17/09/2017

Aux deux sinistres Rocket Man, j'envoie mes fusées de détresse...

Aux deux rocket Man

qui veulent ensanglanter

mon monde et celui

des poètes et des musiciens,

je leur réponds

par mes fusées

qui n'ont d'équivalent

que les mots baudelairiens,

que les grandioses saillies du poète

le plus lucide sur notre Civilisation

et notre Temps.

 

Je peux t'écrire,

à toi Donald, à toi Kim,

que si a stupid tweet

peut déclencher

le conflit nucléaire terminal

alors un poème

peut bien être le plus

puissant antidote à votre poison.

 

Et si le poète est ignoré

des mass médias

parce que les médias

c'est sensation d'abord

et mort plus tard pour tout le monde,

parce que les médias

c'est plus irresponsable

que l'enfant jouant avec des allumettes

dans une grange de foin,

et que si, au départ,

tout le monde rit

à la provocation de Donald,

à la fin Kim saura répondre

par la folie meurtrière

aux moqueries stupides

du maître du monde

défié par le petit homme

de Corée du Nord.

 

La bombe atomique

n'est pas un joke

ni un poke

envoyé à un ami

sur Facebook.

 

La bombe atomique

c'est l'arme des puissants

qui se la pètent Tout-Puissant,

Dieu sur Terre réglant

son sort à des millions de gens

d'une petite pression du pouce

sur un bouton rouge.

 

La bombe atomique,

ça ne fait pas du tout rire

les enfants de Charlie Chaplin.

Hitler ne faisait pas rire Charlot

mais Charlot savait faire rire

Hitler.

 

Donald n'est pas Charlot

et il ne fait pas rire Kim.

Il lui donne encore plus

de rage meurtrière

et la soif inextinguible

de se venger

de façon sanguinaire

et définitive.

Le sort de toute secte apocalyptique

est de mourir

quand celle-ci est poussée

dans ses derniers retranchements.

 

Alors, amies, amis,

lisons ces quelques lignes

ci-dessous,

et le lien que je vous donne

sur les fusées

du poète le plus lucide

et le plus présent au monde

même mort il y a 150 ans...

 

Fusées

Charles-Pierre Baudelaire
Baudelaire a dit qu'il laissait les pages de Fusées parce qu'il voulait dater sa colère et sa tristesse, sentiments que lui inspirait l'« avilissement des coeurs » de ses contemporains. La course effrénée vers Plutus, la vénération du progrès et la vaine célébration du matérialisme, le poète regardait tout cela dédaigneusement, comme autant de signes annonçant le crépuscule de la civilisation. Fusées est une oeuvre percutante, parfois crue, qui se distingue par sa dimension prophétique. (Patrick Dionne)
I

« Quand même Dieu n'existerait pas, la religion serait encore Sainte et Divine.

Dieu est le seul être qui, pour régner, n'ait même pas besoin d'exister.

Ce qui est créé par l'esprit est plus vivant que la matière.
L'amour, c'est le goût de la prostitution. Il n'est même pas de plaisir noble qui ne puisse être ramené à la prostitution.

Dans un spectacle, dans un bal, chacun jouit de tous. 

Qu'est-ce que l'art ? Prostitution.

Le plaisir d'être dans les foules est une expression mystérieuse de la jouissance de la multiplication du nombre.
Tout est nombre. Le nombre est dans tout. Le nombre est dans l'individu. L'ivresse est un nombre.

Le goût de la concentration productive doit remplacer, chez un homme mûr, le goût de la déperdition. 

L'amour peut dériver d'un sentiment généreux : le goût de la prostitution ; mais il est bientôt corrompu par le goût de la propriété. 
L'amour veut sortir de soi, se confondre avec sa victime, comme le vainqueur avec le vaincu, et cependant conserver des privilèges de conquérant.

Les voluptés de l'entreteneur tiennent à la fois de l’ange et du propriétaire. Charité et férocité. Elles sont même indépendantes du sexe, de la beauté et du genre animal.

