03/05/2017

Entrepreneurs, patrons, c'est aussi à vous de vous révolter

Je suis prolétaire parce que je suis salarié dans une entreprise.

Mais, tout le monde ne le sait pas, j'ai aussi été patron, petit patron, rien à voir avec une grande entreprise. Patron de bistrot, c'est peu de choses mais j'ai aussi eu quelques employés au service de l'entreprise beaucoup plus qu'à mon service.

Ma première boîte, c'était un joli petit hôtel-restaurant bien rénové de 15 chambres avec trois salles de restaurant dans un petit village de 1'200 habitants qui dans les années 80 comptait 5 restaurants (1 bar et 4 café-restaurants). Autant le dire, je m'étais engagé dans une galère d'autant que la location était, après un petit tour de passe-passe de dernière minute du propriétaire des lieux, largement trop haute pour que je puisse survivre bien longtemps.

J'ai tenu deux ans avant que je doive me mettre à genoux devant l'évidence des comptes. De mes six employés, j'en étais le septième. Mon salaire, résultat du bénéfice de mon entreprise, était inférieur à celui de ma femme de chambre. Inutile de préciser que c'était compter avec les jours de congés officiels octroyés aux salariés et travaillés par le patron ainsi que les trois ou quatre heures de travail en plus par jour. Un salaire de misère, quoi!

Mais je n'ai pas regretté ni de payer correctement mes employé(e)s ni de ne jamais les entuber comme on dit dans le jargon qui suinte la haine dans les entreprises. Mes employé(e)s n'ont pas eu à pâtir de mon désastre progressif personnel. Car ce n'était là que les débuts de ma descente aux enfers financiers... La suite, je ne vous la raconte pas. C'est trop long et trop pathétique pour en faire un seul billet blog.

Mon billet s'adresse donc particulièrement aux patrons et patronnes d'entreprise qui savent la situation actuelle de l'Europe, la montée des fascismes, la régression sociale, les manifestations qui peu à peu se font chaque jour plus violentes contre la police qui elle-même se fait de plus en plus l'apôtre des mouvements fascistes dans certains corps de gendarmerie.

On ne peut plus laisser faire le néolibéralisme. On ne peut plus croire que ce sont les recettes néo-libérales qui apportent la stabilité aux pays et la paix sociale. Au contraire, toutes ces politique-là engendre de la haine, de la violence, de l'incompréhension, de la dictature et la fin de nos démocraties.

Ce billet est en quelque sorte un appel vibrant à trouver d'autres formes de solidarités entre cadres et employés, patrons et prolétariats.

Si j'étais citoyen français et que mon bulletin de vote aurait été blanc ou nul ce dimanche, ce n'est en aucun cas pour favoriser le fascisme et Marine le Pen. Ce vote aurait été celui d'une révolution nécessaire dans le coeur et les consciences des gens, des patrons comme des salariés, des politiciens comme des artistes, des entrepreneurs comme des retraités. Voter Macron c'est encore une fois signer pour la défaite des authentiques valeurs républicaines, liberté, égalité, fraternité. Mais comme voter Le Pen, c'est encore plus grave, il est nécessaire que des citoyennes et citoyens révolutionnaires se prononcent en faveur du vote blanc ou nul.

Macron va gagner sans les voix des révolutionnaires. Car le peuple a cette sagesse de signer à la fois pour la défaite des fascistes et d'écrire en sourdine que demain appartient à la France insoumise, aux révolutionnaires qui ont visé juste et qui croient encore à la République et à la démocratie pour toutes et tous.

 

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