29/10/2017

Attention Monsieur Edwy Plenel, tous les fascismes tuent!

Un écran de fumée.

Le fort du fascisme c'est que, comme pour le tabac, il agit d'abord comme une bonne dose de relaxation et de défoulement. Dame Nicotine nous donne l'impression de réussir là où tout le reste ne peut rien faire: nous redonner un peu de contrôle sur soi, nous proposer une liberté...qui fait croire à la jouissance pleine et entière mais qui au final nous tue à petit feu.

Le fascisme, sous n'importe quelle forme qu'il existe, agit de même. Il donne à la bête humaine sa dimension de supériorité et de contrôle sur le monde, son plaisir sadique de traiter tout ce qui empêche la pleine expression d'un désir élitiste et totalitaire, soit la force de résistance d'en face qu'on finit par traiter de toutes les injures, de toutes les damnations, de toutes les excommunications et d'en faire un objet de persécution, de soumission, de réduction à un objet tout être humain qui semble voué à la perdition, à l'enfer. L'autre devient enfer et damnation alors que moi je me présente comme le bon dieu ou son représentant. Hitler était devenu le dieu des nazis; Staline, celui des Soviétiques; Mao. celui des Chinois; Pol Pot, celui des Cambodgiens; Kim Jong Un, celui des Coréens; Castro, celui des Cubains. La contestation interne au pays était (est encore pour la Corée du Nord) est impossible au risque de la déportation, de la torture, et de la mort du dissident. 

Le fascisme islamiste recourt exactement aux mêmes méthodes d'intimidation et de séduction, d'un côté une face d'apparence respectable qui semble redonner de la confiance et de l'autonomie à une minorité bafouée dans ses droits et humiliée par une partie de gens racistes et xénophobes (l'Allemagne d'Hitler avait été bafouée et humiliée par la France officielle à la sortie de la Première Guerre mondiale), de l'autre, une face obscure, nihiliste, destructrice qui agit comme un poison mortel en inculquant son devoir de supériorité de la race, de l'idéologie, de l'obligation de suivre le Guide suprême, celui qui nous promet la terre promise et la conquête sur tous les coeurs et tous les esprits en soumettant tous les pervers, soit tous les ennemis du Guide, aux pires dénonciations et turpitudes, aux procès expéditifs et instrumentalisés par une justice au service exclusif du maître, et demandant que la Bête se nourrissent de haine et de violence pour abattre, au nom des siens et de sa secte, le traître, l'immonde qui ne se plie pas aux lois bienfaitrices du Maître et Gourou.

Toutes les sectes du monde et leurs gourous agissent ainsi. Nous sommes les purs et les connaisseurs de la Vérité ultime. Tous les autres sont nos ennemis jurés. Hitler et ses SS avaient des comportements envers les femmes comparables au comportement supposé de Tariq Ramadan envers les dénonciatrices (les libératrices). Toutes traitées en objet dont il faut soumettre l'esprit et le corps à soi-même, ne lui laisser aucune échappatoire possible, aucun endroit ou exercer sa rébellion et profiter d'une faille permettant d'échapper à la toute-puissance masculine et son gourou au sommet de la pyramide.

Grâce aux libératrices, le salafisme et son gourou sont confondus et désormais confrontés à leur face obscure, nihiliste, obsessionnelle, fasciste qui veut imposer son modèle de dictature à la démocratie française. Il faut donc bien traiter en ennemi de la République la secte salafiste, ne pas lui donner l'espoir de prendre le pouvoir sur les corps et les âmes musulmanes, ne point lui donner d'espace et d'endroit médiatique qui lui permet cette conquête sataniste et donc de n'agir avec aucune complaisance avec ses gourous et maîtres de ce système vicieux et pervers. L'enfer c'est les autres disait Sartre. Oui, il est nécessaire de ne pas manger à la table du diable si le diable veut rester diable. Si nos rapports sont mauvais avec le salafisme et le wahhabisme, c'est qu'il s'agit d'une question de survie de nos démocraties et pas seulement d'une simple affaire de comportements humains entre nous et eux.

Il s'agit de détecter les miasmes du fascisme, de tous les fascismes qui voudraient s'imposer et triompher dans la haine, la violence et les guerres. Et ensuite, pour les médias, d'en rendre compte de façon implacable sans en rajouter mais sans renoncer à dire les choses qui font mal et qui nous empêchent d'avoir des rapports amicaux et normaux avec les tenants d'une idéologie fasciste. C'est comme cela que nous pouvons tenir en respect la bête fasciste qui sommeille en chacun de nous. Car quand tout semble s'abattre sur nos têtes, le recours à un gourou, à un sauveur, à un salaud, risque de nous enfermer à notre tour dans l'esclavage fasciste (en l'occurrence, celui du FN en France). La pratique sado-maso au nom de la liberté et de la pureté d'une idéologie est le pire des enfermements et provoque la chute de la vraie liberté, soit l'exercice du libre-arbitre dans une société démocratique. Sade, en voulant rendre libre l'individu, nous enferme dans la toute-puissance d'un seul individu qui tient le fouet de notre conduite en pratiquant les pires sévices avec un sadisme raffiné.

Frère Tariq est un gourou disciple du Marquis de Sade car il a pratiqué toute sa liberté d'homme pervers sur de pauvres naïves aveuglées par la face médiatique du maître fasciste et qui croyait au saint homme et son prestige, son aura, si proche d'Allah qu'il a fini par se confondre avec Lui... Chasser la femme, cet objet de désir, était un sport pour l'homme tout-puissant qu'il était devenu grâce aux médias, un djihad intime, pour se dépasser et rester le tout-puissant homme de son propre harem créé sur Terre grâce à Allah.

Monsieur Plenel, comment est-ce possible que vous-même soyez tombé dans le piège tendu par Monsieur Tariq Ramadan et que, plus grave encore pour vous et l'honneur de Médiapart, vous tardez d'intervenir personnellement sur l'affaire?

C'est aussi une question de survie, d'éthique humaniste, et de crédibilité pour vous et votre journal d'investigation si important dans le décor médiatique francophone.

Pour terminer ce billet, une petite musique, une petite odeur de flamenco électro sur un grand océan de liberté pour vous, chères et chers journalistes de la presse libre et indépendante du monde. La démocratie en vaut la chandelle...

 

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