22/12/2016

Train de vie

Nous avons inventé

la langue la plus laide du monde.

Nous avons inventé

la langue bucco-génitale

qui a pris ses racines dans nos pubs,

parmi nos hubs et nos salons néons roses;

cette langue Gynéco-Latrine

a tué et remplacé notre langue

Gréco-Latine

dans nos cultures

excisées de leurs origines démocratiques,

ne retenant plus que le cul

en pratiquant la post-vérité fasciste

dès qu'Isis frappe le coeur de nos villes

de nos nations par sa terreur

qui parle de religion je crois,

sauf si je fais erreur,

à des gens qui ne croient pas

qui ne croient plus à la solidarité

entre nous tous 

dès qu'on lui dit j'accuse

à notre société de cons

notre société de consommation

excluant la poésie et les êtres

de ses terres financières

sitôt que la thune disparaît

des radars de sa bourse

et qu'on se fait traiter de traître

ou mieux encore de terroriste

ou de marxiste-léniniste

parce que nos larmes

ont passé l'âme à gauche

et même à l'extrême-gauche

en reniant le culte de leur consommation,

en reniant leur vide amoureux sidérant

et en reniant encore nos amours tarifés,

en reniant tous ces amours sans amour

morts-nés sous nos regards obscènes

qui ne sont plus que

des visions matérielles pornographiques

surgissant du cinéma Frankenstein

des poupées siliconées hallucinées

fascinées par le roulement de la thune

sitôt que le papier-monnaie

devient sonnant et trébuchant

pour cette heure de volupté

à prix plancher payée

par nos corps possédés

et que leurs fesses claquent

dés que nos catins pratiquent leur tapin

pour un sac Louis Vuitton

ou un voyage à Lisbonne

en salissant leurs consonnes et leurs syllabes

comme des Marie souillons

pratiquant le fast-food érotique

pour bites réveillon et garçons couillons,

voyelles et voyous de la rue Syracuse

je m'excuse de vous assommer par

mes mots qui accusent

pas plus faux-culs que ça,

pas plus que plus jamais ça

comme ils disaient après l'hécatombe,

mes mots qui sortent des catacombes,

mes mots qui se révoltent et se brisent

su vos consciences soumises,

mes mots qui forment mon apostat

méritant l'échafaud pour vous autres,

méritant ce procès pour apostasie,

ce procès pour athéisme

envers le culte de votre consomme

n'ont de sens qu'assommant votre dieu

que si toi, et toi, et toi,

tu t'appropries tous mes mots,

toutes mes douleurs, toutes mes solitudes,

mes envies sans frontière de révolutionner

nos tristes vies soumises

à ce culte, à ce culte,

à ce culte pour ce dieu si con

ce dieu ce con cette conne

qui s'excite pour le last black friday

et le lèche-vitrine quotidien

alors que dans ton dos

un camion-bélier fonce

s'enfonce et défonce le peuple

à Nice ou à Berlin

pour le culte et la défonce d'un autre dieu

et que les cercueils se remplissent

de jeunes filles et de jeunes gens

empalés à leurs pieux

par leur goût du sang

alors qu'ils n'ont jamais été pieux

sauf pour leurs comptes en banque

mais tellement impies

avec nous les saltimbanques

et traités d'ordures par ces fachos

qui s'opposent à d'autres fachos

 savonnant de goudron

de pétrole et d'uranium

leurs discours noirs

jetés à nos coeurs irradiés

nos coeurs bafoués

nos coeurs violés

par leurs mots insensés,

leur litanie religieuse,

leur austérité imposée aux peuples

qui veulent bien faire encore illusion

et quelques efforts pour sauver leur peau

mais plus pour sauver leurs bourreaux

qui s'éclatent dans leurs soirées mondaines,

dans leurs paradis de luxe et de volupté

avec leurs milliards qu'ils ont dépouillé

aux femmes et aux hommes

par des manipulations boursières

et des magouilles financières.

 

Rien ne peut plus être comme avant

depuis qu'ils sont morts au combat

alors qu'ils n'étaient pas guerrier.

Rien ne sera plus comme avant

depuis que le fascisme nous menace

et prend le pouvoir un peu partout.

Rien ne sera plus innocent

alors que voilà le temps

des nouveaux barbares

volant la place aux poètes

en volant jusqu'à leurs mots

et leurs droits d'auteur

jamais reconnus.

 

Barjot, j'ai le coeur barjot.

Mais que je suis barjot de toi,

de tes rires, et de tes pleurs,

de tes cris de révoltes et d'amour.

Et maintenant j'ai peur.

Si nous ratons notre révolution

c'est alors que nos enfants

paieront l'addition de notre reddition.

 

Nous avons effacé Racine,

Molière, et Voltaire

de notre vocabulaire

et de nos tables numériques.

Nous avons jeté les filles

leurs jambes en l'air

dans nos caddies porno;

et même dans leurs trous d'air

nous pissons dans leurs violons

en violant par notre cynisme

la belle-époque de leur romantisme,

brûlant nos idoles

et nos mélancolies,

Baudelaire, Victor Hugo,

les Misérables

et tous les poètes maudits.

 

Commentaires

@Pachakmac La langue génito- buccale voilà ce qui a obligé de nombreuses veuves a quitter la toile très vite dès 2006
Elles ont compris que le monde masculin qu'elles avaient quitté en se mariant avait subi de profondes mutations sexuelles et les hommes que se cachaient derrière l'écran considéraient la femme non plus en objet mais ce qui est pire en simple animal qui doit se soumettre
Le léchage est d'ordre animalier ,un homme a repris deux gifles pour avoir simplement eut l'idée de proposer une telle idée abjecte pour toute femme qui se respecte et qui ne vend pas son corps même à un homme marié qui la contacte justement pour ce que sa femme refuse
Grâce à ces hommes le monde relationnel hommes femmes a pris un sérieux coup dans l'aile
Celui qui a écrit en tout homme sommeille un petit cochon sait désormais qu0il vaut mieux utiliser le terme ,goret !
Très belle journée

Écrit par : lovejoie | 22/12/2016

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