06/11/2017

Les médias sont élitistes, voir sectaires. Que faire?

Les réseaux sociaux débitent des âneries via Twitter ou Facebook mais sans les réseaux sociaux la parole ne se serait jamais libérée.

Les réseaux sociaux charrient leur lot de boue, d'injures, de jugements à l'emporte-pièce, de xénophobie, de sexisme, d'homophobie, de racisme, de délit de sale gueule, et de toutes sortes d'aberrations intellectuelles dans un monde où un commentaire perspicace du à l'éducation, la formation, l'instruction compte beaucoup moins que l'idiot qui fera une grosse blague pas drôle du tout sur une fille qui a une bouche un peu tordue ou un visage disgracieux. L'état primitif, à chaque fois renouvelé, de l'être humain est désespérant.

Mais que dire des grands médias qui ouvrent la porte toute grande à des gens pas très clairs dans leurs intentions et la ferment à d'autres qui tentent de donner un témoignage vivant et poétique sur leur façon de regarder le monde avec des yeux différents de la norme admise et surtout différents d'un enfermement dans une idéologie quelconque?

Les médias portent une part de responsabilité dans la place accordée à Tariq Ramadan depuis 20 ans au moins. Ils n'ont jamais voulu ouvrir les yeux sur sa façon habile de tirer la couverture vers un islam radical et pervers chargé d'un passé douloureux, de guerres fratricides, et de femmes soumises à toutes sortes d'humiliation et de dégradation de la part de l'homme. Il y a un bel islam des lumières, celui des poètes soufis, persans, ottomans ou africains. Il y a aussi celui de philosophes modernes qui tentent de communiquer un islam inspirant et porteur de beauté élevant la femme et l'homme vers des hauteurs à la fois spirituelle et érotique.

Les médias français n'en parlent presque jamais. La grande affaire de l'islam c'est le terrorisme en Occident...et Tariq Ramadan, parfois son frère, Hani, chez nous en Suisse.

Si les jeunes générations musulmanes n'ont de points de repère et d'horizon autre qu'un islam conduisant au djihad guerrier et au martyr relayé par nos propres médias qui parlent de "vrai" islam et de vrais croyants contre les "faux" musulmans qui sont sortis partiellement ou totalement des tabous et des interdits du Livre Saint, où va-t-on?

Ose-t-on encore écrire dans nos journaux qu'un chrétien d'origine qui se revendique sous cette appellation et qui ne va plus à l'église (sauf peut-être pour les enterrements et la messe de minuit à Noël) et ne respecte plus grand chose de certaines lignes bibliques et évangéliques est un faux chrétien à l'opposé d'un vrai chrétien, grenouille de bénitier, qui se rend tous les dimanches à la messe, voir davantage?

Ose-t-on dire à un chrétien homosexuel ou une chrétienne lesbienne qu'elle ne peut pas représenter le Christ si telle est sa Foi de croire malgré son orientation sexuelle? Et va-t-on l'ostraciser, lui signifier qu'il et elle n'a pas le droit de parler au nom de sa Foi en Christ?

En occident, les peuples chrétiens ont quitté le chemin de l'église sans pour autant abdiquer totalement pour leurs origines. Beaucoup de citoyennes et des citoyens ont des racines chrétiennes et n'oublient pas totalement leurs sentiments chrétiens dans leur vie quotidienne. Les parents transmettent forcément la culture dans laquelle ils ont eux-mêmes baignés durant leur enfance. Cela ne passe plus par le dimanche à l'église. Cela passe dans son refus de renier tout son apprentissage de jeunesse au profit d'une vie totalement débridée et hors du désir de croire. Dieu n'est pas une statue. Dieu vibre en nous ou ne vibre pas à la manière de l'amour que nous exprimons pour une personne ou alors pour notre désintérêt envers elle. Dieu, on le cherche en nous, on ne le trouve jamais complètement. Dieu n'est pas une liste de dogmes et d'interdits. C'est un appel à la beauté, à la grandeur de coeur et d'esprit.

Mais il est parfois plus faciles de se raccrocher à des dogmes et des interdits pour dominer l'Autre telle la puissance paternelle sur l'enfant grondé pour une bêtise. La liberté est dangereuse et séditieuse. Elle permet à la femme de se séparer de l'homme à l'amiable sans risque de menace de mort sur sa personne. Elle permet à l'homme de se révolter contre des conditions de travail où il se sent de plus en plus considérer comme un esclave au service d'un patron tout-puissant et omnipotent et un système qui offre de plus en plus aux plus riches tout en taxant de plus en plus les moins bien lotis...

Donc donner du pouvoir à Ramadan, c'était donner du pouvoir à la soumission... Mais l'Occident a oublié dans sa course au profit et aux dominants que la soumission entraîne à un moment ou à un autre des actes terroristes perpétrés par des jeunes à l'état de zombies qui font d'une croyance dans l'au-delà leur seul paradis possible et imaginable. Alors, ils se mettent à harceler et violer les femmes "infidèles" sur Terre, à voler, à devenir de petits et de grands délinquants, avant de se faire exploser dans une foule ou à tuer quelques personnes un peu trop libres et un peu trop moqueuses qui osent s'attaquer à leur religion enfermée dans un carcan fait d'interdits et de dogmes.

La boucle est bouclée et ceux qui l'ont bouclée avaient pourtant toute la liberté de parole dans les médias...

 

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