24/10/2016

Le mal d'empire c'est comme le mal de mer

Hassan Rohani, le Président iranien a dit à propos des élections présidentielles américaines: "le choix de l'Amérique c'est un choix entre le mal et le pire" en se réfugiant dans sa belle République islamique qui impose le voile à toutes les femmes et pend les criminels ou les opposants au régime lorsque ceux-ci deviennent encombrants.

Belle République d'Iran, peut-être. L'Amérique n'a du reste presque rien à envier au niveau des condamnations à mort de criminels...mais au moins l'Amérique actuelle épargne la mort, la torture, et même la prison aux opposants politiques. L'islam n'est pas la solution à tout. Tant s'en faut. Combien de catastrophes dans le monde à cause de l'islam, à commencer par la lutte mortelle que se livre l'islam sunnite et l'islam chiite, ainsi que la stigmatisation voir l'élimination radicale de toutes les minorités religieuses qui se réfèrent à un islam de "niche" aux particularités qui sont considérées comme hérétiques aux yeux des deux grandes tendances mondialisées de cette religion. Et on n'a toujours pas pas englobé dans ces conflits perpétuels le conflit entre islam et reste du monde, religions juive, chrétienne, bouddhisme, hindouisme, confucianisme, athéisme, et animisme, on en oublie encore ici.

Donc je ne sais s'il faut considérer l'islam au même titre que Rohani traite l'Amérique: en islam, le choix est-il aussi entre le mal et le pire?

Ce préambule écrit, il nous faut bien constater que le mal d'empire provoque le mal de mer au sein de la première puissance mondiale. Les citoyennes et citoyens Américains rêvent de retrouver une grandeur internationale qu'ils pensent avoir été gaspillée et perdue sous la présidence Obama. Bush, c'était mieux, même avec le chaos irakien et l'augmentation du terrorisme islamiste dans le monde et l'attentat du 11 septembre 2001.

Des millions d'Américains amers de constater que la Russie de Poutine semble s'en tirer mieux sur la scène internationale et intérieure où la contestation a pourtant et dramatiquement été matée à coups d'intimidations et d'éliminations douteuses d'opposants politiques ou médiatiques de premier plan. Ils rêvent donc d'un leader américain qui ait des "couilles" quitte à déclencher une guerre mondiale nucléaire. Pas vraiment le genre de la virilité obamienne qui rime et flirte plutôt avec le soft power diplomatique et la patience sur le long terme. Des millions d'Américains qui sont très ambivalents parce qu'à la fois ils ne voudraient plus envoyer leurs fils se faire tuer sur la scène étrangères mais voudraient dominer la planète entière grâce aux drones, avions, et bombes, même atomiques, capables de clouer le bec à toutes les populations du globe, y compris chez elle, qui contestent le pouvoir Blanc d'origine. Ils voudraient donc gagner toutes les guerres sans le prix du sang, sans devoir imaginer un désastre civil en Amérique. Et ils comptent sur ce sacré Donald Trump pour parvenir à faire le ménage sans effusion de sang et sans chaos pour l'Amérique.

Une utopie encore plus irréalisable que la belle utopie des Obama qui voudraient créer une planète pour tous les humains qui s'épanouiraient dans une vraie démocratie globale pour tous... Dans les deux cas, on est très loin du résultat garanti mais au moins la méthode Obama a cet avantage décisif sur la méthode Trump: la diplomatie est prioritaire sur la guerre pour Barack Obama pour parvenir dans quelques décennies à un état du monde amélioré. Alors que Trump a déjà affirmé follement que l'Amérique possédant la bombe atomique, il serait bête de ne jamais l'utiliser. Peut-on améliorer l'état du monde avec la bombe atomique?

Je laisse le soin au potentiel futur président des Etats-Unis de répondre à cette question tellement la réponse paraît évidente pour un citoyen ou une citoyenne qui a un minimum de jugeote politique. Semer la terreur dans le but de dominer le monde n'a jamais amené la démocratie, la paix, la liberté aux peuples de la Terre. Elle les a soumis à poursuivre dans l'horreur afin d'avoir une chance de survie. Il a fallu raser toutes les grandes villes allemandes et jeter deux bombes atomiques sur le Japon pour qu'enfin la communauté des êtres humains sortent de la seconde guerre mondiale.

Je n'imagine même pas ce que pourrait donner une attaque nucléaire de la part de Donald Trump. Où se situerait alors le camp de la démocratie dans ce contexte-là. En Russie? En Europe? Ailleurs? Nulle part?

Si aucun pays ne représente plus la démocratie et la liberté, alors il se pourrait bien que nous arrivions à la fin de l'Humanité.

Le mal d'empire, c'est comme le mal de mer. Un marin ne tient le cap dans le gros temps que s'il s'est aguerri devant les pires situations et reste calme dans la tempête. Personne ne doit jouer avec le feu nucléaire et surtout pas l'Amérique qui n'aurait alors plus d'amis dans le monde parce qu'elle n'est pas en position de faiblesse nationale comme la Corée du Nord mais en position de force démocratique ce qui lui permet de gérer une présidence sur le plan international et intérieur autrement qu'avec un dictateur fou à sa tête prêt à jeter une bombe nucléaire quelque part sur la planète pour se faire plaisir et faire plaisir aux racistes et aux fascistes.

 

 

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