02/06/2017

Finirons-nous dans la rue à faire des sauts de cabri?

Cher Jean-Luc Mélenchon,

Si une table, une chaise, une chèvre pouvait être à la tête de la France à la place de Marine Le Pen et qu'Emmanuel Macron ne devait sa victoire qu'au fait qu'il était impossible que la France, dans son ensemble, vote en majorité pour Madame Le Pen, je crains que nous tous, insoumis et insoumises à ce système en voie de disparition (par volonté et conscience citoyenne au mieux, destruction par guerres civiles et internationales au pire), finissions par faire des sauts de cabri gracieux dans la rue pour éviter les gaz lacrymo, les grenades de désencerclement, voir, plus grave encore, des grenades offensives nous obligeant à danser sur la mort pour éviter la blessure révolutionnaire et la place des martyrs qui nous serait alors accordée par les survivants.

Ne dramatisons pas jusque là, cher Jean-Luc. 

La rue, pardon, les mouvements sociaux (il faut se battre pour les mots même quand ils se mettent à siffler assassins comme des serpents) la rue ne fera, pardon j'ai encore quelques restes bobo, les mouvements sociaux ne feront point de concession à la volonté macronienne de casser encore plus l'état précaire des citoyennes et citoyens de première classe, et non de seconde ou dernière classe (toujours l'importance des mots, les premiers révolutionnaires sont celles et ceux qui ont la plus grande conscience de l'injustice du monde, donc ils sont de la première classe en conscience).

Nous ne pouvons plus accepter la destruction du monde par des puissances humaines qui n'ont que l'argent comme obsessionnel objectif et comme vision unique de leur existence. Nous ne pouvons plus être complices de leurs jeux à multiples tiroirs qui nous attirent dans autant de pièges à gogo. Nous ne voulons plus passer pour les dindons de leur farce grotesque qui prétend régler les problèmes du monde alors que leur conte de vampires pour milliardaires ne fait qu'amplifier et multiplier les ravages et les horreurs. Cette farce tragique dure depuis bientôt 40 ans et ils nous l'améliorent au gré de leur propagande médiatique et du sang versé dans le monde entier.

Cher Jean-Luc, je veux bien finir en cabri sacrifié si telle est l'ultime combat d'un homme. Mais avant ça, j'aimerais que la France insoumise fasse tout pour ne pas effrayer les citoyennes et citoyens. Qu'elle continue le magnifique combat du premier tour de l'élection présidentielle en s'adressant d'abord au peuple plutôt qu'en invectivant bêtement celles et ceux qui ont déjà perdu l'estime du peuple. Nous n'avons pas besoin de "Cazeneuve, ce type qui s'est occupé de l'assassinat de Rémi Fraisse" ou d'autres phrases irritantes à l'emportent pièce qui font descendre en flèche les intentions de vote de celles et ceux qui s'apprêtent, ou s'apprêtaient, à voter pour un candidat ou une candidate de la France insoumise.

Des erreurs, nous en commettons tous. Mais le peuple a désormais placé ses espoirs dans un mouvement qui s'appelle la France insoumise et le peuple vous regarde et aimerait participer à un mouvement d'ampleur collective. Ne décevez pas le peuple, Jean-Luc. Car après la France insoumise, il y aura quoi en cas d'échec?

Nous avons besoin d'un Jean-Luc Mélenchon qui montre le chemin de la victoire citoyenne par les urnes et non d'un destin tragique et funeste et de futurs martyrs sacrifiés dans les rues à cause de l'échec de l'unité citoyenne révolutionnaire pour changer la France, l'Europe, et le monde pour peu que la révolution française puisse être un exemple à suivre pour les peuples du monde de plus en plus sous influence de néo-stars, de néo-rois ou de néo-dictateurs ou autres empereurs milliardaires.

La France insoumise mérite la France. Mais pour cela, il faut s'épargner de vaines polémiques qui lui font du mal à son image de première force démocratique de la paix et de la protection du peuple.

 

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