Les ténèbres vertes dans les soirs humides de la belle saison. 

Profondeur immense de pensée dans les locutions vulgaires, trous creusés par des générations de fourmis. 

Anecdote du chasseur, relative à la liaison intime de la férocité et de l'amour.

 

II

Fusées.
De la féminéité de l'Eglise, comme raison de son omnipuissance. 
De la couleur violette (amour contenu, mystérieux, voilé, couleur de chanoinesse). 

Le prêtre est immense, parce qu'il fait croire à une foule de choses étonnantes.
Que l'Eglise veuille tout faire et tout être, c'est une loi de l'esprit humain.
Les peuples adorent l'autorité.
Les prêtres sont les serviteurs et les sectaires de l'imagination.
Le trône et l'autel, maxime révolutionnaire.

E. G. ou la séduisante Aventurière

Ivresse religieuse des grandes villes. – Panthéisme. Moi, c'est tous ; tous, c'est moi.
Tourbillon.

 

lire la suite ici:

http://agora.qc.ca/documents/baudelaire--fusees_par_charl...

 

Je fais mienne cette magnifique réflexion baudelairienne:

A chaque lettre de créancier, écrivez cinquante lignes sur un sujet extra-terrestre et vous serez sauvés.

 

J'AI LA PROSE EXTRA-TERRESTRE

ET LA RIME VISANT LE MONT DE VÉNUS.

L'AMOUR EST UN PETIT SAUT

DANS LA PROSTITUTION,

GRAND SOURIRE DANS UN PAS DE GÉANT.

(écrit sous influence baudelairienne)

 

 

Vital Breath

Tu es mon souffle vital,

la source originale

de ma créativité.

Tu ne peux échapper

à ce statut de muse.

Tu ne peux signer

pour un autre poète sioux

qui saura jouer de la ruse

pour déjouer tous les ripoux

qui cherchent ton sexe

mais pas l'amour. 

 

Sur ta piste,

perdu dans ta jungle intime,

celui qui sait lire

tous tes passages de fugitive

sur les brindilles d'herbe foulée,

à travers les branches écartées,

dans les cendres encore allumées

de ton corps pris par tous ces colons

qui ont trouvé ta géolocalisation

sur tes sites Internet 

afin de venir prendre position

pour une heure sur ta proposition

et te laisser trois billets bleus

sur ta poitrine remplie de blues;

celui qui sait suivre tous tes pas

aux traces que tu lui laisses

dans son coeur de paria,

c'est ton poète, ton ange,

qui ne cessera de déguster ton orange,

de t'ériger des poèmes épiques,

de te suivre vers nos horizons chimériques

qui attendent des jours moins incertains

déclenchant des lumières automnales

et l'incendie virginal,

ces feuilles des arbres disant adieu

à notre vie habillée de mélancolie

comme les feuilles du poète

illuminent les coeurs des gens

n'oubliant pas

que l'amour reste sans concession,

que l'amour reste une procession,

que l'amour reste une ascension,

que l'amour reste une passion,

et que sans le risque de la crucifixion

il n'y a jamais d'amour bénédiction.

 

Tu es mon souffle vital

et, au moment de cette ambiance automnale,

je ne peux oublier que deux ans

se sont presque écoulés

depuis que tu es entrée dans ma vie.

 

La situation n'a pas changé.

Les colons toujours te visitent.

Les colons toujours te font l'amour.

Les colons toujours font comme si.

Et moi toujours je fais comme ça.

 

Je t'écris des poèmes

et te passe de la bonne musique

pour mettre du baume

au coeur de notre amour

subissant tous les outrages

de ces étrangers volages

colonisant pour un quart d'heure,

pour une heure,

ton corps majesté.

 

Je suis ton poète,

ton ange,

ton amour.

 

Et si je peux écrire ça

c'est parce que c'est toi

qui me le dit à l'oreille

quand nous faisons l'amour

et qui me l'écrit après l'amour

sur ton smartphone

chargé de numéros étrangers.