21/12/2017

L'Amimal

L’art est pour moi un refuge. Avec lui, il n’y a pas de frontières, pas de religions, pas de choses qui divisent, mais la beauté et la mélancolie. Si on est triste, on peut écrire une chanson et dire merci à la tristesse.

Rossy de Palma

https://www.letemps.ch/culture/2017/12/20/rossy-palma-une...

Mon ami, mon frère,

si être mondial

c'est être cet amimal

qui a renoncé aux frontières

et fonçant tel un paria exclu

de la société des hommes;

tel ce Mowgly dans la jungle

qui habite son règne sauvage;

tel cet animal innocent et sans âge

abandonné au centre du mal,

au coeur d'une nature originelle

faisant voler les têtes ténébreuses

dans ce jeu de quilles frauduleuses

ne reconnaissant même plus la femme

qui leur feront connaître

le retour de flamme

les emmenant visiter l'Amour

au-delà de la parodie terrestre

et de ses faux-semblants,

de ses attractions vénéneuses

et de ses filles vénales

vendant leur hymen virginal

comme de la chair à canon

pour un blé pas très net

qui a la couleur de l'absence à soi

et de ses deuil sentimentaux bidon,

qui ne connaît plus d'histoire d'amour

mais un réceptacle de baise

éclaté dans ce décor sinistré

qu'est notre monde aseptisé,

en ruines, désespéré,

alors je te dis, frère,

restons Amimal dans la jungle

et continuons le combat.

 

Je suis l'Amimal sorti de la jungle

qui bondit tel un guépard

sur les notes de son clavier

et qui vient au rendez-vous

des têtes brûlées,

des têtes coupées,

des têtes violées,

des têtes séquestrées,

des têtes ignorées,

des têtes entubées,

des têtes noyées

dans leur chagrin

et leur alcool de la vie,

leurs notes brûlées au tord-boyau

hurlant telles des louves affamées

et décharnées dans un bordel

appelant à changer de siècle,

à faire la révolution de l'amour

pour abattre toute cette haine,

cette cupidité et cette volonté

d'acier et d'acide

de marcher sur les autres,

prêts à plonger leur humanité

dans un tonneau

pour la faire disparaître

et se faire cette place au soleil cramé,

cette folie de croire à la célébrité

par cet audimat artificiel

qui te rend bankable,

bankable, bankable,

tel un bandit devenu complice

de ce hold-up manigancé

pour sortir l'icône de son anonymat

par un casse commercial

qui te rend diva mondialisée

et sodomisée par ton label

qui veut ta peau pour vendre

l'ours et ignoré son âme

vivant sur la banquise

et chassant le phoque

au milieu du paradis blancs

alors que nous sommes tous

soeurs et frères d'une destination finale

qui s'appelle la mort

et que face à l'authenticité

de la mort,

fuck me my baby,

nous sommes si fragiles, si humains,

si passagers clandestins de la vie.

 

Je suis c't'Amimal

qui n'a pas froid aux yeux

et qui regarde sa chatte en face à face

en lui fixant ses yeux

pour lui annoncer que je l'aime

et que je ne renoncerai pas à cet amour

aussi longtemps que la mort

n'aura pas clos mes yeux

pour lui dire que je l'aime.

 

Je suis c't'Amimal

qui continue sa route en solo

loin des modes et des studios.

Je suis c't'Amimal

qui chasse le mâle du pouvoir

et donne du courage à la femelle

de revendiquer sa part rebelle,

le droit d'égalité en ce monde

organisé par la brutalité des hommes

et leur façon pas très nette

de chasser les femelles

pour en faire leurs trophées

au lieu d'en faire leurs égéries.

 

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