19/01/2017

Emmanuel Macron, un banquier qui a tout pour plaire

On peut adresser tout les reproches qu'on est en droit de faire aux brasseurs d'argent dont Emmanuel Macron est un apôtre appliqué, sauf celui de savoir plaire à son public aussi vaste que celui d'un vendeur d'aspirateurs dans un stand de supermarché.

Macron a tout du gendre idéal à la bonne famille bourgeoise dont la fille a ciblé le personnage, sa jeunesse insolente, et son large sourire d'ange. C'est un peu le Jésus de la finance flanqué des deux voyous Donald Trump et Vladimir Poutine au sommet du Golgotha de la finance mondiale ou crâne de diamants ou calvaire des peuples rejetés et maltraités selon que l'on traite l'Histoire de l'humanité sous un angle tragique, réaliste, ou comique. Rien que pour ça, les bourgeois l'adorent et Dior sans doute aussi, lui qui, avec sa façon de faire et de parler comme un parfumeur embaumant de ses fragrances subtiles les participants et participantes à ses meeting, devient le roi de la guimauve présidentielle pour midinettes et midinets.

Les malheureux! Ils n'ont toujours pas compris qu'au jardin du jet set many people, le peuple des refoulés attend son heure et sa revanche sur les aristocrates qui leur font subir tant de misères depuis la fin des trente glorieuses. 

A un moment donné, la bonne parole prophétique ne suffit plus. L'évangile selon Saint-Rothschild qui promet monts et merveilles avec le miracle économique, ça ne fonctionne plus et le livre blanc sacré du Capital est jeté au feu. Gueule d'ange pourrait bien se retrouver face à l'enfer et jugé par les damnés de la Terre comme inapte au service présidentiel. Savoir parler et raconter n'importe quelle baliverne fonctionne dans un temps de haute conjoncture où la majorité du peuple se satisfait de sa situation sociale et économique. Cela ne fonctionne plus à l'heure des attentats terroristes qui frappent le pays tout entier et de la pauvreté et de la précarité immense qui s'y développent chaque année davantage comme une lèpre qui ronge jusqu'aux lèvres rouges pétantes de l'Oréal affichées sur les murs des villes.

Aujourd'hui, qui peut encore croire au faiseur de miracles, un bonimenteur, un marchand de savonnettes capitaliste? Nous avons eu Nicolas Sarkozy. On a vu. Nous avons maintenant un autre beau parleur avec Emmanuel Macron. Peut-être est-il un brin plus cultivé et sympa mais sa matière première, la victoire exclusive des élites mondialisés, ne fonctionne plus dans une période révolutionnaire où le monde a changé et au constat que le monde ne se règle plus autour d'une petite élite qui monte encore à Davos se faire mousser et faire son show.

Combien de policiers et de militaires autour du village fortifié ces jours-ci à Davos? Est-ce ce monde là que nous voulons? Des hommes et des femmes qui ont besoin d'une protection démentielle tant la menace d'attentat serait grande? Nous voulons un monde où celles et ceux qui dirigent au sommet se font respecter du peuple pour leur haute idée qu'ils se font de la société et qu'ils honorent réellement les valeurs humaines plutôt que le fric. Nous ne voulons plus d'un monde qui honore celles et ceux qui ont déjà tout mais qui rejette celles et ceux qui n'ont rien ou presque. Nous ne voulons plus de médias qui jettent à la figure du monde les stars qu'ils se choisissent parmi les grandes personnalités pour faire illusion alors que tant de choses ne fonctionnent pas sur cette Terre.

Emmanuel Macron a certainement une gueule d'ange. Mais il ne faut pas oublier que qui veut faire l'ange fait le démon. A y regarder de prêt, Jean-Luc Mélenchon et ses allures frontales d'aborder les vraies réalités de notre monde inspire nettement plus confiance à celles et ceux qui ont compris que les bonimenteurs n'ont jamais recherché qu'à gagner plus et protéger la caste dans laquelle ils vivent si bien. Le cynisme a parfois un beau sourire qui cache des intentions bien ciblées, soit ici vendre une politique de riche faite pour les riches à l'exclusion de tous les autres.

Une finale Macron-Fillon et ce sera un festival en l'honneur d'une société incapable de changer en profondeur pour éviter les cataclysmes qui s'annoncent. Une finale Macron-Le Pen et ce sera le vote inutile pour empêcher le fascisme de fleurir un peu plus.

Ni de droite, ni de gauche, ni du centre, Macron marche sur l'eau et promet le paradis à toutes et tous en sachant qu'il ne joue que pour son équipe au final, soit la banque, les assurances privés, et les grands intérêts financiers à défendre.

Pour ma part, je préfère rester en enfer avec les damnés de la Terre, les naufragés de la Méditerranée, et les simples gens de bonne compagnie qui ne font pas de la victoire du Capital leur but ultime dans la vie.

 

Les commentaires sont fermés.