19/08/2017

Si Pascal Bruckner trouvait cet endroit...

 

"Jésus s'est trompé. Au lieu de monter sur une croix, ensanglanté, il aurait dû s'allonger sur un lit, devenir une fille publique..."

Pascal Bruckner, le Sexe doit être sacré, Grasset 2005

Le philosophe a une approche de l'amour qui me réjouit. Avec lui, nous voilà embarqués dans la dimension spirituelle, quasi mystique et religieuse, de la sexualité.

Jésus en fille publique? Il y était presque en côtoyant les femmes qui offraient leurs corps contre un peu d'argent et en scandalisant la religion juive d'alors en ne condamnant pas explicitement l'acte de fornication hors mariage mais en demandant aux religieux de lui jeter la première pierre s'ils n'avaient jamais péché, sous-entendu commis l'acte de chair avec une fille hors mariage, voir une prostituée...

J'adhère pleinement au fait que le sexe devrait être de l'ordre du sacré pour être pleinement jouissif et extatique. Je dirais même que pratiquer le sexe sans le couple c'est comme deux personnes qui pratiquent la mutilation d'une part de leur être pour satisfaire exclusivement le côté animal de la relation sexuelle. Baiser pour baiser ne conduit pas au nirvana. Baiser pour baiser conduit simplement à une auto-satisfaction de soi sans l'Autre et sans plénitude amoureuse. Donc à une sorte d'avortement de la séduction amoureuse au bénéfice d'une excitation passagère totalement vidée de sa dimension spirituelle. La chair est l'instrument de l'amour physique mais l'instrument de l'amour n'est pas la chair. C'est le coeur et l'esprit qui forgent les dimensions de l'amour et lui donne son feu intérieur et entier.

Si une fille publique avait les traits du visage de Jésus, elle serait celle qui sauve l'Humanité de ses délires de destruction. Et cette fille publique existe dans le coeur d'un poète. Elle donne toute la dimension du poète attelé à son art romantique et spirituel en étant amoureux de cette fille publique.

Le couple ne peut survivre dans cet enfer quotidien qui pousse à la haine, à la ségrégation, à l'exclusion que s'il retrouve la dimension spirituelle de l'acte de chair et non dans cette complaisance et cette jouissance d'une consommation effrénée de sensations pseudo-érotiques qui n'aboutit au final qu'à une excitation purement pornographique des corps en laissant de côté le coeur et l'esprit qui sont essentiels à l'épanouissement du couple.

La fille publique dont parle ce poète devient donc cette magnifique prêtresse de l'amour qui, loin de la condamnation et de la culpabilité, est capable de rendre à l'amour son côté sacré et universel. Jésus aurait du faire un stage dans les bordels et Muhammed lâcher son harem de femmes soumises, les rendre à leur liberté féminine, et rencontrer une femme libre et publique pour trouver la dimension de l'amour sacré en ne crachant plus le diable et la mort sur les infidèles...mais en cherchant la beauté cachée d'une femme publique bien plus belle que laide dans sa façon de vivre et d'aimer l'Humanité. L'Amour y aurait gagné en intensité et la quête moderne de l'amour en islam plus aisée.

A la fin, les religions monothéistes ne seraient jamais devenues barbares et inhumaines mais source de vie et d'élévation vers des sommets jamais atteints...

On peut toujours essayer dans une nouvelle dimension spirituelle du cosmos et de l'amour. Si l'Humanité veut bien se prendre la peine de lire de nouvelles choses sacrées...à la littérature de l'amour.

http://www.psychologies.com/Couple/Sexualite/Desir/Articl...

 

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