09/08/2017

Gastrosuisse, les pleureuses et les forçats de la cuisine

Gastrosuisse a lancé son cri d'alarme et de guerre après l'adoption du salaire horaire minimal de fr.20.--, petite révolution en terre neuchâteloise qui fait le buzz en France.

Mais que fait-on aujourd'hui avec un salaire brut de fr.20.--, qui est en réalité de fr.22.80.-- en tenant compte des 5 semaines de vacances et du 13ème salaire en vigueur dans la CCNT de la restauration et qui pourrait bien être dénoncée durant ces prochains mois par le patronat si une majorité de patrons trouvent que l'effort demandé par la loi les met trop sous la pression et met en danger les acquis de la CCNT?

On ne fait plus grand chose dans la vie avec un tel salaire. C'est un fait.

Soyons sérieux. Pour les petits patrons des petits restaurants dans les quartiers populaires ou campagnard, il est clair que l'effort demandé peut être très exigent car les heures creuses sont nombreuses et la clientèle de plus en plus rare. Mais n'oublions pas que dans ces petits restaurants, ce sont d'abord des patrons qui gèrent leur établissement en famille généralement. Donc, des patrons qui savent mettre la main à la pâte et qui ne rechignent pas devant la masse de travail qu'ils s'imposent pour garder l'indépendance et la joie (?) d'être patron.

Mais pour tous les autres? Ceux qui font le plein midi et soir et durant la journée aussi? 22.80fr. c'est le prix d'un seul spaghetti carbonara ou d'une pizza quatre saison qui ont chacun un prix de revient entre fr.3.-- et fr.--4.-- suivant la qualité des produits et la quantité servie.

Des restaurants qui font certains jours jusqu'à 400 couverts voir plus avec peu de personnel, il en existe. Et le personnel n'est pas forcément mieux payé. Un cuisinier diplômé travaille actuellement en été pour fr.25.-- de l'heure brut, 13ème salaire et vacances comprises sur les terrasses du bord de lac de Neuchâtel. Ce sont eux qui peuvent les premiers se dire qu'il est temps de faire autre chose de sa vie que de perdre ses soirées et ses week-ends dans le job abandonnant toute vie sociale contre aucun avantage (rappelons que dans la branche, personne n'a droit aux compensations salariales du travail en soirée, du week-end et des jours fériés. Avec tous les week-ends qu'un cuisinier se tape, 3 par mois, voir 4, généralement, il peut déjà dire qu'il a perdu entre fr.500.-- et fr.700.-- de salaire par rapport à un salarié qui gagne le même salaire dans une autre branche (horlogerie par exemple) et qui bosse régulièrement les week-ends. De cette façon calculée, un cuisinier diplômé gagne moins que n'importe quel ouvrier ou ouvrière non qualifiée dans un secteur autre que la restauration...

On ne parle même pas de la politique assez détestable de certains patrons qui paient au salaire minimum le personnel de service en leur disant qu'ils et elles ont les bonnes mains de la clientèle et que celles-ci se situent souvent autour des fr.800.-- à fr.1000.-- par mois (non déclarée au fisc la plupart du temps). Cela au détriment du personnel de cuisine, de buffet, et de la plonge qui n'ont absolument rien sur la part gracieuse laissée par la clientèle. En définitive, et c'est grave, la bonne main est une subvention à ces patrons qui jouent du gain réalisé par le service pour fixer le salaire et du même coup faire des cuisiniers, entre autres, les cocus de l'affaire.

Désolé Gastrosuisse. Je suis depuis 30 ans dans la branche. J'ai un diplôme d'Ecole Hôtelière, j'ai été patron, certes failli, mais je n'ai jamais fait payer à mon personnel mes déboires de patron. Je suis cuisinier, certes pas dans la haute gastronomie mais dans une pizzeria qui tourne à plein régime, et je sais les bénéfices réalisés par ce type d'entreprise.

Du travail, j'en ai plein l'assiette mais mon assise financière est toujours aussi fragile. Alors, non, vraiment, vous ne pouvez pas jouer les pleureuses comme cela car les cuisiniers, et ce sont encore eux qui vont payer le tarif de cette histoire de fr.20.-- de l'heure minimum avec la stagnation prolongée de leur salaire à eux, ne pleurent pas mais serrent les dents pour réussir à chaque fois le défi d'un gros et long service réussi (parfois jusqu'à 5 heures en soirée non-stop et dans le stress permanent de 18.00H à 23.00H).

Si demain, il n'y a plus de cuisiniers dans les cuisines, vous saurez très bien pourquoi. Il est impossible de tenir dans un métier qui a si peu d'attention envers celles et ceux qui ont choisi une des professions les plus ingrates au monde. On oublie les 50 degrés de chaleur dans la cuisine en plein été... Dans les autres métiers, tout le monde arrête de travailler à une température pareille...

 

O Cul Pi Wall Street

 
animation: source wikipédia
 
Je suis la lettre pi
le nombre irrationnel
sans lequel il n'y a pas de cercle
qui se dessine
entre toi et moi
 
Tu es la lettre phi
de ma vie
le nombre d'or
qui a inventé l'amour.
 
Si si.
Da da
Je suis ton pi.
Si si.
Da da.
Tu es mon phi.
Si si.
Da da
Tu es occupée.
Si si.
Da da.
tu m'as libéré.
Si si.
Da da.
Tu as pris mon corps.
Si si.
Da da.
Tu as libéré ma joie.
Si si.
Da da.
Tu es mon Débarquement de Romancie
mon jour J
ma vie, ma mort.
Si si.
Tu m'as rendu l'Amour à la folie
l'extase à la lettre J
l'extase et la petite mort.
 
Je suis la lettre pi
le nombre irrationnel
sans lequel il n'y a pas de cercle
qui se dessine
entre toi et moi
 
Tu es la lettre phi
de ma vie
le nombre d'or
qui a inventé l'amour.
 
Comment dit-on déjà en Roumain
"Je suis occupé?"
Da Da. Oui oui.
On dit comme ça:
mi pare rău sunt ocupată"
Et moi je suis devenu
complètement dada de toi.
Et moi je suis devenu
cu totul de tine
cu totul de tine
Îmi pare rău sunt ocupată de tine.
 
 

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Îmi pare rău sunt ocupa