22/09/2017

Manifeste du 23 septembre

Je décrète, avec la rue,

que ce jour 

sera une journée langue morte.

 

Comme le latin

et le saint empire romain germanique,

le néolibéralisme et ses idéologues

sont désormais une langue morte.

Les dogmes de leurs gourous,

les sermons de Pierre Gattaz

et de son servant de messe Macron

n'attirent plus les foules

à l'église.

 

Leur religion et leur dieu Mamon

ne font plus recette

auprès du peuple

qui fait objection de conscience.

 

L'église est dans la rue

et je suis devenu un hérétique.

L'église est dans la rue

et je n'ai plus la foi

en ce monde-là.

Ils ont détruit ma planète,

la banquise, nos glaciers, et nos îles paradisiaques.

ils ont détruit l'amour

et provoquer les fascismes et les haines orgiaques.

Ils ont détruit la confiance

et renverser les normes

pour protéger les riches

en entubant travailleuses et travailleurs.

Ils ont donné tout le pouvoir aux riches,

aux multinationales, aux grands patrons

et réduit à néant l'espoir des pauvres

et des petits patrons.

Ils ont dit des mots creux

qui ne font plus sens,

prononcé des formules

dignes du chaudron des sorcières,

lancé des incantations bancaires

pour rendre décadentes et précaires,

dangereuses et violentes,

nos sociétés modernes.

Ils ont écrit des livres diaboliques

prônant l'abandon des plus faibles

au profit des plus forts,

cassant tous les pays du monde en deux,

ceux qui parlent toujours en langue morte,

la langue des nantis et des grenouilles de bénitier,

la langue des pouvoirs économiques et occultes,

et ceux qui parlent la langue du peuple,

vivante comme celle des poètes cosmiques.

 

Leur langue est une langue morte

comme le latin et l'empire romain

sont aujourd'hui langue morte.

Leur langue appartient au passé,

à ce monde globalisé

qui voulait nous sodomiser et nous atomiser

en faisant place nette à leurs marchés,

leurs business qui puent l'opium du peuple

et assomment les pauvres, les relégués.

 

Je joue en première ligne poétique.

Et ma super ligue c'est le peuple.

Je ne me suis pas vendu au Capital.

Je fais et de ma vie et de ma poésie

une oeuvre capitale

qui fera date,

qui prendra pied sur la plage

de notre nouvel Eldorado.

 

Nous sommes la langue vivante,

celle qui vient, celle qui va,

celle qui marche,

celle qui gravit des montagnes,

celle qui a de l'imagination,

celle qui nous rendra fiers,

solidaires entre gens des peuples

de la planète Terre.

Nous ne sommes plus

de leur langue morte,

de celle qui divise

et soumet à leur église,

celle qui aboie comme un chien

et mord comme un requin,

celle qui annonce la bombe atomique

et la division multiethnique,

celle qui crée les Axes du Mal

en pensant Axe du Bien

contre Axe du Mal,

celle qui annonce les ventes d'armes

et la mort multiculturelle,

celle qui ravage toute la planète

et fuit ses responsabilités

devant le désastre,

celle qui a détruit nos banquises,

produit le réchauffement climatique,

développé les cyclones tropicaux,

anéanti et nos glaciers et nos îles paradisiaques.

 

Je ne serai pas à Paris

mais je manifeste.

Je ne serai pas avec vous

mais je manifeste.

Dans ma cuisine,

pour la fête des vendange,

je risque ma place

si je vous rejoins.

Parce qu'un patron peut tout.

Parce qu'un patron peut

justifier d'un abandon de poste

quand il vous condamne

à résidence dans son bistrot

pour nourrir la fête du peuple,

s'enrichir,

et embastiller ses travailleurs.

 

Ivres et heureux,

ils seront tous dans la rue.

Ma vie est de nourrir les bienheureux

et de manifester depuis ma cuisine

pour qu'arrivent des jours heureux

et non des jours comateux et calamiteux.

 

 

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