14/03/2017

Le 18 mars, je ferai Bastille depuis...ma Bastille!

Chers Insoumis,

Chères Insoumises,

 

Le 18 mars arrive et peu me chaut les problèmes des LR ou du PS dont nous allons tailler un costume à leur mesure de leurs indécences crasseuses.

Il va chaloir la Révolution sur le peuple de France. Il va falloir la choyer avec toute notre chaleur humaine et nos convictions intimes qui font que oui, cette fois, nous allons gagner et que non, nous ne serons pas encore une fois les dindons de la farce du néolibéralisme et de leurs metteurs en scène.

Soyons fous mais lucides et intelligents. Soyons audacieux mais sûr de notre choix politique et de notre réussite future. Nous ne pouvons plus accepter notre lente descente vers la mort en étant bafoués et rejetés d'un système dont nous avons pourtant soutenu parfois la bêtise parce qu'amoureux de la liberté individuelle et oublieux d'être d'abord amoureux de la responsabilité collective du partage des richesses non seulement de façon privée mais aussi au niveau de l'Etat. Je dis nous, parce que je peux aussi dire je. Personne n'aime être sous tutelle de l'Etat...sauf les mous et les paresseux. Mais la France insoumise est tout sauf ça. Personne n'aime vivre aux dépends des autres...sauf celles et ceux qui qui n'ont pas de projet dans la vie et aucune vision de la nécessité du combat permanent de la vie. Et la Révolution, c'est le combat permanent de la vie contre la mort que l'on nous signifie parce que la caste, comme désormais il sied de l'appeler, nous consigne dans des dépôts où notre paroles et nos actes ne sont pas reconnus à leur juste valeur, où nous devenons peu à peu des gêneurs et des empêcheurs de tourner en rond pour eux plutôt que des êtres humains qui lançons de justes alarmes scientifiques ou poétiques envers un système devenu fou à plusieurs égards. Ils se moquent de nous mais nous, nous ne nous moquons pas des erreurs graves qu'ils commettent en mettant non seulement en danger des personnes mais aussi toute l'Humanité et notre planète Terre à cause de leur irresponsabilité et de leur soif de pouvoir et d'argent.

Ils ne nous entendent pas. Ils ne nous écoutent pas. Pire. Ils nous maintiennent au silence ou nous raillent avec une haine profonde et une envie de nous voir disparaître à tout jamais.

Nous, ce que nous voulons, ce n'est pas de les voir disparaître à tout jamais et qu'ils se noient dans leurs propres erreurs programmatiques. Non. Nous n'avons pas cette soif de revanche contre leur personne mais contre leur système de penser la société avec cette "élite" qui bouffe tout et ne nous laisse que les miettes. Pire, avec cette "élite" qui provoque l'appauvrissement du monde à des niveaux d'abjection incroyable (les stars du foot ou du tennis qui portent des équipements fabriqués à des niveaux d'exploitation éhontés et eux qui font sponsorisés à coûts de millions de dollars pour porter les vêtements alors que cela n'est pour eux que la cerise sur le gâteau de leurs revenus mirobolants) et le réchauffement climatique à outrance (parce que leur seule logique c'est faire consommer davantage pour qu'eux s'enrichissent davantage en maintenant le peuple à un niveau d'esclavage matérialiste jamais atteint dans le passé).

Nous ne voulons pas de révolution sanglante. C'est pourquoi nous faisons un révolution non-violente physiquement mais contraignante et engageante concernant les devoirs et les droits dont nous avons tous la responsabilité devant la loi et la Constitution. Être anarchiste, c'est défier la loi quand elle est mauvaise et injuste au risque d'être puni sévèrement par les juges. Etre révolutionnaire, c'est d'abord vouloir changer la loi par la politique rationnelle et réfléchie, la force des idées, et la conviction que cela ira mieux dans le futur...pour les anarchistes aussi. C'est l'objectif de la France insoumise. Et cet objectif est noble au sens le plus juste du terme.

Chers insoumis, chères insoumises, j'aimerais partager avec vous la marche qui vous conduira de Bastille à République, cette marche dont le parcours, improvisé, fut aussi celle des premiers manifestants et manifestantes qui ont bravé l'Etat d'urgence décrétée par le gouvernement Hollande après les attentats de Paris. Cette marche, j'y étais participant à l'époque. Et je l'ai trouvée surréaliste parce que d'une part nous ne savions pas si nous allions réussir à bouger vu que les CRS nous maintenaient à Bastille et que d'autre part, nous ne savions pas non plus si, une fois la marche qui s'est lentement dessinée à Bastille avec des CRS un peu affolés de nous voir braver l'interdiction, nous allions arriver à République tant les CRS nous poursuivaient et tentaient de nous bloquer au milieu des véhicules privés qui venaient en face de nous sur le boulevard.

Et pourtant, nous sommes arrivés à République, tous et toutes sain et sauf, avec une joie immense et la conviction que cette manif, à la base organisée en faveur des migrants et migrantes mais qui s'est transformée en marche pour la liberté de manifester, avait été le déclencheur de quelque chose de plus grand et de plus fort. C'était une danse dans les feuilles mortes de l'automne, une danse qui affolait l'Ancien Régime et montrait déjà les prémices d'un printemps nouveau et d'une libération nouvelle sans acte de violence et de goût du sang.

C'est donc la mort dans l'âme que je ne serai pas avec vous, physiquement, le 18 mars. Je serai à ma Bastille ou plus précisément dans ma cuisine de restaurant. Et pourquoi je ne ferai pas Bastille avec vous? Tout simplement parce que Paris c'est loin et que dans l'état actuel d'esclavage de nos sociétés, un travailleur se doit d'abord tout entier à son travail et n'a quasi plus le droit de lui faire un bras d'honneur de temps à autres pour justes motifs sous peine d'être aussitôt condamnés de ses collègues de travail et éjectés par un patron qui ne supporte pas la maladie des employés et encore moins la volonté politique de changer un système qui lui est bien entendu favorable.

Je suis malade sans droit à l'arrêt maladie, d'une maladie romantique qui fait que de ma Bastille je penserai très fort à vous tous ce 18 mars en particulier. Pour tous les embastillés qui ne viendront pas ce jour-là à cause de leurs obligations professionnelles, tenez haut vos pancartes et vos coeurs. Et je vous donne au passage mon petit mot coloré pour la manif. Si l'un ou l'une d'entre vous à envie de porter une pancarte en pensant au poète anonyme que je suis, voilà mes mots pour ce jour:

TAILLONS UN COSTUME

A LA 5ÈME RÉPUBLIQUE!

MÉLENCHONS-NOUS

A LA 6ÈME RÉPUBLIQUE!

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