01/09/2017

Patrons heureux, employés malheureux?

Les ordonnances du Docteur Président Macron sont-elles définitivement une pilule amère pour le monde du travail...et un risque de révolution violente dans la rue?

La France s'engage sur une pente sado-maso qui inquiète sérieusement tout observateur et partisan d'un équilibre démocratique au sein de l'entreprise.

Donner tous les pouvoirs aux patrons, c'est leur donner aussi un pouvoir absolu sur leurs employés. Casser les relais syndicaux en même temps que le code du travail sans entrer dans une réflexion profonde sur le sens du travail et de l'entreprise, la répartition plus juste des bénéfices c'est créer une sacrée pagaille et distiller la peur au sein des employés de plus en plus en état de faiblesse et de concurrence déloyale au sein d'une entreprise.

En Suisse, nous avons beau jeu de critiquer Mélenchon et les Insoumis. Nous avons des conventions par branche qui tiennent encore la route et protègent plus ou moins bien les employés contre les abus patronaux en tous genres.

Mais que veut la France de Macron? La jungle totale? L'arbitraire et la pression permanente sur les salaires puisque même, aux dernières nouvelles, les ordonnances prévoient aussi une restriction de l'accord de branche au profit d'une plus grande souplesse de décision dans les petites entreprises, ce qui signifie, forcément, que cela se fera au détriment des employés puisque tout ce qui peut être en leur faveur existe déjà. Aucune loi, aucune convention collective n'empêche un patron d'augmenter un salarié, de lui accorder une prime à bien plaire, ou de lui donner quelques heures de libre en plus avec le même salaire. On peut déjà travailler 20 heures par semaine pour un salaire à 100% si le patron en a les moyens et qu'il le décide ainsi...

Donc, toutes les mesures que va prendre le gouvernement seront à l'avantage du patron et du possible plein emploi pour la France avec un objectif précis: diminuer drastiquement le chômage et rendre à l'économie française son attractivité perdue. Mais si c'est pour faire des employés malheureux, stressés, très mal payés, maltraités par les patrons, alors à quoi servira cette réforme?

J'ai de très grands doutes sur la volonté des patrons à devenir de meilleures patrons quand ils demandent de nouveaux avantages pour eux...et rien pour leurs employés.

Est-ce que le monde peut continuer sur ce modèle néolibéral? J'en doute très sincèrement et les risques de révolution deviennent élevés par la faute d'un patronat arrogant, sûr de son bon droit et de sa supériorité.

Au fait, Monsieur Pierre Gattaz, je vous souhaite une très bonne retraite active dans votre château du Lubéron.

 

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