06/08/2017

Tombe sur une femme que tu aimes et laisse-la te tuer

 «Je ne sais pas si La haine pourrait avoir l’impact de 1995. A cette époque, il y avait très peu de canaux d’information. Mais si tu parvenais à attirer leur attention, l’effet était monstre. Aujourd’hui, tu as des bons films chaque semaine, personne n’a le temps de les voir. Et s’ils sont vus, personne n’a le temps de les intégrer et d’en faire des classiques. Sur le Net, on peut balancer n’importe quoi, on s’en fout car, deux minutes plus tard, tout le monde est passé à autre chose.»

Mathieu Kassovitz

http://www.24heures.ch/culture/mathieu-kassovitz-cinema-s...

Dans ce billet, j'ai envie de vous parler de cinéma engagé, ou plutôt énervé, pour parler comme Kassovitz.

Que faut-il faire comme art du cinéma aujourd'hui pour encore créer de la surprise, de la tension, de l'attention aussi, afin de bousculer le ronron d'un cinéma bien léché mais sans grand intérêt pour celles et ceux qui sont dans le combat social, l'envie d'en découdre avec les normes, les frontières, les conformismes, et l'ultra-capitalisme qui écrasent toute contestation underground voulant s'émanciper d'un système qui met à mal un art authentique qui prend des risques...et se casse la gueule à quasi chaque coup puisque rien n'est programmé pour que le grand public s'intéresse désormais aux oeuvres difficiles, exigeantes, étrangement belle et soulevant des questions d'ordre philosophique, moral, spirituel, voir métaphysique.

L'immense majorité du monde est fatigué de réfléchir aux enjeux de société et préfère la distraction facile et légère. Peu de gens portent encore leur regard sur l'art marginal et, quand ces personnes le font, elles gardent le silence et ne s'expriment pas. Vivons-nous dans un monde asphyxiant qui ne veut pas savoir autre chose que ce que le tapage médiatique nous propose? N'avons-nous plus la volonté d'assumer devant le monde entier nos choix de vie de peur d'être jugés, déconsidérés, rejetés, y compris et d'abord de sa propre famille?

En suivant ce blog, ami(e)s lecteurs et lectrices, vous savez que je prends toutes les libertés mais que j'assure aussi la protection des personnes qui sont embarquées dans mon aventure littéraire et picturale. Ce qui me condamne à rester dans l'ombre pour ne pas provoquer quelques catastrophes dont je ne saurais prévoir l'ampleur sur celles et ceux que j'aime, donc ma famille au sens large et les femmes qui ont compté, et celle qui compte aujourd'hui, dans ma vie.   

Dans un monde virtuel qui ne fait qu'amplifier les haines et les violences, les vulgarités et les trivialités, le cinéma d'auteur ou l'écriture engagée en live, et en proie directement avec la vie réelle, n'ont pas l'existence facile. Condamnés à une audience quasi intime, aux prises avec la censure permanente et le secret imposé par les circonstances, l'artiste se promène sur un fil du rasoir et accompli son travail fragile d'une beauté à part et unique.

Cet art existe, par ailleurs, indépendamment des grands circuits imposés et obligés afin d'assurer un succès économique à l'oeuvre, ce qui est bien entendu vital pour tout le monde. Nous ne nous sommes ni imposés ni engagés à bouffer de la vache enragée toute notre vie, nous les artistes. Mais hélas, certains artistes bouffent de la vache enragée toute leur vie parce qu'ils prennent tous les risques.

Pour ma part, ma ligne de conduite est exigeante. Priorité à la protection des gens que j'aime et qui alimentent mon travail d'artiste. L'art vient ensuite et pour la postérité. Si tout est oublié, si ce blog disparaît dans les oubliettes de l'art, ce qui est, hélas, sans doute l'option la plus probable, et que la Rédaction de 24 Heures n'a aucune intention d'en garder la trace dans ses archives pour en assurer la diffusion et en ressortir sa valeur unique dans le futur, je ne serai sans doute plus de ce monde pour m'en attrister. Et c'est tant mieux. Je ne suis pas non plus abonné à devoir souffrir plus que de raison en ce monde qui ne fait pas spécialement de cadeaux à ses artistes.

L'aspect confidentiel de ce blog ne signifie pas que sa valeur humaine et artistique est moindre. Ce sont juste les circonstances qui font que pour le moment il m'est impossible, non pour des raisons personnelles, de l'offrir au débat public. La personne que j'aime acceptant et approuvant mon blog mais ne voulant et ne pouvant pas assumer publiquement et devant sa famille son travail actuel.

Engagé signifie donc aussi que des personnes réelles acceptent un certain risque contrôlé, et participent au cinéma ou à la littérature engagée. La fiction, la créativité, ne sont alors que des supports à l'existence réelle de vies qui vivent en marge des normes et de la moyenne admise par les bourgeois et les tenants de la morale officielle.

Engagés, mon art et ma vie le sont. Je ne suis pas intéressé par le roman et la fiction pure ou les poésies léchées et bien construites mais qui ne touchent pas le fond de l'âme. Je ne suis qu'intéressé par ce qui me touche au plus profond et qui atteint mes sentiments d'être humain.

