21/11/2017

Ils ne seront jamais des héros de la paix

Syrie. Un pays détruit. Peut-être 400'000 morts ou plus encore, des centaines de milliers de blessés et de torturés, 12 millions de personnes forcées à l'exil, des centaines de milliers d'écoliers et d'écolières, d'étudiants et et d'étudiantes, de jeunes en formation exclus de leur formation prioritairement vitale pour leur avenir, souffrant d'une éducation et d'une instruction absente, une jeunesse entourée de violence et de haine, de crimes abjectes et de viols par dizaines ou centaines de milliers...

Non, Monsieur Bachar el Assad vous ne serez jamais un héros de la paix. Pas plus que Monsieur Vladimir Poutine qui a tout fait pour empêcher la Syrie de se doter d'un régime futur démocratique qui aurait pu et su juger le despote sur ses responsabilités personnelles dans le déclenchement de la guerre.

Certes. Le terrorisme djihadiste a perdu la guerre en perdant son état islamique auto-proclamé. Daech ne réalisera pas la prophétie d'un état islamiste mondial. Mais c'est le terrorisme d'Etat de Bachar el Assad qui triomphe. Pas de quoi s'en féliciter dans les officines diplomatiques.

Pas de quoi non plus espérer des miracles de réussite pour une paix qui n'est pas encore signée entre toutes les parties plus ou moins légitimées à défaut d'être réellement légitimes. Ce sont les salauds qui encore une fois triomphent de tout. Vladimir devrait s'en rappeler quand il sert la main sanguinaire de son cher homologue syrien et filleul dans l'alliance, Bachar le Sanguinaire...

L'Occident a perdu plus qu'une bataille diplomatique et une guerre. Elle a perdu son aura de respectabilité démocratique auprès des Syriens et Syriennes qui croyaient, à tort, que le miracle démocratique pourrait s'imposer en Syrie une fois le clan Assad exclu du pouvoir. 

En espérant que Bachar El Assad ne viendra jamais plus à Paris resserrer la main d'un président français et donc, maintenant, d'Emmanuel Macron pour des raisons purement et cyniquement commerciales.

Un demi-millions de disparus, 12 millions de réfugiés, un pays détruit devraient suffire à la France de garder un minimum de décence et de respect vis-à-vis des femmes et des hommes morts, des familles décimées et divisées pour la liberté de leur pays, lors d'une reconstruction de la Syrie qui sera sûrement très longue et chaotique, semés d'attentats à la bombe, tant le mal est fait, la haine omniprésente, et le terrorisme installé dans les coeurs des survivants et survivantes.

 

A cette Syrie martyrisée et martyre des guerres géopolitiques et géostratégiques, je ne peux que rendre quelques notes de piano jouées par une fée de la paix et de l'amour. Une héroïne de la paix qui n'a pas fait grand chose pour la Syrie mais qui fait en sorte que dans sa vie, la laideur de la terreur et de la dictature soient éloignées à tout jamais de son existence.

 

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