01/05/2017

Lendemain de la Grande Guerre, un Normand dans les bordels

 

2016-07-30 08.02.099999999999.png

Il sortait des tranchées

et sa mélancolie

l'envoya dans les bordels

rejoindre les filles

d'une autre guerre.

 

Il était beau et généreux,

artiste et amoureux,

il fréquentait le milieu

non comme un maquereau,

non comme un macho,

non comme un bourreau,

mais comme un gentleman

respectueux des femmes

jusqu'au bout de leurs sentiments.

 

Il n'avait plus de nom,

ni ne voulait s'en faire un.

Monsieur X

tenait à son anonymat,

ne voulait pas de la célébrité

sur le dos des filles,

voulait juste témoigner

de la beauté des femmes

en prise avec le pire

des métiers du monde,

celui dont ni un père, ni une mère

ne souhaiterait à sa fille,

celui dont chaque fille

cache à ses parents et sa famille

de peur d'être rejetée,

bannie de l'amour familial

en plus de n'être devenue

plus que de la chair à canon

pour les coups de piston d'un soir

des hommes sans conscience

venant échouer leur misère

sur le corps des filles blessées,

nues, et offertes comme de la viande

sur l'étale d'un boucher.

 

Cet homme était une exception,

un marginal qui faisait oeuvre

de toute sa poésie

au sein d'un monde cynique

où l'obtention de la chair

ne se réalise qu'à coups de pognon,

où après la Grande Guerre

et ses soldats de chair à canon

il fallait de façon désespérée,

mélancolique,

réinventer l'amour

dans les endroits

les plus improbables,

les plus mal famés,

les plus condamnés,

les plus rejetés.

 

Si t'as le temps ce jeudi

et que tu es parfois insomniaque,

Arte te donne un témoignage

de ce que peut offrir

au monde entier

un poète des bordels

et son ardente mélancolie

au milieu d'un monde

qui s'asphyxie de cynisme et de corruption.

 

http://television.telerama.fr/television/arte-dissimule-l...

 

Les commentaires sont fermés.