04/12/2016

Défendre Ségolène et Jean-Luc, malgré tout

Royal et Mélenchon se font dézinguer par tout ce qui compte de monde politique au pouvoir pour les propos qu'ils ont tenu à la suite du décès de Fidel Castro.

Soit. On peut faire blocus contre Ségolène et Mélenchon, leur interdire leur droit d'expression, leur interdire surtout de faire la révolution et la victoire de la France Insoumise, et même les destituer de leurs responsabilités politiques dans une sorte de pensée de la raison pure appartenant à nos si fabuleuses et éclairées démocraties occidentales.

Cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose? Moi oui. Le fascisme d'une certaine élite qui croit détenir toute la vérité entre ses mains alors que le désastre est là devant nous, que des riches à l'attitude prédatrice accaparent pour eux-mêmes et leurs proches le 50% des richesses de la planète.

C'est à ce régime-là, ce programme-là, ce système-là qu'adhèrent les gens au pouvoir de la droite à la gauche de l'échiquier politique, sauf extrêmes...

On peut aussi donner la parole qui dérange à Jean-Luc et Ségolène ou à Jean Ziegler et regarder en face la réalité, sans hypocrisie, sans tabou, sans faire de Fidel Castro un dieu communiste qui savait tout et réussissait tout, y compris ses prisons politiques, ses exécutions capitales, ses exilés politiques, et l'immense pauvreté jamais éradiquée... Par la faute du blocus économique, justement?

Difficile de donner des réponses carrées et idéologiques sans risquer de mentir effrontément. Castro, d'origine et de couleur plutôt libérale au départ, était cerné entre le blocus américain et sa volonté de l'assassiner et une Union Soviétique aux aguets prêts à l'aider en échange d'une position géo-stratégique idéale face au capitalisme américain. C'était Marx contre le reste du monde, ses évangiles, ses dogmes, ses égalités parfois outrancières qui mettaient au même niveau de salaire celle et celui sans responsabilité aucune et sans formation ou grandes études avec celui qui avait des responsabilités de réussite ou d'échec, des compétences supérieures, des risques de se retrouver en prison s'il mettait en danger la vie d'un patient, par exemple, ou de négligences, en cas d'accident de paquebot ou de pollution d'un site industriel.

Il ne faut pas l'égalité à n'importe quel prix. Il faut une juste et honnête répartition des gains, des énergies développées, des efforts fournis, et des motivations personnelles. La démocratie est pour cela. Pas la dictature. Et nous vivons sous une forme de dictature économique qui est allée en s'amplifiant depuis l'avènement de l'ultra-libéralisme et de la prise de pouvoir de l'économique sur le politique qui s'achève aujourd'hui avec la prise de la présidence américaine par un milliardaire et son club de milliardaires...

Donc oui. Ecoutons Ségolène et Jean-Luc sans immédiatement les exclurent des rangs de la démocratie. Ils sont sans doute plus dans la recherche de la démocratie que bien de leurs critiques qui tentent de les assassiner politiquement.

Pour ma part, j'ai dit en très raccourci ce que je pensais de Fidel Castro en laissant de côté ce qu'aurait pu être Fidel Castro si les conditions politiques du monde avaient été autres et je me suis laissé porter par un nouvel hommage à Che en sachant très bien qu'il a commis lui aussi des crimes.

Voilà. Merci à Royal de rejoindre la France Insoumise et Mélenchon. Je l'avais soutenue à fond contre Nicolas Sarkozy. Je crois qu'au final je n'avais pas tort mais bien raison.

 

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