02/05/2017

La technique de vente de Macron ne passe plus

Emmanuel, je l'imagine bien en train de vendre des aspirateurs Whirlpool dans un supermarché en disant que l'ancien monde est terminé, que Madame, et même Monsieur, vont trouver tellement de satisfaction à faire le ménage avec ce produit de la Révolution Macron qui changera nos vies et nous fera voir le monde en multicolore.

La technique de vente d'Emmanuel passe certainement auprès de celles et ceux qui se lancent dans la vie avec la force de la jeunesse prête à bouffer du lion pour réussir dans la vie sans avoir vu et su identifier les tsunamis sociaux et environnementaux mondialisés que le néolibéralisme a causé sur son passage ces trente dernières années.

Rappelons à ces gens qu'un aspirateur reste un aspirateur aussi révolutionnaire peut-il paraître sous son nouveau design. Et que le néolibéralisme restera le néolibéralisme avec toute son horreur programmée, sa poursuite de l'accumulation des richesses pour les 1% et l'accumulation des dettes pour les 99% des autres citoyennes et citoyens de la planète Terre. Parce que c'est ainsi que leur Etat fonctionne en étouffant les peuples sous la dette publique à travers des techniques d'évasion fiscale et de cadeaux faits aux entreprises les plus grandes qui mettent de plus en plus la pression sur les travailleuses et travailleurs, les condamnant à une concurrence permanente avec le "reste du monde". Le monde néolibéral ne dit pas aux petites mains que les standards salariaux seront ceux des conventions collectives les plus évoluées en leur faveur. Le monde néolibéral, vrai casseur de la démocratie, leur signifie que s'ils ne sont pas contents de la casse sociale et de leur contrat de travail, il y a un vivier de mille personnes dans l'Europe entière prêtes à faire le même boulot pour la multinationale, Starbuck Café ou Mac Donald, ou n'importe quelle autre grande entreprise qui a besoin de gens peu ou pas qualifiés.

Rappelons à Emmanuel Macron que 8 heures au travail, c'est un tiers de vie pour tout le monde. Que le temps est incompressible et que nous avons tous 24 heures à notre disposition dans une journée pour gagner notre croûte. Et que si le banquier ou le grand directeur gagne en 1 heure ce que l'ouvrier gagne en 1 mois et qu'à la fin, c'est l'ouvrier qui est archi endetté et qui fait plein d'heures supplémentaires pour garder la tête hors de l'eau tandis que le banquier s'affiche en éclatante santé sur une plage de la Côte d'Azur après ses heures de boulot, il y a comme un gros malaise démocratique. Et là, miracle de la société néolibérale, plus (s muet) d'Etat pour remplir la caisse afin d'éviter la faillite du simple citoyen mais plus (s prononcé) d'Etat pour remplir les poches des banques et des grandes entreprises en danger de faillite... L'ouvrier tombe alors que la finance s'envole... Combien de femmes et d'hommes en sont morts ou on finit à la casse sociale en attendant la mort?

Monsieur le vendeur d'aspirateurs ne nous le dit jamais. Monsieur fera-t-il quelque chose pour donner de meilleures conditions d'emploi aux ouvrières et ouvriers? Non, il foncera tel l'homme des riches à casser et à déchirer le Code du Travail en faisant de la loi El Khomri sa propre loi du bon docteur Macron qui délivrera ses ordonnances présidentielles tel le grand chirurgien de la Jungle qui sait que les remèdes apportés aux ouvrières et ouvriers seront des pilules encore plus amères et mortelles à avaler pour eux tous.

Non, Monsieur Macron, nous ne voulons plus des aspirateurs du néolibéralisme. Non, Madame Le Pen, nous ne voudrons jamais de vos discours de haine et ultra-nationalistes. 

Nous voulons une nouvelle façon de créer au sein d'une société plurielle du partage et de l'attention à l'autre. Nous ne voulons plus de cette concurrence folle que vous nous obligez à souscrire et qui crée les conditions de base au fascisme qui grimpe dans les coeurs des êtres humains.

Nous ne pouvons plus donner notre vote à des gens qui se foutent de nous en nous promettant monts et merveilles. Sous le sapin de Noël des pauvres, il n'y a que désillusion, rancoeur, abandon, tristesse, solitude, et exclusion. Parce qu'une fois dans les dettes et mis aux poursuites, une citoyenne et un citoyen deviennent des gens de seconde zone relégués hors de la société d'abondance, hors des zones de confort social et de l'amitié partagée, des sorties entre amis, et même hors de sa propre famille. Le pauvre, une fois largué, ne réapparaît nulle part dans votre monde même s'il a fait tous les efforts du monde, a travaillé 15 heures par jour durant 14 ans, payée 9 heures par jour pour son seul travail salarié, essayant de changer sa vie et se voir accepter par vous et vos semblables grâce à son travail d'artiste. Un pauvre reste un salaud de pauvre à vie. On l'ignore royalement. Et ne me dites pas le contraire. D'ouverture, votre monde ne m'en a jamais faite. De réhabilitation, votre monde ne m'en a jamais accordé. Jugé sur mes dettes et mon parcours de vie, je suis resté le marginal à qui on a fait aucun cadeau fiscal et qui court après ses dettes comme d'autres courent dans les clubs pour profiter de leur "belle" vie.

Ni de Macronpolis ni de peste brune. Alors, oui, vraiment, si je pouvais voter le 7 mai, mon bulletin serait blanc ou mieux encore, nul, et porterait comme inscription:

Φ

FRANCE INSOUMISE

FRANCE PROMISE

 

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