23/10/2017

De la nécessité d'admiration et d'être sous l'emprise de...

Henda Ayari a eu à faire à un grand manipulateur sadique et pervers en la personne de Tariq Ramadan.

Mais pourra-t-elle prouver devant les juges que ce dernier l'a violée?

Blessée, manipulée, outragée, violentée, choquée, trompée par un homme qu'elle admirait, tout cela elle l'a sans doute vécue dans sa chair et dans son intimité de femme.

Peut-on parler pourtant de viol quand une femme très récemment "libérée" du carcan salafiste consent à rejoindre un homme, son ex (?) gourou salafiste, dans sa chambre d'hôtel sur son invitation, qu'elle se pense donc toujours importante aux yeux de cet homme, un homme avec qui elle a entretenu des rapports religieux du type femme soumise à son gourou qui lui enseigne le "bon usage" de l'islam durant des années et qui soudain s'est transformée en femme "libérée" de la tutelle du voile et de la mouvance salafiste? 

Peut-on parler de viol quand une femme se laisse surprendre par cet homme qui se saisit d'elle et se met à l'embrasser avec fougue puis à exiger d'elle de pratiquer des choses qui l'a bouleversent intérieurement et qui la salissent mais dont elle ne fait pas l'effort mental et spirituel de rejeter catégoriquement parce que toujours sous l'emprise et le charme du gourou; parce que trop faible pour résister aux exigences perverses de l'homme?

Nous sommes clairement dans un rapport d'homme dominant et de femme soumise à son gourou, son "dieu", son prince adoré... Si viol il y a effectivement, il est d'ordre d'abord mental où l'homme domine très clairement l'esprit féminin, par le fait qu'une idéologie, une secte, enferme et annihile la personnalité et la volonté d'une femme au profit du gourou auquel elle soumet son intelligence et son indépendance, et finalement se livre à son désir sexuel de mâle sadique et pervers.

Quand Henda Ayari se rend dans la chambre de Tariq Ramadan, c'est une femme surprise et étonnée que leur rendez-vous n'ait pas lieu au bar mais qui pense qu'elle peut néanmoins être en totale confiance avec son ancien gourou pour avoir droit à une discussion d'égal à égale avec lui...avec sans doute ce petit piment supplémentaire et cette petite excitation interdite d'être invitée dans la chambre du gourou tant idéalisé... Le charme de l'homme n'a jamais fini d'opérer sur elle malgré sa nouvelle liberté de femme musulmane laïque et assumée comme telle.

Si Henda Ayari se serait trouvé devant un homme libre, un penseur, un magicien qui dévoile des sentiments profonds et sincères, au contraire des fables qu'il racontent à toutes ses maîtresses en jurant sur Allah qu'il va bientôt divorcer de sa femme pour favoriser les coïts avec elles; si Tariq Ramadan avait été cet homme, ce personnage placé au sommet du panthéon d'Henda Ayarai, gentil, doux, et attentionné, laissant le charme entre lui et elle s'opérer naturellement jusqu'à l'éventuel envie de tomber en extase amoureuse pour cette femme, Henda Ayari, Henda Ayari aurait peut-être été aux anges et elle n'aurait jamais parlé de viol mais plutôt d'un rapport amoureux. Mais voilà. Tariq Ramadan n'est pas un prince charmant. C'est un gourou dominant comme les autres avec toutes ses prérogatives de gourou qu'il s'octroie d'office sur son harem potentiel de femmes grâce à sa médiatisation et son aura de leader spirituel...

Tout va alors basculer très vite dans la glauque attitude du gourou. D'homme admiré par une femme, il va devenir une bête immonde se servant du corps, d'un objet féminin dont il a déjà tué le sujet par ses prêches et son endoctrinement, comme ultime moyen de soumission, comme plaisir sadique d'abuser d'elle en lui faisant subir tous les outrages chers au marquis de Sade. Et maintenant que cette femme s'est réveillée et révélée à elle-même en quittant son voile et le salafisme, il faut d'autant plus qu'elle paie son audace par un viol brutal qui souffre d'aucune discussion possible. Il faut la soumettre par le corps puisque l'esprit se rebelle et veut revendiquer sa liberté. Il faut l'humilier, la sodomiser de force et lui faire sentir la puissance mâle du gourou tout-puissant et tout-pissant afin qu'elle se souvienne que l'on ne peut pas quitter la confrérie comme ça juste par goût de la liberté et de l'indépendance. Il faut une saillie qui lui rappelle qu'elle est la femme soumise et lui l'homme dominant.  

A partir de là, le charme se rompt. Tariq Ramadan n'est plus l'homme spirituel adulé. Il devient un abuseur, un violeur, un salaud qui a trompé durant des années une femme de plus qui l'admirait et le plaçait tout en haut dans son estime de femme.

Suivant l'interprétation qu'en fera la justice, Tariq Ramadan pourra en ressortir blanchi d'une accusation de viol ou alors sali d'une condamnation pour contraintes sexuelles et viol. 

Nous sommes dans un temps de basculement où ce procès retentissant permettra de faire parler la planète entière sur les rapports de domination et de soumission entre hommes et femmes. Le couvercle sur les "affaires" ne devrait plus se refermer de sitôt et si à la fin c'est la liberté et l'égalité dans le couple qui l'emporte, alors ce sera vraiment mieux pour l'Humanité toute entière.