31/08/2017

Pourquoi la politique a plus besoin d'artistes que d'idéologues

 

L'idéologie, c'est la mort plus que la vie. L'art, c'est plus la vie que la mort.

 

Dans cette sentence, il y a toute la priorité de l'art sur l'idéologie. Certes, nous avons besoin de concepts, d'idées phares qui servent de direction à la politique pour éviter qu'elle ne zigzague de droite à gauche et de gauche à droite. Comme disait le regretté Jean-Pascal Delamuraz, je suis la ligne d'horizon et je suis capitaine de mon navire...

Mais non, nous n'avons pas besoin de dogmes définitifs, comme ceux du néolibéralisme, qui étouffent toutes respirations, offrent des pouvoirs démentiels à quelques individus sur la Terre permettant un retour aux despotes, aux impérialismes de quelques familles aux sommets des états du monde et qui font la totalité de la scène médiatique mondiale en écrasant de leurs présences tout le souffle littéraire et artistique qui tente de sauver les bases mêmes de la démocratie.

Oui, et il faut le dire ici parce que des Jean Ziegler et des Jean-Luc Mélenchon refusent de le dire, Hugo Chavez et Nicolas Maduro n'ont de loin pas fait tout juste dans la révolution bolivarienne et au lieu de critiquer l'impérialisme américain de façon outrancière (Satan, cause de tous les maux de la Terre), ils pouvaient, ils devaient mettre en place un système qui permettait l'innovation coopérative au lieu de se reposer sur la manne pétrolière nationalisée qui aurait du servir à ce grand projet, à ce programme d'humanité vitale pour l'avenir de la planète.

Oui, la révolution doit être d'essence et d'ordre démocratique et consciente dans les esprits pour réussir et entraîner le monde entier dans une vision de la vie beaucoup moins cynique et individuel afin de préférer le grand romantisme et les valeurs poétiques de la vie.

L'idéologie n'a mené les hommes qu'aux pires conflits armés alors que l'art a toujours émancipé et libéré les femmes et les hommes. Il ne faudrait pas perpétuellement se tromper et confier les destinées de notre monde aux dictateurs, aux prédicateurs de haine et de violence, aux salauds qui enferment la liberté et les artistes dans des prisons où les font fusiller au nom de leurs prétendues déviances artistiques.

Je suis un artiste rebelle, pas un idéologue. Mais j'écoute les lignes directrices créées pour changer le monde. Jamais je ne succomberai à la violence et à la haine de celles et ceux qui pensent autrement et imaginent l'individu prioritaire sur le collectif. J'ai appris à privilégier le collectif à l'ère du terrorisme où l'individu devient cet être nihiliste qui se permet n'importe quoi et joue avec le feu. Kim use de son individualité pour embrigader les Nord Coréens et le monde entier dans sa folie. Les terroristes islamistes font de même. Et Donald ou Vladimir aussi. Culte de la personnalité créé de toute pièce du plus naïf djihadiste au président le plus puissant du monde. 

Nous devons faire la part des choses. Oui, l'individu est essentiel pour avoir son espace de créativité et de développement. Mais sans le collectif, l'individu ne peut pas former une équipe gagnante, une dream team de rêve, entraîné un pays vers la révolution et la démocratie réelle. L'individu ne peut rien sans les autres et s'il veut tout sans les autres alors c'est le drame absolu, il ne peut que devenir dictateur, despotes, et animal meurtrier pour ses soeurs et ses frères humains.

L'art est source d'imaginaire pour un vivre ensemble, pour une ouverture sur le futur de l'Humanité.

Personnellement, j'ai mille fois plus besoin d'artistes que d'idéologues et j'espère qu'il en va de même pour vous, chères lectrices, chers lecteurs.

C'est signé Carmen, un homme qui en vaut un autre, une femme qui en vaut une autre.

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