23/06/2017

Fin de l'érotico-show

 

Depuis le temps

que je me dis

que je revivrai un jour

avec une fille.

 

Depuis le temps

que j'avais la géniale intuition

que tu étais entrée dans ma vie

pour me redonner vie.

 

Depuis le temps

que les poètes sont fous

d'aimer les filles de joie

en les entraînant dans leur jeu.

 

Depuis le temps

que je craignais ce jour

où tu me mettrais à la porte

et que ton studio serait occupé

par un squatteur de passage.

 

Depuis le temps

que mes larmes

finissent par couler

devant un verre de Leffe

et qu'une serveuse de bar

comprend ma mortelle douleur.

 

Depuis le temps

que les filles savent

que l'on ne fait pas de bébés

dans les choux de Bruxelles.

 

Depuis le temps

que les cigognes ne passent plus

par chez moi

et qu'elles ne s'arrêtent plus

sur le toit de ma cheminée.

 

Depuis le temps

que l'on se dit je t'aime

et que les anges nous habitent

tandis que les démons nous détruisent.

 

Depuis le temps

que le soleil brille dehors

mais que les bords du lac

ne voient jamais les signes réels

de notre amour.

 

Depuis le temps

que tu te terres

dans ta chambre rose

comme une marmotte du Mont-Rose.

 

Depuis tout ce temps,

je n'ai pas su faire de nous

autre chose de plus formidable

que cet amour pitoyable de salon.

 

Depuis si longtemps

¨que tu es formidable

dans ta façon de m'aimer

et moi fort minable

dans mes attentes éperdues.

 

La fin du show.

J'ai payé mon ticket d'entrée

à ton spectacle

qui réchauffait mon corps.

Je n'ai pas su ramener l'amour

dans la vraie vie.

 

Depuis le temps

que je construis

ma déroute tout seul

et que je porte mes films de cul

dans mon coeur.

 

Depuis le temps

qu'ils pourraient à leur tour

en faire un film

un jour ou l'autre

et que le temps nous donnera raison

de nous avoir aimé

au milieu de la zone interdite.

 

"Just"

avec Sara

la fille de joie

la plus formidable du monde

et  Mickey l'acteur porno amoureux

le plus minable du monde.

 

Survivre à la haine

c'est souvent possible.

Survivre sans amour

c'est impossible.

 

Si un jour,

tu as encore ce ticket rose de cinéma

pour me faire oublier la fin minable

de ton dernier mot jaillit

de ta bouche d'amour

 "Occupé"

derrière ta porte close

et l'ombre du squatteur

qui va te baiser

je serai encore preneur.

 

Parce que le mot fin

n'existe pas pour notre film.

C'est notre baiser d'amour

que je t'écris pour la conclusion.

  

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