30/05/2017

Les rires insoumis des enfants dans la rue

Déjà que la politique c'est du poison jeté aux êtres humains dont se servent les puissants pour asseoir leur autorité et leur pouvoir.

Déjà que la politique c'est du tellement trop sérieux qu'on se croirait parfois dans des guerres de religion incessantes entre sectes apocalyptiques se renvoyant la balle.

Déjà que les assassinats politiques des enfants dans le monde entier se comptent en dizaines de milliers chaque année par la faute de nos politiques internationales et à notre indifférence générale à leur sort, à leur malnutrition, à leur maltraitance, à leurs maladies guérissables mais qui ne le sont pas faute d'argent et de soins appropriés.

Déjà que tout finit par me dégoûter en politique, que ce silence éternel ne peut être qu'une arme barbare et sauvage portée à l'encontre d'un homme ou d'une femme à qui on a décidé de n'accorder que le bâillon pour la bouche et pour la main le clou parce qu'il ou elle dérange au-delà du permis et de l'admis.

Déjà que tout lasse et tout casse à la fin même les ralliements les plus passionnés...tout casse réellement et le corps aussi sauf cette rage révolutionnaire qui reste intacte et ronge un homme ou une femme quand l'injustice faite à son combat, à cette injustice établie contre lui ou contre elle et qui est portée à fleur de peau durant une vie entière.

Déjà que la joie des enfants et leur sauvagerie est la seule chose d'innocent en ce monde et qu'elle seule me redonne un vrai sourire d'enfant en me rendant l'espoir d'un être humain plus capable de spontanéité et d'amour au lieu d'artifices de communication pour asseoir son pouvoir et son autorité.

Déjà que tout ça suffit.

Laissez rire et s'ébaudir les enfants des banlieues, Monsieur Mélenchon. Ils ne passent pour des sauvages et des barbares qu'aux yeux des colons, des missionnaires, et des aigris. Eux, ils font la fête. Et en cet instant, ils faisaient même votre succès et vous ouvrait le chemin de la victoire devant les caméras. Avec un comité d'accueil comme cela, je ressusciterais à ma jeunesse et je me mettrais à voler avec eux. Je ne les rabrouerais pas sous le prétexte qu'ils vont servir de propagande à la bouillie abjecte de nos ennemis fascistes. Je m'en foutrais totalement de la manipulation de l'image pseudo barbare par nos ennemis politique puisque c'est une image de santé et de bonheur enfantin que nous défendons bec et ongles! Du moment que les enfants sont notre joie, qu'ils sont heureux, qu'ils libèrent leur bonheur d'exister malgré qu'ils ne sont ni nés dans les bons quartiers ni enfants de la bonne couche sociale dominante, ils peuvent faire la fête en se portant en tête d'un petit cortège improvisé et en criant à tue-tête. C'est aussi cela, l'authentique et belle Révolution populaire.

Petits Gavroche de la rue, ils vous faisaient la fête... Pourquoi avoir boudé votre plaisir?

« Paris a un enfant et la forêt a un oiseau ; l'oiseau s'appelle le moineau ; l'enfant s'appelle le gamin. »

« Accouplez ces deux idées qui contiennent, l'une toute la fournaise, l'autre toute l'aurore, choquez ces étincelles, Paris, l'enfance ; il en jaillit un petit être. Homuncio, dirait Plaute.
Ce petit être est joyeux. Il ne mange pas tous les jours et il va au spectacle, si bon lui semble, tous les soirs. Il n'a pas de chemise sur le corps, pas de souliers aux pieds, pas de toit sur la tête ; il est comme les mouches du ciel qui n'ont rien de tout cela. Il a de sept à treize ans, vit par bandes, bat le pavé, loge en plein air, porte un vieux pantalon de son père qui lui descend plus bas que les talons, un vieux chapeau de quelque autre père qui lui descend plus bas que les oreilles, une seule bretelle en lisière jaune, court, guette, quête, perd le temps, culotte des pipes, jure comme un damné, hante les cabarets, connaît des voleurs, tutoie des filles, parle argot, chante des chansons obscènes, et n'a rien de mauvais dans le cœur. C'est qu'il a dans l'âme une perle, l'innocence, et les perles ne se dissolvent pas dans la boue. Tant que l'homme est enfant, Dieu veut qu'il soit innocent.
Si l'on demandait à la grande et énorme ville : Qu'est-ce que c'est que cela ? elle répondrait : C'est mon petit. »

— Victor Hugo, Les Misérables (Tome III. Marius – Livre Premier : Paris étudié dans son atome – Chapitre 1. Parvulus)

 Gavroche à 11 ans
Dessin de Victor Hugo (encre et lavis, 1850)
 
GADEZ LES ENFANTS AVEC VOUS,
JEAN-LUC.
NE LES RENVOYEZ PAS A LA MAISON.
JOUEZ AUSSI AVEC EUX
PARCE QUE LE JEU DES CAMERAS
TENTE TOUJOURS DE LIRE DANS LE JEU
DES HOMMES ET DES FEMMES MIS EN LUMIERE.
 

 

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