03/01/2017

France: de la nécessité d'une révolution par les urnes

Nous pouvons tergiverser durant des lustres sur ce qu'est une authentique révolution. Nous n'aurons la réponse qu'à hauteur du temps qui passe et de l'Histoire. Nous serons alors tous sous terre depuis plus ou moins longtemps.

Par contre, là où notre époque ne peut pas tergiverser et diverger c'est sur la nécessité de produire des révolutions par les urnes et non par les armes lorsque nous vivons en démocratie. Cela tient de la nature même de la démocratie qui est, en théorie, une forme de pouvoir doux qui conduit un pays par les chemins de la non-violence militaire.

Pour les grands nostalgiques des temps romantiques qui voyaient le peuple arraché le pouvoir aux royautés et autres dictatures par des révolutions violentes où l'on fusillait et guillotinait les traîtres ou considérés tels, ils doivent absolument faire un effort de raisonnement sur ce qu'est une révolution lorsque la société vit dans la paix civile et que le peuple possède le droit de vote avec possibilité de chasser des gouvernements et une gouvernance trop à l'avantage de quelques-uns au détriment de larges couches de la population spoliées autant par une politique qui ne correspond plus à leurs attentes quant à la sincérité des personnes qu'ils élisent au pouvoir, personnes qui promettent tout et ne réalisent rien de leurs promesses électorales, pire encore en pratiquant l'exact contre-pied (la finance est mon ennemie qu'il disait le futur moi président alors que c'est à coup de 49-3, de gaz lacrymo et de grenades de désencerclement et sur les ordres de son Premier ministre que le peuple, qui se soucie vraiment des employé(e)s, a reçu la vraie réponse du président). 

Nous ne sommes pas à Cuba en 1959 ni en 1789. La France n'est plus une dictature...sauf si c'est le peuple lui-même qui préfère la dictature économique ou/et fasciste. La Marianne républicaine n'est pas la putain des rois et des empereurs. Elle est l'épouse du peuple. Et elle est fidèle à ses idéaux qui appellent à la démocratie et donc au vote.

Glisser son bulletin dans l'urne dans un temps révolutionnaire, c'est faire en quelque sorte le geste d'amour nécessaire et décisif envers Marianne alors que préférer, pour des raisons idéologiques qui m'échappent, prendre la kalachnikov pour renverser le pouvoir élu démocratiquement c'est déjà commettre un viol de nos idéaux qui, j'ose l'espérer, sont ceux de tous les Français et toutes les Françaises qui se respectent et se réclament de la République.

Alors oui, je sais bien. Si c'est le fascisme qui gagne par les urnes, le fascisme ne remettra pas son pouvoir en jeu sans violence. Hitler, on a tous su, et bien entendu, dans ce cas-là précis où le pouvoir prend des mesures violentes et radicales contre les opposants au pouvoir, il ne reste alors que la prise des armes pour défendre la liberté et la démocratie. Cela s'appelle la résistance armée qui, à l'époque allait des communistes jusqu'au gaullistes.

Mais nous n'en sommes plus, ou pas encore au stade de jouer au Che Guevara. Je suis désolé de devoir le signaler à mes amis anarchistes révolutionnaires. Préalablement, la démocratie nous offre la possibilité de faire une révolution par les urnes. Mais pour cela, il faut être uni dans l'objectif et arrêter les querelles de clocher, prendre l'homme ou la femme qui rassemble le plus autour d'elle (présentement Mélenchon) et voter résolument pour un choix politique qui a vraiment l'odeur et le goût des idées de gauche qui rétabliront un peu plus de justice sur la terre de France mais pas seulement. Ce sera aussi le début d'une authentique révolution planétaire qui bouleversera l'ordre global de l'ultra-libéralisme, impérialisme mondial qui implique toutes les puissances financières sans barrière de pays ni contraintes par les lois des Etats. Ce pouvoir économique supplante le pouvoir politique depuis trop longtemps. Plus grave encore, il a pris le pouvoir politique avec des Trump aux Etats-Unis ou des Poutine en Russie, maître des oligarques ayant d'ailleurs certains oligarques comme ennemis puissants à son régime. On n'a pas besoin d'écrire toutes les monarchies et dictatures du monde qui s'enrichissent aux mêmes mamelles financières et qui soumettent les peuples à la pauvreté et à la guerre...

Donc je dois encore l'écrire ici. Je ne suis pas favorable à la violence armée aussi longtemps que la démocratie offre la possibilité de faire de vraies révolutions par les urnes. Pour cela, citoyens et citoyennes, il faudra aller voter au printemps en lieu et place de vous abstenir ou de disperser vos voix sur des candidats ou candidates qui n'ont aucune chance de prendre le pouvoir. Tout cela parce qu'il serait mieux, plus sympa, moins si plus ça. La seule chose qui compte ce n'est pas le prénom ni même le nom de l'homme ou de la femme élu(e) président(e). C'est le programme du mouvement révolutionnaire qui va transformer la société grâce aux femmes et aux hommes qui sont en avance sur leur temps et qui, par leurs capacités, seront les éclaireurs et éclaireuses de ce nouveau monde.

Tout le reste n'est que discours vain et désespérance de voir que dans un monde qui a déjà Poutine et Trump, on risque d'avoir à ajouter à la liste un Fillon ou, plus grave encore, une Le Pen à la tête du pays.

Peuple de gauche, soyez au rendez-vous ce printemps!

Même Che pourrait vous écrire cette dernière phrase lui qui s'est heurté à l'impasse révolutionnaire et a fini d'une façon lamentable traqué comme une bête sauvage par la CIA et la puissance économique impérialiste des Etats-Unis d'Amérique.

 

 

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