01/12/2016

La honte Freysinger

La Suisse ne veut pas de fascistes au pouvoir...

C'était avant... Avant Christoph Blocher qui ouvrait le chemin vers le populisme et la droite-extrême; et surtout depuis Oskar Freysinger qui, aujourd'hui au sommet du pouvoir valaisan, s'entiche d'un conseiller personnel survivaliste ouvertement fasciste et déjà prêt à en découdre, militairement, avec la gauche et la mentalité multiculturelle de nos sociétés modernes.

Le pouvoir a ouvert une brèche. Les Valaisans et Valaisannes, en votant pour Oskar Freysinger, ont placé un pion avancé de cette mouvance qui n'en finit plus d'inquiéter nos démocraties.

C'est facile de dire que les peuples occidentaux ont en raz-le-bol des étrangers et des migrants qui "envahissent" nos pays. C'est facile de donner des discours populistes sur "Nous" et les "Autres" celles et ceux sensés ne jamais arriver jusque chez nous et sensés ne jamais s'adapter à nos lois et nos moeurs (mensonges bien sûr puisqu'au fil des générations les étrangers se sont adaptés à la démocratie sociale, y compris les Italiens qui ont connu Musolini, y compris les Espagnols qui ont connu Franco, y compris les Portugais qui ont fait leur révolution des Oeillets contre la dictature salazariste.

C'est beaucoup plus difficile de faire une Révolution populaire et de dénoncer les vrais coupables du chaos actuel. Et les vrais coupables se sont d'abord ces idéologues d'un monde ultra-libéral qui ne profite qu'à une petite partie de la population mondiale en provoquant conflits armés, morts violentes, exodes des populations civiles qui ne savent plus ni comment vivre en paix ni dans une certaine prospérité sauf à trouver refuge ailleurs...dans nos démocraties occidentales.

La réponse à donner à Oskar c'est de lui dire que nous aussi nous nous préparons au pire à cause de leur mentalité, de leur fermeture, de leur fascisme affiché. Mais qu'avant ce pire toujours possible, nous voulons encore essayer de construire un monde meilleur par une authentique révolution des consciences. La France insoumise, celle qui a pris la rue ces dernières années, celle de Nuit Debout et de ses amis, celles de toutes les utopies libératrices, veut encore espérer et trouver des solutions hors de la violence frontale, des fusils de chasse qui "tirent" l'"ennemi" idéologique, des barricades entre "eux" et "nous".

Parler déjà, dans les médias, de tuer "les malades dégénérés" et les migrants, donc les gauchistes, les artistes, les populations mixtes de gauche qui refusent de se soumettre à leur fascisme crasse qui vit déjà dans ce fameux code "survival" après la fin de la démocratie, c'est déjà grave renoncé à la bataille pour la démocratie du monde. D'où la honte qui retombe sur un ministre chargé de responsabilité au plus haut d'un Etat cantonal.

C'est donc non seulement une honte mais aussi une terrible défaite que d'avoir au sommet du pouvoir Valaisan un conseiller d'Etat qui n'honore plus la démocratie mais imagine déjà, avec son conseiller fasco, comment se débarrasser des gauchistes de façon violente et radicale grâce à une artillerie planquée et prête à servir pour la mitraille. 

La démocratie défend depuis toujours des principes de liberté, d'égalité, de fraternité, de solidarité. Y renoncer clairement, par son attitude apocalyptique, ne fait plus d'un homme un démocrate mais un chef fasciste prêt à l'élimination de masse et au génocide et qui s'y prépare idéologiquement et physiquement.

Renoncez à votre Conseiller extrémiste, Monsieur Freysinger. Ou alors déclarez-vous contre les principes démocratiques et les valeurs fondamentales des droits humains pour tous et toutes.

P.S. Si les services juridiques de 24 Heures trouvent que ce billet risque de provoquer une plainte du Ministre valaisan, qu'il sache que je ne puis me résoudre à retirer ce que j'ai écrit ici. Il en va de la liberté des peuples, des lois et de la Constitution helvétique qui, jusqu'à preuve du contraire, défend bel et bien des valeurs auxquelles j'adhère et dont Monsieur Freysinger voudrait soudain nous dire qu'elles ne sont bientôt plus valables par la faute des "gauchistes", des "artistes dégénérés", des "révolutionnaires". Hors ce ne sont pas les femmes et les hommes de gauche qui préconisent la fin des solidarités entre tous, les disparités énormes entre très riches très minoritaires et pauvres très majoritaires sur la planète Terre, la division entre "eux" et "nous" le peuple arc-en-ciel qui admet toutes les différences tout en analysant à l'aulne de la démocratie et de la laïcité les concessions et les libertés acceptables et celles qui ne le sont pas pour garder une démocratie cohérente et vivante sans céder aux idéologies religieuses ou laïques fascistes et porteuses de violences et de terrorismes.

Cette tribune sera aussi publié sur le site Médiapart. Il sera intéressant de voir ce que devient ce billet publié sur un média suisse et un média français. Acceptable? Pas acceptable? Monsieur Oskar Freysinger, à vous de nous dire si votre pensée est encore acceptable au niveau des responsabilités d'un Conseiller d'Etat valaisan et donc helvétique. Pour ma part, j'ai pris ici mes responsabilités de citoyen libre et ayant foi en nos sociétés multicolores qui peuvent encore survivre à l'apocalypse brune des extrêmes-droites pour autant que le barrage républicain soit suffisamment fort et volontaire.

Je refuse un monde à la Mad Max. Je le refuse au nom des principes démocratiques et révolutionnaires. Je le refuse au nom de la paix et de l'amour que nous nous devons entre nous tous. Je le refuse au nom de ma foi laïque et démocratique. Je le refuse au nom de mes enfants qui méritent de vivre dans un monde de solidarité et de paix sans se sentir menacer par des fusils et des groupes fascistes, sans devoir eux-mêmes porter une arme pour se défendre. Je refuse ce déclinisme et ce cynisme décrétés par des dérives fascistes qui veulent un société blanche, pure, libérée des autres cultures.

Je refuse. Et cela pourrait bien être écrit par Emile Zola ou tout autre écrivain de culture populaire et républicaine.

http://www.lematin.ch/suisse/oskar-freysinger-engage-survivaliste/story/13139657

https://www.letemps.ch/suisse/2016/11/30/survivaliste-murmure-loreille-doskar-freysinger

 

 

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