02/12/2016

François Hollande, la fin d'une grande illusion

Il a fini par démissionner...en ne se représentant pas.

Une sortie par la haut, digne, la seule qu'il pouvait encore envisager sans en sortir encore plus abîmé par une primaire le plaçant perdant dans les sondages et dans un simple rôle de candidat à la présidence plutôt que président en fonction.

Une primaire, ce n'est pas fait pour le parti au pouvoir...sauf si le Président meurt ou démissionne de ses fonctions. Cela regarde en priorité l'opposition qui cherche son candidat le meilleur ou sensé l'être.

Condamné à une primaire un Président en place, c'est lui retirer toute légitimité de pouvoir et l'affaiblir encore plus. Donc acte. François Hollande démissionne plus qu'il ne se représente pas.

Je n'ai jamais été du camp de ceux et celles qui espéraient la victoire de François Hollande. Je ne l'ai jamais perçu comme un homme à la stature présidentielle mais un homme intelligent assez ordinaire et banal. Normal. Comme il s'est qualifié lui-même. Mais être à la tête d'un pays demande des qualités extraordinaires, pas seulement ordinaires. Il faut de l'autorité et un sens à parler de responsabilités personnelles du peuple ainsi que de tout migrant arrivant sur le territoire français pour y chercher refuge et intégration, ce qu'il n'a pas su faire dès le départ dans l'affaire tragique de la famille roumaine expulsée de France après moult épisodes désastreux.

Son quinquennat, semé d'embûches par les actes terroristes islamistes ignobles, n'aura été que souffrances et sentiments d'abandon du peuple; de sa jeunesse confrontée à un taux de chômage effroyable pour une démocratie; de ses cités et ses banlieues jamais vraiment présentes à l'esprit du Président; de ses quinqua et sexagénaires angoissés par leur avenir et rejetant la faute sur les migrants et les populations métissées.

Et, comble d'un président socialiste, il finira par maltraiter, estropier, dénaturer, sa propre gouvernance socialiste, par de interventions musclées sur cette révolution populaire non encore aboutie, cette France insoumise, dans la rue, durant l'année 2016 à cause de cette perfide loi el Khomri qui sonnait le glas du Code du Travail pour le remplacer de plus en plus subtilement par des lois néolibérales arrangeants parfaitement les patrons aux détriments des employés.

En prenant ses ordres du côté du Medef, François Hollande s'est complètement décrédibilisé et il a décrédibilisé le parti socialiste, déjà bien malade depuis des années, aux yeux d'une jeunesse de gauche effarée par ses choix, son état d'urgence, et ses CRS qui jouaient avec la vie des gens dans la rue. Oui, il y avait des casseurs dans les rues, minoritaires, très minoritaires. Mais il y avait aussi des familles avec leurs enfants, et une immense majorité de non-violents qui n'exprimaient que leurs convictions profondes et leurs sentiments de dégoût face à ce Gouvernement en gardant pourtant leur bonne humeur et leur humour. Même s'il y avait bel et bien des casseurs dans les manifs, il y avait aussi de plus en plus de casse sociale et de moins en moins d'avenir en vue pour une certaine jeunesse exclue, recalée, réduite à néant par cette volonté néo-libérale de donner plus à ceux qui ont déjà beaucoup reçu dans la vie dont une bonne éducation et une bonne instruction, une famille solide et solvable pour les enfants. D'où le No futur et la désespérance de cette jeunesse qui n'avait pas les mots mais les pierres pour dire non à tout ça, à toute cette dérive ultra-libérale que la Droite de Fillon veut encore rendre plus agressive avec son programme de fer. Pour conclure ce sujet, les anarchistes intellos bourgeois qui ont participé aux casses étaient très minoritaires lors des manifs.

François Hollande porte sur lui tout cela comme un calvaire, un chemin de croix qu'il s'est lui-même créé. Il sait combien cela lui en coûte aujourd'hui d'avoir tenté de conserver un rapport de force docile et complaisant avec les tenants du néo-libéralisme pur et dur. Il le paie cash. Lors de son annonce de démission, je la prends pour ma part comme cela, il a bien voulu montrer à la gauche qu'elle doit désormais compter sur une gauche nettement plus musclée intellectuellement. Lui a tenté la méthode douce, trop douce. Ce fut une méthode calamiteuse pour les uns et pour les autres.

Il me semble avoir aussi tenté, par certains de ces mots, le clin d'oeil timide du côté de cette Gauche qu'on dit radicale, que je dis plus volontiers insoumise et telle qu'elle se déclare, en donnant le relais à des personnalités plus révolutionnaires qui sont vraiment dans l'air du temps. Je peux me tromper. Personne n'a jamais su vraiment qui était François Hollande. Il se le demande encore lui-même...

Un homme s'en va. Par la manière d'être, il m'était moins antipathique que Sarkozy. Mais par sa gouvernance, je le trouvais plus pathétique que Nicolas et surtout avec bien trop peu d'autorité sur le pays, ses institutions financières et économiques, ses concitoyens, et ses concitoyennes.

Face que la Gauche ose cette fois s'affranchir pleinement de la pensée néo-libérale et qu'elle invente une nouvelle révolution démocratique qui remonte jusqu'au pouvoir et porte plus loin vers l'Europe, l'Amérique, et aussi la Russie. Nous sommes amis des peuples, pas des dictatures.

C'est tout le mal que je souhaite à la France. Et je pense que ce sera un bien pour tout le pays. 

Bon voyage Monsieur François Hollande. Le train vous attend.

 

 

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