18/01/2017

Sur les sillons de mon microsillon

Il paraît que les vieux vinyles, dont je fais partie, reviennent à la mode. On n'a pas vraiment l'air viril mais on fait peur à voir, paraît-il. A part un peu de ventre gonflé, il ne reste que les os ou presque. Vintage aux origines biaffraises sans doute. C'était du temps de la Sainte-Patrick qui recherchait les femmes avec son physique de midinette puis finalement les hommes, parce que lui-même ne savait plus trop bien s'il était une femme ou un homme. A défaut, on se disait transgenre. Dans la vraie vie, on ne choisissait pas de camp. On aimait tout le monde... C'était du temps où il ne fallait pas se croire obliger de choisir.

C'est comme en politique. Tout était possible. Voter à droite un coup, un autre coup au centre, puis soudain un coup à gauche pour équilibrer la balance. Sauf que. La politique c'est du sérieux comme l'amour de la cuisine et quand y'a le feu, il faut savoir si tu cuisine du crabe, de la morue, ou du homard pour les clients qui attendent dans la salle et pour le garçon de café en chemise blanche qui n'a pas envie de se faire engueuler par le client à cause du cuistot qui n'a pas fait le bon plat et la bonne cuisson. Donc, le vieux vinyle a toujours intérêt à servir de la bonne soupe sinon il est viré et de son patron, et des garçons de café à chemises blanches, et des clients charpentiers qui peuvent très bien retourner leur veste et aller bouffer ailleurs dans une autre cantine (on dit pas bouffer, on dit manger. Merci maman. Et merci fiston parce qu'en plus d'être agriculteur sans domaine, un homme du métier sans la terre quoi, tu te fais charpentier pour vivre honnêtement. Attention. Sur les toits, c'est dangereux. Mais bon. Si t'avais Mélenchon comme président t'aurais peut-être une petite chance de trouver et financer ton petit domaine en France à condition que tu abandonnes ces foutus pesticides et que tu te mettes à l'agriculture bio. Cela te permettrait de donner une seule pomme à tes futures gosses au lieu de cent pour le même nombre de vitamines... C'est Mélenchon qui le dit. Pas moi. Mais je le crois, vu sa santé de cosaque).

J'en étais où. Ah oui. Le microsillon. Vous trouvez pas que ça sent le vinaigre pour tous ces cornichons en conserve ultra-libérale? Fillon et Hamon, tirés à quatre épingles bancaires en costard-cravate au Macron prêt ainsi que tous les autres qui se sont mis au même Compact Disc pour écraser dans le digital la matière grise afin qu'elle en devienne de l'huile de noix pour milliardaires même pas heureux de l'être. CD avec CDD toujours et CDI presque jamais. Déterminé est le Capital à faire des gens les intermittents du spectacle de l'existence et les déterminants obligés de leur fortune personnelle à défaut de trouver des robots eux-mêmes fabriqués par des robots qui, une fois obsolètes, partiraient à la casse sans cri ni douleur ni maladie. Mort au combat industriel sans laisser de traces humaines... Quoique, on ne sait plus trop bien si nous ne sommes pas nous-mêmes des robots quand nous faisons tout machinalement sans réfléchir à nos actes parce que stresser par nos chefs du dessus ou le patron lui-même. Relaxe. Phi, rappelle-toi bien de ce logo qui revient tel un mantra sur la scène politique actuelle. J'en étais où? Ah oui. Décisifs, nous sommes décisifs pour grossir leurs comptes en banque privé, mais jetables et corvéables sans protection sociale (ça coûte trop cher à l'Etat qui existe de moins en moins pour les gens mais de plus en plus pour les bataillons de CRS qui s'apprêtent à faire la guerre en faveur des néolibéraux et de la bande au MEDEF qui considèrent de toutes façon tous les résistants à leur idéologie comme candidats au terrorisme intellectuel si ce n'est armé) je reviens à mon fil d'Ariane, donc sans protection sociale une fois bien écrasés comme de frêle esquifs perdues sur la Méditerranée, des coquilles de noix prêtes à se noyer dans l'indifférence commune et pratique de tous les jours. On meurt beaucoup en silence dans nos communautés modernes. Cela ne vous rappelle-t-il pas quelques migrants par ci par là qui ne trouveraient plus leur chemin?

Donc le vieux vinyle est de retour dans les bacs et il ne s'enlisera pas dans les sables de l'obsolescence, cette fois. Hélas, il est issu des années pétrole et non de la chlorophylle des algues ou des arbres ou des plantes. D'ici que les potes à Mélenchon nous fabriquent du vinyle bio avec de la chlorophylle née sur nos tas de fumier... Ce sera une révolution de plus. Et du coup, je serai très moderne avec Souchon, pas très cornichon mais poète, pour vous chanter Foule sentimentale avec ma voix de casserole inimitable posée sur les feuX de l'amour.

C'est pas tout ça. C'est le milieu de la nuit. Et vous allez encore penser que ce vieil ivrogne blogueur vient de descendre un vin millésimé tout seul sans personne autour de lui à part son ordinateur. "Ah non... Ânon? Il n'a pas bu. Il ne boit jamais sauf en bonne compagnie". C'est mon double, hologramme de métier, qui sévit sur Paris qui vient d'intervenir ci-dessus. Comme cela, je n'ai pas besoin de faire mon ego trip perso. C'est mon fantôme, mon inexistant, qui fait son charme et son cirque auprès de vous. La preuve c'est que vous ne me connaissez pas personnellement ni même par écran interposer pour l'immense majorité d'entre vous. 

Je vous quitte. Bonne nuit à tous. Je vous laisse avec les croqueuses de pommes. Le fruit du péché au goût insoumis. Et vive la Révolution! (Mieux vaut la faire. C'est mon médecin qui me l'a dit pour éviter les ulcères et le cancer).

 

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