31/10/2017

Madame la Docteur en psychologie

Il y a certains jours où l'évidence ne peut pas être une évidence parce que l'image qu'on se fait d'une personne n'est pas celle qui colle à une partie de sa réalité.

Nous ne connaissons jamais une personne à 100%. Même en couple, même complices et bien dans sa relation, il y a toujours une partie de l'autre qui nous échappe, une part secrète, très intime et non dévoilée. Un pan du passé ou de notre présent qui reste hermétique à toute communication verbale ou écrite où qui se dévoile alors un jour, par hasard ou sous l'impossibilité de faire autrement, pour x ou y raisons et parfois sous la prise de connaissance involontaire de l'autre.

Madame la Docteur en psychologie, vous faites bien de donner encore une chance au Docteur Tariq Ramadan, homme dont vous appréciez apparemment la compagnie. Pourtant vous vous aveuglez vous-même quand vous renoncez à prendre en considération le témoignage de ces femmes qui dénoncent, avec grand courage et risques évidents pour leur vie et celles de leurs propres enfants, le gourou. Parce que gourou il y a et que, en psychiatrie, il me semble que le premier réflexe à avoir est de se méfier comme la peste des paroles d'un gourou qui subjugue et rend dépendant de son discours des dizaines de milliers de fidèles qui sont prêts à prendre pour argent comptant tous les conseils, toutes les remarques, tous les sermons pour la vérité absolue sortant de sa bouche.

L'esprit critique est bafoué quand on se confronte à un personnage tel que Tariq Ramadan qui a comme unique référence le Coran et des haddiths tous centrés autour de la croyance fidèle d'un texte unique venant "d'Allah". L'esprit critique ne peut plus s'exercer hors du cadre de référence et c'est bien pratique pour tout gourou qui ne peut ainsi être déstabilisé par une philosophie autre qui met le texte en contradiction et soulève des interrogations pertinentes. Dans une secte, un mur s'érige entre eux les fidèles et nous les infidèles. Un mur certain et définitif parce que qui voudrait créer une brèche dans le mur se voit automatiquement rejeté soit comme infidèle au Livre soit comme intelligence ennemi qui veut détruire la religion islamique de l'extérieur. 

Tariq Ramadan est une personnalité qui peut très bien avoir développé un caractère haineux, méprisant, et violent envers certaines femmes vulnérables sans pour autant le montrer à d'autres femmes. Un violeur n'est jamais que violent physiquement et même verbalement qu'avec la ou les victimes qu'il agresse. Le reste du temps, il est "normal" sinon il serait sur le champ arrêté et mis en prison. Un lion, dans la nature, n'attaque sa proie que quand il a faim. Sinon, c'est un gros paresseux qui se prélasse au soleil donnant l'impression qu'on peut le caresser et ronronner avec lui sans risquer notre peau. C'est la caractéristique de tout prédateur. Il donne une image lisse de lui-même, un type sans problème, parfois même marié et désigné bien sous tous rapports par son entourage et sa propre épouse. Qui croit que tel ou tel s'est soudain attaqué à la petite fille ou au petit garçon du voisin ou à la copine d'un autre homme sans que la preuve ou le témoignage accablant le désigne comme bourreau?

Chez Tariq Ramadan, il y a des signes avant-coureur comme certains e-mails dont il a laissé la trace chez sa ou ses futures victimes. Il y a d'autres signes comme son langage tordu autour de la lapidation et de la circoncision. Et enfin, sa vie privée qui sent le soufre du grand séducteur alors qu'il défend publiquement la plus grande et rigide des vertus concernant les femmes et les hommes.

Alors je veux bien que Mr Tariq Ramadan se soit toujours bien comporté avec vous et que jamais vous n'ayez eu le moindre doute quand à sa probité intellectuelle et à son comportement. Mais sans doute n'êtes-vous jamais allé sur son invitation à la chambre de son hôtel. Car qui sait si vous n'y auriez pas rencontré un lion qui a faim de chair fraîche et le désir d'humilier une femme en lui faisant subir tous les sévices pour toutes les autres qu'il ne peut pas humilier en public? Mais vous n'étiez pas une femme salafiste sous son emprise. Vous étiez une intellectuelle libre. Il ne vous aurait jamais invité à sa chambre sauf en amoureuse et en amoureux consentant pour une nuit d'amour libre de toute contrainte religieuse...

http://www.huffpostmaghreb.com/fanny-bauermotti/tariq-ram...

 

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