22/01/2017

Pas un métier comme un autre...actrice porno indépendante

Est-ce que voyager vers les étoiles, devenir astronaute (celui qui pose son pied sur une autre planète) ou cosmonaute (celui qui explore l'espace), est un métier comme un autre?

Sans doute exceptionnel, au propre comme au figuré, mais pas fondamentalement différent d'un autre métier. L'astronaute est une femme ou un homme avide de grands espaces vierges, scientifique mais aussi aventurier qui s'aventure là où très peu de femmes et d'hommes possèdent la persévérance, l'intelligence, et la santé pour réussir à accomplir leur rêve.

Ce préambule envers une profession dont rêvent un nombre important d'enfants subjugués par cette profession pour en arriver à l'extrême opposé, sujet de ce blog, le métier de prostitué(e) dont Mélenchon dit ce que tout le monde pense sauf à être un mari indigne, un père indigne, voir une mère indigne: proposer à se femme ou sa fille de devenir une... prostituée est bel et bien quelque chose qui ne se fait pas comme aussi de proposer à son épouse de devenir une actrice porno...

Mais voilà. Dans la vie, il y a parfois des circonstances qui font que tout bascule et qu'une femme décide, avec ou sans le consentement de son compagnon, de devenir une prostituée amateur (quelques passes pour arrondir les fins de mois du ménage) ou professionnelle (occupation au mois dans ce métier). Et ça, Jean-Luc Mélenchon n'y peut rien...sauf à proposer à toutes les familles de France un niveau décent d'existence qui permet de vivre, de se détendre, de partir un peu en vacances...et d'effacer ses dettes s'il y en a et que cela "brûle" toute une famille.

Quelle différence y a-t-il entre une actrice porno et la prostitution choisie? Aucune. L'actrice s'engage pour un tournage dont elle ne connaît parfois même pas ses futurs partenaires de jeux érotiques. Et la prostituée choisit ses clients. C'est du pareil au même côté morale de l'histoire. Si tel ou tel client ne lui convient pas, elle dit qu'elle ne veut pas coucher avec lui. Point barre. C'est même un petit plus par rapport à l'actrice porno dont le producteur lui impose l'acteur. Si Mélenchon veut condamner la prostitution choisie il doit condamner alors toute l'industrie du sexe avec elle... C'est une question de philosophie existentielle et d'égalité devant la loi pour les filles et les garçons qui se prostituent de façon choisie et non contrainte...exceptée la contrainte financière l'y obligeant selon ses propres critères à elle ou à lui, contrainte qui d'ailleurs n'est pas toujours la cause première de se prostituer. Des filles, pas forcément pauvres et devenant parfois fort riches grâce à ce métier, n'arrêtent pas pour autant le job une fois qu'elles ont obtenu une certaine sécurité financière...

Donc je continue à penser que si le candidat de la France insoumise interdit le droit à la prostitution il créera non pas un acte révolutionnaire mais une injustice de "classe" et une discrimination injustifiable entre les filles et les garçons qui ont mis un pied dans le porno et les autres qui arpentent les trottoirs et les salons de massage ou même les cabarets.

Il faut se méfier comme de la peste des interdits moraux. Parce que chacun et chacune possèdent ses propres critères moraux. Une prostituée, avant de l'être, est une femme comme les autres; une femme qui, avant de se prostituer, pense souvent, voir toujours, comme Jean-Luc Mélenchon avec l'idée que si c'était son père ou sa mère ou même son compagnon qui lui avait dit de se lancer dans le job, elle lui aurait retourné une baffe et aurait prit ses clics et ses claques de la maison. Mais une fois dans le job, une femme reste une femme avec ses sentiments, son parcours de vie, ses expériences bonnes et mauvaises et et son exploration d'un métier pas banal du tout et qui laisse des traces, voir d'un métier exceptionnel qui, s'il ne met pas plein d'étoiles dans la vue donne néanmoins un parcours de vie remplis d'aspérités qui forge le caractère parfois dur et acide mais aussi débouche parfois au final...sur une femme posée, douée d'une grande gentillesse, d'un esprit subtil et fin, légère comme les plumes d'un oiseau ou d'un papillon, doté d'un caractère doux et pacifique, avec un caractère net et franc qui sait ce qu'elle veut pour elle et pour son couple qu'elle formera le jour où elle fondera une famille fidèle et respectable avec le compagnon qu'elle se sera choisi sans contrainte ni soumission à l'argent de monsieur. Une femme dont personne ni même Jean-Luc Mélenchon penserait qu'elle pratique ce métier clandestin en toute situation, y compris aux yeux de sa propre famille, même si officiellement autorisé comme en Suisse par exemple.

