18/12/2016

Poutine, un devoir de paix en Syrie

Qui n'a pas raillé sur l'indigence de l'intervention libyenne franco-américaine, France de Sarkozy, par ailleurs, qui n'a pas assuré, après l'élimination du Colonel Kadhafi, la sécurité et la paix en Libye. Obama s'en souvient encore, lui qui n'est intervenu que dans le but de la révolution "colorée" libyenne au nom de la démocratie mondiale... Bon, bien sûr, l'Amérique a partout des intérêts économiques à défendre, comme les Russes, comme les Chinois, comme les pays arabes, et tous les autres.

Revenons au titre de ce billet. Le 21 août 2013, je viens d'arriver à Antakya à la frontière turco-syrienne. Et j'apprends la terrifiante nouvelle comme tout le monde. Les armes chimiques commencent à entrer en action sur le sol syrien et cela se passe à Damas même dans un quartier rebelle au régime.

Autant on a raillé sur l'intervention américaine en Libye, autant les médias raillent sur la non-intervention d'Obama en Syrie après sa mise en garde et la ligne rouge à ne pas dépasser par Assad: soit l'utilisation d'armes chimiques. Mais on oublie tant de choses qui ont retenu la main armée de Barack. Premièrement, il n'est pas un faucon américain. Mais un démocrate qui préfère régler les conflits par la diplomatie. Deuxièmement c'est un stratagème poutinien qui le fait céder. La fameuse histoire de l'élimination des stocks d'armes chimiques syrien sous contrôle international qui mériterait le Prix Nobel de la paix à Poutine... Troisièmement, on oublie que l'Amérique de Bush est intervenue en Irak sur un terrible mensonge: les stocks d'armes chimiques de Sadam Hussein,inexistants dans les faits. Obama sait pourtant que les victimes sont réelles à Damas. Mais tant de rumeurs et de désinformation courent à propos de l'attaque (d'où sont partis les roquettes chimiques?) qu'il est coincé. Il sait que s'il attaque, on le lui en fera le reproche habituel: impérialisme occidental et intervention militaire sur un prétexte mensonger. Et qu'en plus, Poutine, fou de rage, menacera d'une guerre totale et au minimum fera tout pour empêcher la réussite de l'opération militaire puisqu'il ne soutient pas l'Occident contre Bachar. Les services de propagandes russes se chargeant de trouver les fausses preuves de l'attaque chimique ne provenant pas du camp du président... Obama et l'Amérique sont coincés. D'où la non-intervention. Quatrièmement, découlant des trois premiers points, Obama n'est pas du tout certain qu'en abattant le régime monstrueux, ce ne seront pas une multitude de monstres qui surgiront de partout avec une haine décuplée à travers le monde contre l'Amérique.

Tous ces points l'ont fait reculé. Nos médias pourraient peut-être s'en souvenir au lieu de le traiter de président faible et indécis.

Comme sa non-intervention évite des milliers de morts civils à Damas mais en provoque des milliers d'autres ailleurs, on lui en fait le reproche... Mais désolé pour vous tous, admirateurs pro-poutiniens. C'est désormais à Poutine que vous devriez demander des comptes...comme vous en demandez à Obama pour la Libye.

La balle de la paix est dans le camp russe... Et que fait le camp russe en ce moment. Il bombarde Alep pour soutenir le régime. C'est un peu comme si l'Amérique avait bombardé Benghazi en 2011 en tuant les populations civiles et en soutien aux troupes de Kadhafi le tyran pour sauver le régime contre les rebelles. Qu'est-ce qu'on aurait pas entendu de la part des anti-impérialistes de l'Amérique...

Le monde, tu ne le regardes pas avec les prunelles de l'idéologie bête et méchante. Le monde, tu le regardes en face quand tu es un homme qui se prétend libre et démocrate. 

 

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