20/08/2017

Rendre aux humains l'état de poésie

"Si tu veux libérer Dieu de ses chaînes, si tu veux éviter les déchaînements de haine et d'ignorance des religions dites sacrées, retourne à ton état de poésie. Tu seras alors en vérité face à ton dieu, à celui qui agit à l'intérieur de ton être, à celui que tu pries, à celui à qui tu confies tes peines et ta volonté de t'améliorer en amour et en tout".

Les religions, entre autre l'islam, accusent bien souvent la poésie de sorcellerie ou d'émanation de Satan. Sa liberté, sa licence, son érotisme, sa beauté provoquent le courroux des maîtres à penser religieux, des gourous gardien du temple retenant Dieu prisonnier dans un temple, ou une mosquée, dont Dieu ne pourrait s'échapper qu'au prix d'une association avec Satan. En dehors de la religion, point de salut, tout serait erreur, mauvais jugements, égarements, subversions et abominations.

La religion, en premier celle qui se déclare la religion des religions, l'islam, serait en tout supérieure et démontrerait le chemin juste, la Loi de la justice divine, le déroulement parfait d'un bon croyant s'il veut sauver son âme.

Hors réduire Dieu à l'état d'un tyran est sans doute le choix le pire que l'être humain puisse faire au cours de son existence. Car alors, il y a de fortes chances qu'il, cet humain, agisse par mimétisme et reproduise son modèle d'adoration et devienne lui-même tyran, cruel, haineux, vengeur, courroucé, omnipotent, omniscient, et dominateur...cherchant à manipuler et à soumettre, cherchant à réduire l'autre en esclavage prenant la place du maître se référant à la loi divine pour asseoir son autorité et sa toute-puissance...

Rendre la liberté à son dieu intérieur, c'est lui rendre son état de poésie, de licence, et de subversion qui permet l'élévation de l'âme et de l'esprit, la bonté même dans les moments d'extrême douleur et de crise intime, la capacité d'empathie envers celles et ceux qui ont commis le Mal, la profondeur des sentiments en toutes situations, la noblesse du coeur chassant l'appel à la haine et la vengeance.

Si l'islam perdure dans sa supériorité censée être pour l'éternité une supériorité naturelle due au statut d'Allah et du Coran, l'islam perdra la guerre qu'il mène à l'Occident. L'islam doit retrouver l'état de poésie de ses grands poètes et artistes s'il ne veut pas disparaître des consciences humaines.

Ce n'est ni en assassinant ni en prêchant la pureté, le fascisme religieux, ni en prônant la haine des infidèles que l'islam vaincra et se libérera de ses chaînes. C'est en redonnant à l'état de poésie sa force de noblesse et de libération de l'Humanité que l'islam peut se sauver de la perdition et de sa propre disparition. Choisir la noblesse et l'ouverture d'esprit; rompre avec les dogmes les plus obtus et ridicules du Livre; retrouver sa force et sa liberté de conscience, son indépendance individuelle, sa source de licence et libérer la spiritualité musulmane en lui restituant, par la poésie, sa part sacrée et universelle, son désir infini d'amour et de richesse humaine.

C'est ainsi que le monde musulman devrait évoluer s'il veut se sauver du nihilisme et du cercle vicieux satanique dans lequel il s'est laissé entraîner par cette soif de supériorité et de toute-puissance qui l'entrave en enchaînant Allah à Satan.

 

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