Ne me dites pas que cela est impossible et que je suis tombé sur la lune ou timbré comme un poète. Je connais cette femme qui possède toutes ces qualités précises. Et elle sait que c'est elle dont je parle si elle lit ses lignes à temps perdu entre deux passes à cent balles.

Il n'y a pas de sot métier. Il n'y a que de sottes personnes qui, par méprise ou ignorance, stigmatisent un métier déjà suffisamment marginalisé pour ne pas en plus lui donner les caractéristiques de la criminalité et de la condamnation.

"Va et ne pèche plus" a dit un jour un certain révolutionnaire à une femme qui s'appelait Marie-Madeleine. Il le lui a signifié avec douceur sans être bien sûr que Marie-Madeleine allait cesser son job, sans lui dire qu'elle irait en prison ou dans un centre de rééducation, et il s'est dressé debout devant tout les tenants de la Loi et le peuple qui s'apprêtait à lapider la femme en leur jetant à la figure et sans crainte de leurs courroux:

"Que celui qui n'a jamais péché lui lance la première pierre." Et personne de la religion du livre ou du peuple n'a osé jeté la première pierre.

Cet homme, ce révolutionnaire, s'appelait Jésus de Nazareth.

Et aujourd'hui, veut-on encore parler de péché et de faute morale si une femme décide de se prostituer? Au temps ou des millions et des millions de citoyens et citoyennes consultent des sites porno avec des filles et des garçons qui se livrent, contre argent, à des ébats sexuels cinématographique, a-t-on l'autorité et le courage moral de dire à une femme qui fait le métier qu'elle doit entrer en clandestinité et être poursuivi en justice en cas de récidive? Doit-on toujours parler de prostitution?

Ayons le courage de nos libertés acquises, en particulier les libertés féminines. Si on tient à la protection des minorités, des proscrits, des damnés sous un régime de Gauche, va-t-on faire la chasse aux sorcières alors que d'autres tournent des films porno en toute légalité? Si le mot prostituée porte trop de connotations péjoratives inventons d'autres mots moins stigmatisant. Pour ma part, je trouve que si quelqu'un se dresse devant une femme qui gagne son argent comme ça et la punit, la marginalise, la rejette, je lui répondrai: "Que celui et celle qui n'a jamais regardé un film porno la jette en prison et dans la clandestinité."

"Actrice porno indépendante" voilà le terme que nous pourrions adopter pour les femmes d'aujourd'hui qui ont cette activité très spéciale d'offrir un théâtre sexuel, à défaut d'être érotique et romantique, à des clients qui consomment plus qu'ils ne profitent de l'extase d'une relation sentimentale vraie et profonde.

Alors France insoumise, vas-tu jeter la pierre à ce genre d'actrices, ainsi qu'à leurs clients de films privés dont l' "élite" féminine, comme dirait un certain Vladimir Poutine, monte et descend un tapis rouge jusqu'à Cannes avec des célébrités du show-biz et même du cinéma tout court? Rocco Siffredi est-il d'accord avec moi? 

Il faudra vraiment choisir entre tout légaliser en matière de pratiques sexuelles mutuellement consentantes ou alors tout interdire dès que la pornographie entre en jeu dans un cadre commercial...au nom de la non marchandisation du corps et du respect de l'éthique philosophique prônant des êtres spirituels complètement libérés et déconnectés des turpitudes du matérialisme, Monsieur Mélenchon.

 

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