12/06/2017

Ronchon d'humeur

"La France m'a tuer".

Bon. Cela n'est pas encore inscrit en lettres de sang sur un mur mais tout de même. S'il faut aller à la baston pour dire au monde entier qu'on fonctionne sur le mode "insoumis" ça me fiche le cerveau dans les petits papiers des services secrets français et ça me fiche aussi le malheur à l'opposé des jours heureux tant promis par Jean-Luc Mélenchon à son public béat d'admiration.

Revenons à nos moutons peu glorieux du jour qui préfèrent encore et toujours se faire tondre par la Bête en lieu et place de la révolution citoyenne consciente, libre et fraternelle. Si tous ces gens n'ont pas encore compris qu'une multinationale fonctionne d'abord pour faire un maximum de profit en faveur des dirigeants, cadres supérieurs, et autres actionnaires et s'en fiche royalement des conditions d'existence des employés "ordinaires" qui font la réussite de l'entreprise (porte ton regard sur l'Asie et tu comprendras ta future douleur d'être salarié dans un pays qui aura poignardé le Code du Travail qui te protégeait à minima des excès patronaux; les maillots sportifs sont jolis, les baskets aussi, mais les enfants et adultes qui les font sont exploités comme des cochons dans une porcherie). Le monde est ainsi fait qu'avant on avait des idéalistes genre Victor Hugo qui savait enflammer les foules et donner naissance à un prolétariat de combat qui obtenait peu à peu des droits et des libertés. Aujourd'hui, nous avons des gars genre Mélenchon qui se disputent avec toute la Gauche en oubliant l'idéal et la lutte solidaire. Il n'est pas seul responsable de la débâcle. Ils sont tous responsables. Et le programme de l'Avenir en commun? Et les ponts nécessaires pour reconstruire une gauche de combat qui s'oppose au démantèlement général des acquis sociaux? Nada. La Gauche est définitivement une machine à perdre, un plateau d'intellos sur Médiapart qui se dispute la "vraie gauche" et la "vraie idéologie". C'est aussi une machine à générer de l'abstention. Les gens n'en peuvent plus. Ils se battent désormais pour leur propre pomme et s'en fiche de la politique. Ils deviennent hargneux, extrémistes et haineux. Ils donnent raison à Marine Le Pen sur le fond de sa pensée, pas forcément sur sa personne. Ils se recroquevillent dans leur coquille, cherchent les petits bénéfices pour eux et leur famille, magouillent un peu quand cela est possible. Ils ne portent plus d'idéaux car ils les ont enfermés au fond de leur coeur sectaire sachant que plus rien n'est possible dans ce monde écrasé par le rouleau compresseur de la finance et des panneaux publicitaires qui hypnotisent et rend fou les gens assoiffés de consommation. 

Ainsi va le monde. Nous retournons en des temps anciens où le prolétaire acceptait tout de son patron. Pire encore. En sachant pourtant qu'un jour ses propres parents et arrière-grands parents avaient connu des conditions de vie meilleure que la sienne. Il se revoie donc esclave solitaire coupable de non lutte et de soumission à l'ordre macronien qui arrive. Il cherche encore à prendre ici ou là un avantage minable sur son collègue de travail, à se faire beau aux yeux de son patron pour prendre le poste de petit chef d'atelier qui lui donnera deux ou trois cents euros de plus à la fin du mois. Sa lutte sociale se réduit à lui seul et sa famille. C'est la fin de la Gauche. C'est l'ultra-libéralisme triomphant comme jamais la France ne l'avait encore connu. Et ce sera Marine Le Pen à l'Assemblée nationale alors que, menace toute marseillaise, Jean-Luc Mélenchon risque toujours d'y être absent. Peut-on imaginer l'opposition représentée par la grande gueule Marine Le Pen?

Reste six jours pour savoir ce qu'il restera au final de la France insoumise à l'Assemblée nationale. Et puis, après, il y aura les jours désastreux derrière les barricades pour les derniers insoumis et les idéalistes.

A la fin, ce sera la mort en direct. 

« Dans ce livre atroce, j'ai mis tout mon cœur, toute ma tendresse, toute ma religion, toute ma haine. »

Charles Baudelaire

Nous vivons un deuil national français. Celui de la perte de la démocratie remplacée par la toute-puissance de l'ordre néo-libéral.

 

 

Commentaires

Pour une fois, je vous rejoins! Mais la gauche française à tout fait pour et comme toujours il y arrive un moment où il faut payer le prix!

Pauvre France, qui va retrouver les plus sombres années de son histoire avec ce gouvernement vichyste et son petit roitelet qui va se vendre à merkel pour maintenir leurs illusions communes d'une UE qui n'a pas vu la guerre depuis 70 ans à force de compromissions et qui va y arriver de toute manière.

Ingouvernable ce pays avec plus de la moitié de votants qui a perdu le courage de se battre démocratiquement, il faudra passer par d'autres armes à un moment ou un autre....comme l'avait déjà dit Churchill en son temps!

Écrit par : Corélande | 12/06/2017

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