cas sont vraiment désespérés pour la vie entière. Un défi qu'il devrait se lancer personnellement lors de son jugement pour réussir à guérir de sa folle maladie... S'il le veut vraiment... 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Très intéressante réflexion qui remet ce drame affreux en perspective. Merci Pacha K Mac !

Écrit par : jmo | 06/10/2016

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