02/02/2017

Les larmes des riches

 

Si vous le rencontrez un soir

à travers la petite lucarne,

l'oeil au beurre noir,

ko debout et et en larmes,

ne vous moquez pas de lui,

indifférent à son malheur,

prêt à le jeter au puits

pour s'être servi

dans la caisse commune

du peuple asservi

comme au temps de la Commune.

 

Communiez en choeur,

prenez sa défense,

votez toujours pour votre seigneur

face aux éclaboussures,

aux jurons, aux ordures,

lancés par les hordes populaires

aux moeurs bipolaires

qui donnent aux riches

et retournent à la niche

en aboyant comme des chiens,

dehors sous le froid,

dans leurs chaumières givrées

qui ne les réchauffent même plus l'hiver.

 

As-tu déjà pleuré

avec ta soeur qui fait le trottoir,

toi mon frère qui boit le soir

pour oublier ton désespoir?

Tu l'as peut-être humiliée,

tu l'as peut-être souillée

de ta pauvre jouissance,

de ton impuissance,

un soir de cafard,

ou ta solitude a rejoint la sienne

pour 20 minutes derrière les persiennes,

loin des nobles Parisiennes

qui s'éclatent caviar, champagne,

cocaïne en pleine campagne

pour la pestinentielle

en faveur de leur caste providentielle.

 

Sarah ne quitte jamais sa chambre,

sauf pour trouver le membre

qui n'aura de virilité

que le plaisir de s'éclater

avec sa proie offerte

contre un billet de banque.

 

Sarah joue les saltimbanques

pendant qu'ils pillent les banques,

et que le peuple applaudit

à leurs grands meetings,

peuple fier de leur beau candidat,

peuple oublieux de leurs scandaleux ébats,

de leur richesse opulente acquise

grâce aux combines exquises.

 

La combinaison gagnante

est toujours celle du voleur autorisé

et l'honnête citoyen démonétisé

peut courber l'échine à perpet,

payer ses impôts,

payer ses dettes à l'Etat,

payer sans se révolter,

payer jusqu'à prostituer sa propre épouse.

 

Avec qui tu pleurs, camarde?

Choisis ton camp.

Avec Sarah ou Pénélope?

 

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