21/03/2017

France zombie ou France Mellotron Debout

 

De toutes mes mélancolies j'en ferai des Mélenchoneries qui surgissent telles des épis de blé mûr gorgés du soleil d'août.

Si je vais prendre la route, si je vais quitter leur déroute et leur Marianne couche-toi-là, c'est pour cette France insoumise qui veut sa Marianne Debout, libre, fière, sincère avec ses sentiments et heureuse d'aimer au grand jour sans hypocrisie, sans lâcheté, sans sentiment de honte et de culpabilité. 

Ne crois pas, comme pour nous tous et toutes je pense, que les sirènes du libéralisme ne m'ont jamais appelé et entraîné par le fond. Il aurait fallu un équipage tel qu'Ulysse sur son navire pour m'attacher au poteau du mât et des filles et des garçons qui me disent: "Ulysse n'y va pas, tu vas te noyer avec ses sirènes. Elles veulent ta défaite, ton renoncement, ta soumission à leurs dépravations alors que nous avons besoin de toi parce que notre monde coule à pic".

Je n'avais plus d'équipage autour de moi, même plus ma femme et mes enfants. J'avais ma famille mais elle pensait que je n'étais qu'un doux rêveur et ne s'intéressait pas trop à mes idéaux à l'exception de mon petit frère. J'ai dû remonter la pente tout seul avec mes doigts qui pianotait sur l'ordinateur, mon appareil photo, mes histoires amoureuses qui se répandaient parmi les sirènes, mon regard de plus en plus révolté sur le monde au point que j'ai ressenti la nécessité d'aller frôler la guerre en Syrie et de trouver des êtres humains tranquilles et souriants mais chassés de chez eux et vivant dehors à la belle étoile dans des parcs publics turcs. Ils m'ont fait comprendre que même perdue une cause se gagne par l'amour et l'espoir et non par la haine et le désespoir.

Et puis, il y a eu ces dix jours de rêve exclusif passé avec les migrants et activistes italo-français à Vintimille. Ces dix jours, c'était ma jeunesse, mes vingt ans retrouvés, cette épure des sentiments, cette réalité d'appartenir à la même communauté humaine dans la fraternité et la paix quelque soit nos parcours, nos origines, nos orientations amoureuses. Des sourires et des visages inoubliables. Si le temps avait du s'arrêter pour moi, il aurait pu se faire le jour où ce mistral terrible s'est levé sur la mer faisant même échouer un voilier sur les récifs. Ce jour-là j'ai ressenti comme un grand mystère qui se levait, le mystère de ces jeunes hommes et femmes fier(ère)s dans le vent dont j'ai pris deux trois photos que j'ai travaillées pour en faire des oeuvres artistiques.

Si j'avais du avoir une mort idéal, elle aurait pu être ce jour-là tellement je me sentais heureux et fier d'être avec mes frères migrants et les activistes qui prenaient faits et causes pour eux.

Là-dessus est arrivé nos Nuits Debout dont j'ai été un activiste actif surtout à travers mes billets blogs mais pas trop sur place vu ma vie qui s'écoule la plupart du temps au bagne (je rigole en écrivant cela). Mais je savais bien que l'anarchie absolue et l'absence totale de pouvoir et d'Etat est une utopie et un rêve impossible. Nous avons besoin de l'Etat pour vivre en démocratie. Impossible de l'éviter. Il faut une organisation et des leaders. Pas moyen de faire autrement pour gérer l'organisation d'un peuple mondial répartis en pays qui compte 7 milliards d'habitants et d'habitantes sans compter la gestion des ressources naturelles, de l'animal, du végétal, et du minéral.

Donc je savais que les élections de ce printemps étaient incontournables et je cherchais un mouvement enfin crédible issu de Nuit Debout. Mais rien n'est arrivé parce que Nuit Debout c'était justement l'anarchie au sens propre du terme. Et je me suis mis à l'écoute sérieuse du verbe mélenchonien et de la dynamique des insoumis et insoumises qui étaient aussi, en partie, des participants et participantes de Nuit Debout. Et j'ai compris que cette fois il y avait quelque chose qui se mettait vraiment en marche, pas le mouvement en marche de Macron qui tourne en rond sur lui-même, qui tire une fois son coup à gauche, une fois son coup à droite, et qui est assis sur un gros pouf au centre de n'importe quoi. Faut pas gâcher comme qui dirait l'autre d'Auxerre.

Et cette fois c'est du sérieux. Si Ulysse fait plutôt penser aujourd'hui à une histoire de Pénélope et ses enfants qui ont remboursé (!) le mari et le père par ses tricots ou leurs conseils payés par l'Etat français et donc les citoyens et citoyennes, il ne faut pas oublier la vraie histoire du héros grec. Celui qui va reprendre son île pour chasser la corruption des prétendants au trône et faire de nouveau régner la justice et la promesse faite à son peuple d'être un bon roi pour tous et toutes.

Nous ne sommes plus au temps des rois ni de la Grèce Antique. Nous sommes au temps de la démocratie et Jean-Luc Mélenchon est un démocrate qui ne deviendra pas autocrate par mutation du personnage. Il fera ce qu'il dit et ne s'accrochera pas au pouvoir. Au contraire, il veut abroger les articles constitutionnels qui existent dans la Constitution actuelle et qui pourraient éventuellement donner la possibilité à un Président d'être tenté par le pouvoir absolu si celui-ci était mal intentionné envers les lois démocratiques. 

Je termine en image et en musique ce billet. Je t'ai parlé de la Marianne couche-toi-là et de la Marianne Debout. J'ai trouvé dans le lit de la rivière magique, la France zombie, et la Marianne couche-toi-là. L'autre, celle que j'aime profondément, elle était collée sur un arbre de Paris, Debout, fière, heureuse, combative, fidèle à ses sentiments.

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La France Zombie

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Un coup à gauche

 

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Un coup à droite

 

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Une grosse pouffe au centre

 

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La Marianne Debout, romantique, amoureuse

 

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