07/02/2017

Formule 1 en flammes, il ne s'arrête pas!

Il est comme ça François Fillon. Un héros qui va aller jusqu'au bout de sa campagne présidentielle et qui va prouver aux Français et Françaises qu'un Fillon ne craque jamais, ne démissionne jamais, et au contraire se bat comme un lion jusqu'au bout.

On ne peut pas lui enlever un certain panache à cet homme. Face à la meute, il se dresse debout et dit sa vérité. Mais la vérité d'un homme n'est jamais toute la vérité perçue par le peuple. François a ses principes, sa vertu, ses propres règles éthiques qui ne valent pas pour tous les Français et toutes les Françaises. Lui, il se voit en homme politique irréprochable, qui fait bien son job, qui a aussi ses failles (il n'est pas parfait avoue-t-il), qui ne trompe ni l'Etat ni son épouse qu'il sert avec dévouement et amour pour la République modèle qu'il veut et pour l'épouse idéale qu'il a mariée.

Le hic, et ce hic que François ne voit pas, c'est que sa formule 1 est en flammes. Hors de son camp politique, c'est la curée. Et même dans les stands de l'écurie LR, on s'apprête à lancer un autre pilote et certains demandent urgemment à François de quitter sa voiture avant qu'il ne soit complètement carbonisé et l'écurie avec lui.

François ne veut pas d'un plan B car, dit-il reprenant la formule d'un ami politique, le plan B c'est le plan Bérézina. Sauf que, avec une telle formule, on peut lui en trouver une autre en réponse: le plan A c'est le plan Apocalypse non seulement pour LR mais pour toute la Droite.

François Fillon, assis dans son cockpit, le regard tourné vers la victoire, refuse de voir qu'à l'arrière son moteur est en feu.

Espérons qu'il a enfilé une super combinaison anti-feu, un parachute doré de ses amis du CAC40, et que son cuir épais ne finisse point par prendre feu. Il y en a tant d'autres qui ont voulu rester droit dans leurs bottes et qui finalement ont mal terminé leur parcours.  

Héros de Cour il est. Héros de Cour il restera. François Fillon est un digne représentant de la noblesse française actuelle. 

Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A lui n'ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n'a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

L'Épitaphe de François Villon, La Ballade des Pendus

 

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