11/10/2016

Octobre 1888, Van Gogh peint la Vigne rouge

Après une vie d'échecs répétitifs, de ratures, de ruptures sentimentales pour la plupart avec des putains, Vincent décide de dessiner vignes et vendangeurs.

Son tableau sera exposé en 1890 à Bruxelles et acheté par une artiste-peintre impressionniste, Anna Boch pour 400 francs (800 euros actuels) soeur d'Eugène Boch lui-même peintre impressionniste.

Ce sera l'unique toile vendue par Vincent avant sa mort qui interviendra quelques mois plus tard sur un très probable suicide raté...comme sa vie.

Comment cet homme qui se jugeait inapte au bonheur d'exister et se considérait comme en situation d'échec perpétuel pouvait-il avoir cette rage et cette foi en sa recherche personnelle? Comment, lui qui admirait nettement plus les oeuvres des autres peintres que ses propres oeuvres a-t-il finalement convaincu l'Humanité du bien-fondé de son expérience picturale?

Ce sont les mystères de la vie. Cette ténacité, cette foi, cette sincérité, cet engagement envers les plus pauvres et les exclus de la société, ont fait de Vincent Van Gogh l'exemple de l'artiste incorruptible qui nous émeut aujourd'hui au-delà de sa vie désastreuse subissant les sarcasmes et les anathèmes des foules qui le prenaient pour un épouvantail à moineaux et un dingue.

Mais pour tenir, il a fallu vivre sous la dépendance économique de son frère Théo, son seul soutien tout au long de sa vie. Mais pour tenir, il a fallu fréquenter les bordels en ne jugeant pas les filles mais en les prenant en pitié, parce qu'en ce temps-là les filles de joie faisaient souvent pitié à voir avec leur lot de maladies vénériennes et pulmonaires. Mais pour tenir cette vie de bohème, il a fallu que Vincent sacrifie son aisance matérielle et vive comme un ermite à ne manger que des plats réservés aux plus pauvres, pommes de terre, pain, jamais de viandes et de mets fastueux. Mais pour tenir debout, il a fallu devenir fou, boire des alcools frelatés à côté de l'absinthe qui rendait l'humeur fracassante et parfois mortelle avec son poison intérieur. D'où son interdiction durant un long siècle avant sa réhabilitation actuelle... Un peu comme ce peintre, Vincent Van Gogh. L'Absinthe maudite et alcool du diable avant de devenir Fée Verte et dégustation sélecte dans les distilleries modernes lui redonnant ses lettres de noblesse.

Vincent, cet homme qui regardait dans les yeux l'amour fugitif quitte à devenir fou et abandonné de tous.

 

Vincent Willem van Gogh 036.jpg

 LA  VIGNE  ROUGE

 

 

 

Les commentaires sont fermés.