21/05/2017

J'ai la peste, le choléra, le sida, ça te va?

Vivre!

Et puis s'en foutre de tout.

Des politiciens qui te classent

dans ceux qui ont la peste,

le choléra, ou le sida.

 

Vivre!

Tu n'as pas le choix

autre que celui de continuer

et de vivre avec la maladie

qu'ils t'attribuent gratis pour imposer

leur système pourri rendant

les gens malades,

enragés,

xénophobes,

haineux,

divisés,

en guerre perpétuelle

contre les plus révoltés,

les plus lucides,

les plus visionnaires

qui savent où 

leur monde nous conduit

mais qui sont pestiférés

par la bonne bourgeoisie

au pouvoir

et au service des nobles milliardaires.

 

J'ai dit:

"Dans le mur je ne veux pas y aller

avec tous ces faiseurs de marketing

qui ne produisent que l'ivresse

de posséder encore et toujours plus,

maximisant leurs maximes toutes faites,

maximisant leurs profits fabuleux,

surfant sur la vague de l'or

pour hypnotiser les foules

en les conduisant dans le mur fatal.

Quel monde pour nos enfants?

Quelle société pour nos petits enfants?".

De quelle folie ils se prétendent les rois

pour nous faire encore avaler

leurs vices, leurs prétentions démesurées

et leurs compétitions iniques

en prétendant qu'ils sont

les seuls à être sain d'esprit et de corps?

 

J'ai envie de partir d'ici.

Mais partir pour quel monde?

J'ai envie de révolution.

Mais quelle révolution est-elle possible

quand on te colle l'étiquette

"choléra" "peste" ou "sida"

et que jamais tu ne seras plus accepté

avec tes rêves et tes idéaux?

 

Ce monde ferme totalement l'avenir

en s'ouvrant sans cesse à la frénésie

de la surconsommation,

de la surproduction,

de la surboum party perpétuelle

qui aveugle les foules,

qui rend sourdes les foules,

qui rend folles les foules

perdues dans ce carcan

d'obligations à la réussite,

 

Veux-tu rester soumis à ce monde?

Veux-tu vraiment la fin du monde

en ne donnant aucun espoir

d'avenir à nos enfants?

 

Je ne peux pas le croire.

Je ne veux pas le savoir.

J'ai fais mon job.

Et tant pis

si mon job

n'est pas considéré,

enterré,

incinéré,

réduit en cendres

par ce silence totalitaire.

 

Je resterai dans la musique

et je partirai de la planète

mon devoir accompli.

Il n'y a pas de place ici

pour celles et ceux

qui imaginent un autre monde.

 

Le Désespoir de la vieille

Charles Baudelaire

La petite vieille ratatinée se sentit toute réjouie en voyant ce joli enfant à qui chacun faisait fête, à qui tout le monde voulait plaire ; ce joli être, si fragile comme elle, la petite vieille, et, comme elle aussi, sans dents et sans cheveux.
Et elle s’approcha de lui, voulant lui faire des risettes et des mines agréables.
Mais l’enfant épouvanté se débattait sous les caresses de la bonne femme décrépite, et remplissait la maison de ses glapissements.
Alors la bonne vieille se retira dans sa solitude éternelle, et elle pleurait dans un coin, se disant : — « Ah ! pour nous, malheureuses vieilles femelles, l’âge est passé de plaire, même aux innocents ; et nous faisons horreur aux petits enfants que nous voulons aimer ! »

Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose, 1869

 

 

Commentaires

Bonjour Pachakmac Excellent , la dernière phrase de Baudelaire est on ne peut plus d'actualité
Donc rien ne change et ne changera ,faudra bien vous y faire
Notre génération a sans doute connu des avantages dont un seul et prioritaire ,savoir d'où venait le vent pour éviter les pluies de coups
Ce qui nous évita de rester trop longtemps rêveurs face à un monde qui veut même supprimer les avantages pour retourner à l'époque des charbonniers et de la tuberculose !
Très bonne journée

Écrit par : lovejoie | 22/05/2017

Les commentaires sont fermés.