15/01/2017

Le coeur a ses raisons que la raison honore (sous la République insoumise...)

Il paraît que les affects ne font pas bon ménage en politique. Il serait l'arme du faible, du pauvre, de l'exclu, du marginal, du migrant...à l'exclusion des biens portants qui eux, n'auraient plus besoin de ce genre de lien à l'humanité.

C'est normal. Le pur cynisme ne s'encombre jamais des sentiments. L'homme ou la femme cynique se bat pour ses intérêts purs, calcule dans sa tête chaque geste et chaque offrande (y compris quand il et elle parle d'amour avec l'impression que le sexe n'en devient que pure marchandise négociable en fonction de la beauté de Madame et du porte-monnaie de Monsieur).

Et puis soudain, il y a ceux qu'on appelle les populistes, terme fourre-tout pour parler de tous ceux et toutes celles qui font de la politique autrement en se servant des sentiments du peuple pour, dit-on, manipuler le dit peuple et le faire voter pour la dictature...

Mais laissons de côté le terme de populiste pour Jean-Luc Mélenchon qui se revendique pleinement de la démocratie et non de la toute-puissance de parti écrasant toutes idées et toutes les réflexions faites ailleurs. Si Mélenchon affirme un ton, une ligne politique intransigeante, un pacte anti-corruption avec celles et ceux qui signent pour son mouvement la France insoumise, il n'en demeure pas moins attaché à la liberté d'expression et donne le droit à tous de le contredire et de proposer un autre chemin pour la France. Sous sa rigidité apparente se cache tout de même un homme qui a de la bouteille dans l'estomac et qui reconnaît à toutes et tous le droit à l'erreur mais pas le droit à un cynisme abominable qui rend caduque les relations rapprochées entre les êtres humains.

Si Blaise Pascal faisait de cet adage un parole philosophique expliquant que la raison n'était pas le meilleur moyen pour expliquer Dieu, nous pouvons l'adopter et le transformer autrement.

"Le coeur a ses raisons que la raison honore" voudrait alors dire que sans le coeur, la raison devient déraisonnable et désordonner, prenant le risque de se couper de l'Humanité en ne visant que l'efficacité immédiate, le rendement le meilleur, la réussite sociale avant nos devoirs d'humanité envers nos soeurs et nos frères. Alors que si raison s'honore de tenir compte du coeur, tout peut alors changer dans nos vies quotidiennes. Moins de place à l'égoïsme, plus de place pour l'altruisme et la gratuité de nos gestes et de nos actes sociaux.

Je pense que le signe Phi φ, qui n'est pas le petit triangle rouge que Mélenchon porte à son veston noir, mais qui est le symbole de la France insoumise et sa proposition de gouverner autrement la société peut représenter cette nouvelle forme de concevoir la politique sous cet adage:

Le coeur a ses raisons que la raison honore (sous la République insoumise...).

"Je ne renonce à aucune technique d'expression, toutes m'intéressent", a dit Jean-Luc Mélenchon vendredi. "L'ancienne conception de la politique purement rationnelle, essayant de se débarrasser absolument tout le temps des affects, a vécu".

"Les affects comptent, moi je fais de la politique qui joue sur la raison et les affects", a-t-il ajouté. "Je crois que la poésie dit les choses, les mêmes choses que la froide politique, des fois mieux et souvent d'une façon qui atteint plus directement l'esprit des gens en passant par leur coeur".

Jean-Luc Mélenchon

http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/jean-luc-melenchon-sonne-la-charge-contre-marine-le-pen-1199859#

Et si en plus il y a des airs de musique qui nous rassemblent et nous ressemblent alors pourrions-nous rendre la politique nettement plus au niveau réelle et non cynique de l'échelle humaine et proche des nécessités des peuples, de leurs besoins, de leurs rêves, de leurs désirs, de leurs aspirations, de leurs solidarités renaissantes et qui transforment enfin ce monde désespéré et désespérant nous entraînant vers le néant en monde qui se remet à retourner dans le bon sens et en l'honneur de l'être, cet état qui fait que nous sommes plus que des simples produits de consommation esclaves de nos instincts primaires...

 

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