14/12/2016

La fin (définitive?) de la démocratie en Amérique

Donald Trump est en train de faire encore plus fort que la famille Bush.

Plus il nomme les futurs responsables de la première puissance mondiale, plus il abat les cartes de la démocratie réelle pour en faire un jeu exclusif pour milliardaires. Ce sera donc exclusivement un club de milliardaires (n'est-ce pas aussi comme cela avec les oligarques russes de Poutine?), ou de futurs millionnaires milliardaires grâce à leur nomination au sommet de l'Etat, qui dirigera l'Amérique et sa destinée (funeste?).

J'ai comme dans l'idées que la dynastie Trump ne fait que commencer au sommet du pouvoir. Les peuples sont fatigués. Ils ne croient plus en rien sauf à leur petit confort personnel et à leur flingue sous le lit qui sera apte à les protéger des bombes atomiques futures. Parce que, à un moment donné, le monde sera tellement pourri et tellement désespérant, qu'il y aura bien un régime plus fou que les autres ou un groupe terroriste d'Allah qui s'emparera des installations atomiques d'un pays (pourquoi pas le Pakistan?) et qui ne se gênera pas d'arroser la Terre de la vengeance du Ciel.

Et comme ce cher Donald Trump va faire sauter les traités sur la non-prolifération d'armes nucléaires, ce sera le sauve-qui-peut des gouvernements qui voudront tous de leur chère arme de destruction massive pour se protéger du pire qui leur tombera quand même sur la tête et celles des innocents. Même la Suisse de ce cher Oskar pourrait soudainement se mettre à réfléchir à remettre au goût du jour cette vieille idée suisse qui trottait dans les têtes des stratèges des années 50.

Ah, c'est certain. Avec la bombe atomique en plus de son flingue sous le lit, Oskar pourra dire à sa chère épouse qu'elle pourra encore dormir tranquille avec lui et l'UDC. Au nom de l'indépendance de notre pays et grâce à la folie des milliardaires américains, on pourrait bien voir l'UDC demander le budget nécessaire pour créer l'arme atomique sophistiquée du XXIème siècle!

Vive la paix! Vive les milliardaires! 

Bon. Pour celles et ceux qui possèdent le passeport tricolore et qui sont encore assez naïfs et innocents pour croire à un autre monde possible, il y a la possibilité de voter pour la révolution française... Elle arrivera alors jusqu'en Suisse par effet papillon. 

Allez! Courage les enfants. Il faut vous battre avec vos convictions et vos tripes pour faire passer la France insoumise au pouvoir et avoir une chance d'éviter le No Futur pour tous et toutes.

Ce n'est rien de vivre dangereusement si le danger est le seul moyen de franchir le mur et rejoindre la terre promise par nos utopies solidaires. Ce qui serait vraiment fou et dangereux serait de ne rien faire et de laisser tomber nos rêves au profit de ces milliardaires cyniques, sans foi, ni loi, ni respect de l'être humain et de la Terre.

Alep est tombée dans les mains des barbares? Mais si de partout arrivent les barbares et qu'ils ne restent qu'eux sur Terre, alors nous aurons le choix entre la barbarie ou mourir. 

Un écrivain et son épouse se sont suicidés au Brésil, Stefan Zweig et Lotte Altmann. L'écrivain, malgré sa situation prestigieuse et l'adulation de ses fans, ne supportait plus la déchéance humaine de son pays d'origine, l'Allemagne, prise sous le nazisme. Le Brésil, dirigé lui aussi par un dictateur à cette époque, lui fait la fête quand il arrive là-bas. Mais la suite est moins rose. Stefan Zweig ne fait pas de politique et ne veut pas voir et attaquer la dictature brésilienne au pouvoir. Il subira donc les attaques de la gauche brésilienne qui ne supporte pas son non-engagement et sa neutralité. Il devient de plus en plus désespéré et finit par se suicider avec sa jeune épouse atteinte d'asthme chronique.

La barbarie ou mourir. Est-ce un choix futuriste pour nous tous?

La dernière lettre de l'écrivain à son ex-épouse:

Le 22 février 1942

Chère Friderike,

Quand tu recevras cette lettre je me sentirai bien mieux qu’avant. Tu m’as vu à Ossining, et après une bonne période paisible, ma dépression est devenue bien plus aiguë — je souffrais tant que je ne pouvais plus me concentrer. Et puis, la certitude — la seule que nous ayons eue — que cette guerre allait prendre des années, qu’il faudrait une éternité avant que nous, dans notre position spécifique, nous puissions nous installer à nouveau dans notre maison, était trop déprimante, j’aimais beaucoup Petropolis, mais je n’avais pas les livres que je voulais et la solitude, qui dans un premier temps avait un tel effet apaisant, a commencé à devenir oppressante — l’idée que mon travail central, le Balzac, ne serait jamais terminé sans deux années de vie paisible et que tous les livres aient été très difficiles à obtenir, et puis cette guerre, cette guerre éternelle qui n’est pas encore à son apogée. J’étais trop fatigué pour tout cela (et pauvre Lotte… elle n’avait pas une belle vie avec moi, en particulier parce que sa santé n’était pas des meilleures). Toi tu as tes enfants et avec eux le devoir de tenir bon, tu as un vaste champ d’intérêts et une activité intacte. Je suis sûr que tu verras encore une époque meilleure et que tu me donneras raison de ne pas avoir attendu plus longtemps, moi qui ai le « foie noir ». Je t’envoie ces lignes dans les dernières heures, tu ne peux imaginer à quel point je suis heureux depuis que j’ai pris cette décision. Dis toute mon affection à tes enfants et ne me plains pas — rappelle-toi ce bon Joseph Roth et Rieger, combien j’étais heureux pour eux qu’ils n’aient pas eu à traverser ces épreuves.

Avec toute mon affection et mon amitié, et courage, tu sais que je suis paisible et heureux.

Stefan Zweig


Pourquoi Zweig s'est-il suicidé? par LeNouvelObservateur

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