Merci de comprendre cette prise de position imposée par un choix de vie et d'écriture qui me met douloureusement dans la situation de l'homme qui ne sortira jamais en pleins projecteurs afin d'éviter des ennuis aux personnes que  j'aime et dont je ne veux surtout pas perdre l'amour et l'amitié qui nous relient.

Je refuse donc d'en arriver à cette chanson juste parce que mon succès personnel d'artiste et de poète serait plus important que mon amour pour celle que j'aime et protège avec sensibilité et responsabilité... C'est le contraire qui est vrai et bien réel. On dénonce souvent les ego surdimensionnés des artistes. Pour une fois, l'ego de l'artiste s'efface devant l'exigence morale de la vie des personnes que l'on aime le plus au monde.

 

Notre amour est un secret bien gardé

Comme la mésange

qui fait son nid

tu voles de brindilles en brindilles

en faisant scintiller tes yeux

dans mes yeux.

Et moi, comme le rossignol

qui chante Carmen dans DIVA

je sais bien que tu es devenue

si importante à mes yeux

que je ne peux plus faire

machine arrière

pour empêcher mon coeur

d'être pénétré entièrement par toi.

 

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Est-ce qu'un poète rossignol

à l'âge un peu avancé

peut faire ménage commun

avec une prêtresse mésange

jeune et pleine de gaieté?

 

Prends garde à toi

car si je t'aime

ton vieux Monsieur

et toi ma jeune demoiselle

peuvent-ils ensemble briser

la barrière limite du temps?

 

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Prends garde à moi

car si tu m'aimes

beaucoup de messieurs polissons

ne pourront s'empêcher

de tourner autour

de ton joli corps

bourgeonnant de sensualité

et d'érotisme naturel.

 

A nous deux,

cet opéra de Carmen

est notre hymne à l'amour

et un défi au temps.

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A toi, Sara,

pour ce week-end d'anniversaire

à jamais graver dans mon coeur

 

Studio 11

 

Mes doigts paralytiques

ne peuvent vous peindre

avec un pinceau,

chère Lady Sunday.

Alors mon ordinateur

joue un peu l'artiste pour le peintre

qui n'a pas reçu le don à sa naissance

dans l'attente de nos instants trempés

sur la toile par nos caresses passionnées.

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Je crée des pixels

sur la Toile de l'Univers,

des pixels d'elle

qui me tue de son regard,

des pixels d'elle

qui se diffusent partout

sur la toile de mon corps,

des pixels qui deviennent réels

à chaque fois que toi et moi

on se retrouve

dans ton studio 11

au centre de ton petit coin charmant

qui invite les hommes

à voler en apesanteur

sur ta lune

pour un petit moment gourmand.

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Si tu crois que Studio 11

est une mission impossible

vouée à l'échec

et au retour catastrophe

sur la Terre

tu t'es trompée grave de fusée.

Parce que la nôtre

nous envoie à jamais dans les galaxies

à la recherche de l'Amour parfait;

parce que la nôtre

n'est pas de ce baratin

de bas étage bâclé en 10 minutes,

des coïts de basse-cour

où les poules se font prendre

par les renards

et les vaches sautées

par des taureaux en chaleur

ni vus ni connus

les artistes repartent la queue

entre les jambes

après leur partie de jambes en l'air.

Et basta.

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Ton regard qui tue

ne peut pas être offert aux assassins.

Ton regard qui fait des étincelles

ne peut pas être réservé

aux tueurs d'étoiles.

Ton regard appartient à l'Amour,

à celui dessiné dans le Ciel,

à celui qui a inventé l'Amour

avec tes courbes de rêve,

à celui qui dessine

des pixels sur la Toile

pour réinventer la magie

des sentiments

au milieu des bordels.

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Si il y a une base de contrôle

quelque part du côté de Houston,

ou ailleurs plus près de chez nous,

qui décide un jour

de raconter notre histoire

aux peuples de la Terre,

ces gens tireurs de ficelles

qui décident des goûts et des couleurs

d'autres gens tellement obsédés

par les relais médiatiques

avant de déclarer

leur flamme ou leur détestation

des artistes qui ont atteint la cote

de respectabilité et de visibilité,

j'espère alors que ce sera avant notre mort,

j'espère que ce sera avant la fin

de notre histoire d'amour,

j'espère surtout que sur la Terre,

il y aura une place pour toi et moi

et non de la haine, du rejet,

de la violence, et de la vulgarité.

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Je crée des pixels

sur la Toile,

des pixels d'elle

qui me tue du regard,

des pixels d'elle

qui se diffusent partout

sur la toile de mon corps,

des pixels qui deviennent réels

à chaque fois que toi et moi

on se retrouve

dans ton studio 11

au centre de ton petit coin charmant

qui invite les hommes

à voler en apesanteur

sur ta lune

pour un petit moment gourmand.

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Ton regard me tue

mais il me donne la vie.

Ton regard me tue

mais il me donne l'énergie

d'inventer notre histoire

et d'en faire un conte universel.

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Ton regard me tue

mais si ton regard me quitte

c'est la mort qui m'attend.

Alors tu sais que ton artiste

existe en réalité

pour nous faire exister

aux yeux du monde

et tant pis

si nous sommes incompris

par les assassins

et les visiteurs de basse-cours.

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