11/09/2017

11 septembre

Kim n'a pas bougé d'un missile et Donald n'est pas tombé de la brocante au saut du lit. Ma vieille tocante tourne toujours.

Kim n'a pas voulu faire sa fête à l'Amérique sur les pas de Ben Laden. Et Donald n'a pas atomisé son dictateur ennemi préféré. Les deux terroristes d'Etat restent, pour le moment, tranquille.

Il y a des jours comme ça où on se demande ce qu'on fait le 11 septembre de chaque année. Un vol en avion? Assez flippant ce jour-là pour celles et ceux qui se souviennent encore. Tenir sa place au travail, c'est lundi cette année, et ne pas penser que le 11 du 9 ou le 9 11 est un jour particulier. Mais si on y réfléchit bien, chaque jour de l'année pourrait être un jour particulier, pour un événement majeur bénéfique ou catastrophique à l'Humanité.

Par ma part, c'était juste un jour de travail et un rendez-vous au Tribunal afin de protester contre une relance de poursuites fiscales des années fatales où je me suis aventuré un peu loin dans le glauque avec mon ex-épouse pour tenter d'échapper à la catastrophe fiscale. J'avais juste besoin de dire ma vérité à deux êtres humains, la juge et le greffier, qui ont écouté avec attention la parole d'un homme bafoué dans sa vie par un Etat qui envoie froidement sa douloureuse sans prendre le temps de vraiment comprendre une situation familiale.

Je crois que ces deux personnes ont écouté avec humanité mon 11 septembre de cette année avant de confirmer, par la force de la loi, la continuation des poursuites fiscales cantonales bernoises et fédérales des années catastrophes d'alors. C'était une protestation juste pour la forme histoire que l'on reste des êtres humains même quand on ne sait plus comment faire pour sauver sa propre famille de la dèche.

Je ne suis ni Ben Laden, ni Donald, ni Kim. Juste un type irradié par la catastrophe personnelle tombée sur son couple d'alors. Cela dure depuis bientôt 25 ans. Mais comme je l'ai dit à Madame la Juge, ma résilience dure depuis un quart de siècle aussi. Alors, j'ai assez l'habitude de supporter un cas comme moi. Et avec sourire, j'ai signé pour retirer mon opposition à cette dette. Cela m'a évité quelques centaines de francs de frais supplémentaires. Et cela m'a surtout permis de parler à des êtres humains qui n'avaient aucune solution satisfaisante à me proposer mais suffisamment de compassion pour comprendre que ce type était sans doute un survivant de l'abandon social, un espèce d'homme sauvage et un indépendant farouche dans sa vie de tous les jours.

 

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